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mise à jour le 4/12/07
Pourquoi les femmes simulent-elles le plaisir? 

On a vu, on a lu, et ça nous a pas plu…
Pourquoi les femmes n’éprouvent pas de plaisir (et c’est bien fait pour elles) ?


Un magazine féminin ne mériterait pas son nom s’il ne nous régalait de ses quelques pages « sexe », pour lesquelles il n’hésite pas à convoquer une armada de spécialistes. Le problème, c’est que l’on n’est pas toujours d’accord avec eux. Se demander, par exemple, « pourquoi les femmes simulent le plaisir ? » serait une intention très louable s’il ne s’agissait pas, au final, de les culpabiliser…
Jasmin, dans son numéro du 14 mai dernier, publie un article auquel nous avons voulu répondre, car certains spécialistes n’ont décidemment pas la science infuse…


De la très grande faute des femmes
Depuis quelques semaines l’été arrive, le soleil se fait encourageant et le bikini trône dans la penderie. En deux mots : s’il vous plait, chers sexologues, allez à la plage plutôt que d’écrire des livres. La première lecture intrigue, la seconde laisse perplexe, mais la bénédiction du sexologue confirme : l’échec de la relation sexuelle vous incombe entièrement. A vous, à nous, bref, aux femmes. Si nous n’étions pas si résignées et, avouons le enfin, fainéantes, les hommes, pleins de bonne volonté, se révèleraient des amants extraordinaires ! Il ressort en effet de cet article que nos hommes, certes un peu rapides, sont honteusement trompés par les vilaines simulatrices que nous sommes. En tant que « robots Kitchen Aid multifonctions » au fonctionnement si compliqué, pourquoi n’enseignons-nous pas notre mode d’emploi à notre partenaire ? Pourquoi nous acharner à le tromper en l’envoyant sur de fausses pistes ? Par crainte, honte, ou par pure méchanceté ? Car voilà bien le drame, la terrible sentence : nous sommes de « piètres maîtresses »...
Espérons, chères femmes, que vous aurez compris la leçon, et que, rongées de culpabilité bien méritée, vous n’oublierez pas ce soir de prendre les choses en mains et de vous donner à 250%. Et si ça ne marche pas, taisez-vous car vous avez mal fait : il ne vous reste plus qu’à aller consulter notre chère sexologue, qui vous expliquera enfin en quoi vous avez tort et pourquoi vous êtes nulle.
Intéressant point de vue qui n’explique pourtant pas grand-chose au pourquoi de la simulation, sujet que l’article était pourtant sensé traiter. Face à cette question, la honte et la crainte paraissent de piètres explications: il y a sans doute nettement plus de femmes qui simulent que de femmes qui éprouvent ces sentiments vis-à-vis de leur partenaire. La résignation, quant à elle, a bien une origine !
Faut-il rappeler que la majorité des femmes n’éprouvent que peu, voire aucun plaisir ? Que la plupart d’entre-elles ressentent d’abord l’amour qu’elles ont pour leur partenaire ?
Maintenant, penchons-nous donc sur le petit encart jaune situé à gauche de l’article…et l’on s’apercevra que le problème se situe peut être aussi un tout petit peu du côté de l’homme. En grosses lettres fushias de 2cm de haut, un chiffre : 14,6 minutes. On aurait pu en rire, mais voilà que tout cela manque de précision, et paraît même un rien prétentieux. De toute évidence, ces « presque 15 minutes » doivent inclure le temps de trajet jusqu’à la chambre, la fermeture des doubles rideaux (en comptant le moment où la glissière est coincée dans la tringle), et le déshabillage (y compris les bottines à lacets). Peut-on sérieusement affirmer que ce temps est suffisant pour qu’une femme éprouve du plaisir ? Manifestement oui, puisque la littérature sur la question semble croire que, lorsque problème il y a, c’est aux femmes de le régler. Les magazines féminins, en particulier, ne cessent d’encourager celles-ci à prendre en charge la sexualité du couple, comme si tout cela ne dépendait que d’elles-mêmes. Achetez des sex toys, des parfums et de la lingerie érotique, mettez de la musique d’ambiance, essayez telle ou telle position, ne soyez pas si coincées ! Évidemment, si vous ne disposez que de 15 minutes au maximum, vous devrez faire preuve d’une grande forme physique pour avoir le temps de faire tout ça…

L’angoisse, l’amour et la simulation
Trêve de plaisanterie. Les femmes sont suffisamment culpabilisées comme cela, faut-il vraiment en rajouter ? La simulation intervient d’abord pour cette raison : les femmes, baignées dans ce que certains auteurs ont appelé « la tyrannie du plaisir » (Jean-Claude Guillebaud), éprouvent la sensation d’être à l’origine de leur malheur. Tout autour de nous les magazines et leurs pseudo témoignages, les films et les publicités, les reportages, la culture elle-même, nous offrent des exemples infinis de sexualité épanouie où la femme est facilement et naturellement comblée. Les très jeunes filles vivent dans la certitude que leur sexualité suivra évidemment ce chemin (puisqu’elles sont « normales »). Lorsque cela ne se passe pas comme prévu, dans la majorité des cas, c’est la surprise : pourquoi ? A cause d’elles leur répond-on. Parce qu’elles n’en font pas assez, ou pas assez bien, parce qu’elles ne sont pas suffisamment performantes. C’est donc déjà, et pour longtemps, de leur faute. D’ailleurs, est-ce qu’elles ne seraient tout simplement pas « anormales » ? Incapables d’éprouver du plaisir alors que toutes les conditions sont réunies ? Là est le problème, et c’est bien plutôt ce genre de résonnement qui pousse une femme à simuler son plaisir.
Les femmes ne sont pas aussi passives que l’on voudrait nous le faire croire, mais lorsque cela ne fonctionne pas, elles en prennent souvent injustement la responsabilité.
Il ne faut pas oublier non plus que les hommes et les femmes ne donnent pas la même signification à leur sexualité. Ces dernières, bien plus que leur partenaire, accordent naturellement une forte dimension relationnelle et affective à l’acte sexuel. Une femme écoute son compagnon et cherche d’abord à lui faire plaisir. De là, parfois, le recours à la simulation si elles ne ressent pas le plaisir attendu : « le pauvre, il fait de son mieux, ce n’est pas de sa faute si je ne ressens rien ! ». Les femmes se satisfont d’abord de sentir l’homme qu’elles aiment dans leurs bras. Les hommes, au contraire, sont d’abord à leur propre écoute, et c’est en cela qu’il y a un gros travail à faire. C’est aussi à l’homme de s’intéresser suffisamment à sa compagne pour comprendre que, même si sa partenaire a beaucoup crié, il est impossible qu’elle ai joui en 5 minutes 45…

Les femmes sont souvent bien plus conscientes que les hommes de la nécessité d’améliorer la relation. C’est donc désormais à ces derniers de faire l’effort de se contrôler et d’être à l’écoute de leur compagne. Le dialogue est toujours un élément essentiel du couple. Il n’est peut-être pas évident d’en parler sur le moment, la technique du GPS pouvant parfois s’avérer fatale (« non, pas comme ça…Non, ça fait mal ça. Bon ça fait rien. »)… Il vaut mieux en parler avant, ou après. Car les hommes, quoiqu’en dise l’article, ne pensent pas « à rien » après l’amour. Lorsque c’est le cas, il ne faut pas s’étonner que la partenaire n’ait pas éprouvé grand-chose : lui était sans doute si bien tourné à l’intérieur de lui-même, vers son propre plaisir, qu’il en aura oublié qu’il n’était pas tout seul…La sexualité, pour être épanouissante, est d’abord un dialogue, et non la convergence de deux partenaires vers le plaisir d’un seul. C’est aux hommes de comprendre cela, et avec un peu de bonne volonté ils en sont tout à fait capables. A ce niveau, ils seront sans doute d’accord avec moi pour que l’on cesse de les prendre pour de pauvres petits animaux instinctifs guidés par leurs hormones : ça n’est guère valorisant.
Culpabiliser les femmes n’est donc certainement pas la chose à faire, alors qu’elles portent déjà le poids de la réussite où de l’échec de la sexualité du couple. Cela peut en effet être à l’origine d’une angoisse qui, de toute façon, bloquera toute chance d’éprouver le moindre plaisir. Le dialogue et la communication restent les éléments essentiels pour l’épanouissement des deux partenaires. Les hommes, quant à eux, ont un gros travail à faire sur eux même pour être réellement à l’écoute de leur partenaire et faire en sorte de doubler ces malheureuses « presque 15 minutes »…Dans tous les cas, mesdames et mesdemoiselles, déculpabilisez-vous !

Régulièrement, le fabricant de préservatif Durex fait des enquêtes dur la sexualité, e 2004, 41 pays et plus de 350000 personnes avaient apporté leur témoignage. Les chiffres cités dans l'article proviennent d'une enquête réalisé de Août à Septembre 2006 auprès de 26000 personnes, on en lira aussi la synthèse qu'en présente Le Monde dans son édition web du 27 Juin 2007.

 

 

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