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mise à jour le 4/12/07

 
Aphrodite, déesse de l'amour

SEXE ET CULTURE: LA CULTURE FÉMININE
La culture et la société entretiennent et renforcent les différences entre les sexes
en dépit des revendications et des dispositifs supposés instaurer l’égalité des sexes: discrimination positive, parité…Bien que les filles et les garcons, accèdent à 1'éducation, il se developpe rapidement, des Ie plus jeune âge, une culture specifique au sexe.
Les mouvements féministes des années 60 revendiquaient l’égalité des sexes, mais. Il a fallu plusieurs decennies pour s'apercevoir que ces mouvements avaient manqué leur cible. Le véritable combat n'était pas dans la guerre des sexes, mais la lutte pour l’égalité des chances… Les mythes de la femme guerrière peuvent s'enorgueillir d'un long passé historique, mais ont souvent servi à tourner en dérision les efforts légitimes des femmes qui voulaient enfin être reconnues en tant que citoyennes et actrices du monde social au même titre que les hommes. N’oublions pas que les mouvements philosophiques qui agitaient le monde occidental étaient des territoires d’hommes. Simone de Beauvoir, une des premières hégéries du féminisme en France, était soumise à la dictature intellectuelle de Sartre, son compagnon de vie.


Les images traditionnelles de 1'homme et de la femme se sont profondement modifiees à partir du début du XXème siècle. entraînant à leur tour une évolution de la relation de couple. Pourtant, si les rôles ne sont plus aussi rigides ni cloisonnés qu'autrefois, certaines attentes provenant d'héritages culturels traditionnels persistent. Il existe bien deux cultures distinctes l’une féminine et l’autre masculine. Les représentations des partenaires possibles, accessibles, ou recherchés et la manière de les conquérir, puis de les gerer ensuite dans la vie commune, prennent leurs sources et leurs justifications dans ces fonds culturels.

La mode, la presse, les médias dans leur ensemble se font porteurs d'images qui influencent les representations sociales, 1'idee qu'on se fait de la femme. II existe une presse "feminine" qui s'adresse a un public de lectrices, construit et transmet des images valorisees de la femme.Pourtant, bien souvent l’adjectif “féminine” qualifie une presse légère, peu sérieuse, simpliste…

L'image de la femme idéale s’élabore à partir de modèles valorisés et de codes signifiants: le vêtement, la coiffure, le maquillage, le style de vie, le parfum, les sous-vêtements. Cette image passe aussi par Ie choix de 1'activité. En dépit de leur apparente accessibilité à tous, certains domaines professionnels demeurent des spécialites à dominante féminine ou masculine. La culture feminine s'élabore sous l’influence éducative du milieu familial, scolaire, et au travers d’images captées à differentes sources médiatiques.
La femme ideale d'aujourd'hui se differencie beaucoup de celle du début du XXe siècle.Certains critères demeurent cependant, comme la permanence des thèmes de la presse féminine : mode, beauté, amour, enfants. Mode et beauté sont des thémes qui concernent la femme séductrice et partenaire de l'homme. Quels artifices choisir pour mieux attirer 1'attention d’un partenaire convoité, mettre en valeur sa beaute? La femme ideale d'aujourd'hui, comme ses ancêtres depuis la nuit des temps, développe ses talents et son imagination pour être belle. Le but de cette activite n'est pas toujours avoué, car 1'image de la femme ideale qui mène sa vie privée et sa carrière professionnelle avec maîtrise et énergie ne s'accommode pas toujours très bien de celle de la séductrice, sauf sans doute dans les fantasmes masculins. Progressivement, 1'image de la femme s'édifie a partir de différents codes. Le vêtement, en particulier, joue à la fois le rôle de carte d'identité sociale et de parure, incitant ou inhibant certains types de relations.

Une femme vêtue d'un tailleur strict et sombre, les cheveux serrés en catogan, portant des lunettes et des chaussures plates, présente une image sévère; elle évoque davantage la maîtresse d'école d'autrefois qu'un top model, et, par conséquent, cette image influence le style de ses relations.

 

Des styles vont se dessiner, qui permettent d'identifier la femme en fonction de son appartenance sociale: la bourgeoise bon chic bon genre, la baba cool en tenue ethnique, la croqueuse d'hommes perchée sur ses talons aiguilles, 1'executive woman glaciale, la frimeuse affichant la marque de ce qu'elle porte, la punkette en haillons, la cyber-heroine body buildée, canon...Comme il se doit. À chacune son charme, mais quel que soit le choix, il faut que 1'image accroche, intéresse et porte un rêve. D'ailleurs, la premiere rêveuse, c'est la femme qui se pare pour ressembler au modèle qui pilote ses choix. L'image de certaines femmes en contamine des milliers d'autres qui s'appliquent à lui ressembler. Les médias et la publicité utilisent 1'image des femmes politiques, mannequins, chanteuses, actrices, sportives comme modèles d'identification permettant de mieux vendre differents produits de consommation. Toutes ces images de femmes contribuent à fabriquer une représentation aux multiples aspects qui dessine un idéal féminin en fonction duquel s'organisent les choix individuels.


Quelques personnages de référence issus de la fiction ou de la realite apportent leur contribution à1'édifice. La poupée Barbie en fait partie, qui choquait les féministes par 1'arrogance de ses formes et son sex-appeal affirmé. Les versions actuelles de Barbie ont changé par rapport aux premieres, sous 1'influence de mouvements féministes choqués par les formes de la poupée. Les fabricants 1'ont dessinee moins "parfaite" Ie nez un peu plus long, la poitrine moins volumineuse; elle conserve cependant son allure de mannequin. Le phénomene Barbie a marqué des décennies de petites filles qui ont rêvé de lui ressembler. La fameuse poupée, interdite dans certains pays de culture islamique, y fait son apparition, voilée, comme il se doit. Le pouvoir de séduction et d’idenfication de Barbie est immense et international!!! Barbie représente aujourd'hui comme hier une femme préoccupée de son corps/ de sa beauté, de son pouvoir de séduction. Belle, jeune et riche/ elle ne fait pas la cuisine, n'élève pas une nombreuse et bruyante marmaille, mais se promène dans un cabriolet rose, paresse au bord de sa piscine et bavarde avec ses copines dans sa somptueuse villa! Le bonheur à la Barbie reflète le rêve américain et se fonde sur la possession de biens et sur la chance, deux éléments depuis toujours fédérateurs des désirs populaires. Qui ne rêve pas en effet d'être ainsi: belle, jeune, riche et vivre activement son oisiveté tout en guettant le prince charmant? Le caractère immoral de Barbie fait l’unanimité, mais ne se fonde pas sur les mêmes critères selon le camp qui la dénonce!
D'autres personnages, plus conformes à la morale, participent à la construction d'une image de 1'idéal féminin. Blanche Neige, aujourd'hui un peu vieillotte, et ses jeunes soeurs issues de 1'imagination américaine représentent un certain type d’héroïne bien pensante, romantique et sexuellement correcte.

Une héroine comme Scarlett O'Hara d'Autant en emporte le vent a servi de modèle aux adolescentes de sa génération, et encore aujourd'hui, de nombreux rôles féminins au cinéma en reprennent les grands traits.
Des personnages supposés réels exercent aussi leur influence. Jeanne d'Arc, par exemple, représente un modèle d'heroïne idéaliste, passionnée prête à toutes les extrémités pour défendre sa vérité. La renommée de Jeanne d'Arc, prodige de longevité, défie les siècles, et les diverses interpretations du personnage portees sur la scène comme au cinéma ou dans la litterature conjuguent leurs contradictions sans porter atteinte au mythe. Plus pres de nous, Lady Diana a connu une célébrité mondiale incarnait aussi un certain ideal féminin et permettait une solide identification en véhiculant 1'image d'une personne déterminée, engagée à fond dans sa quête du de l’amour et du bonheur.
On pourrait en citer beaucoup d'autres, notamment des actrices de cinéma, connues pour avoir fait rêver des milliers de femmes, qui s'efforcaient de les copier, et fantasmer des milliers d'hommes. La réalite du milieu familial dans lequel se déroule 1'enfance et 1'adolescence se mêle à ce monde de rêve que traversent heroïnes et aventurières. Ce ne sont pas que les mères qui transmettent la culture
féminine, les pères y participent aussi en exprimant les attentes et les objectifs qu'ils estiment corrects pour leurs filles. Les mères transmettent souvent inconsciemment leur propre modèle; on observe souvent que les filles dont la mère travaille à 1'extérieur du foyer réussissent généralement mieux à 1'école que celle dont la mère reste à la maison. Ce critère n'étant pas valable pour les garcons, on peut attribuer ce constat à 1'application d'un modèle plus valorisé de la femme qui travaille à 1'extérieur ( en 2005, 46% des travailleurs sont des femmes). Les filles dont la mère n'attache que peu d'importance à son image, soit adoptent la même attitude, soit s'y opposent en surajoutant les comportements contraires. Toutefois, ceux-ci demeurent quelque peu artificiels n'ayant pas été intégrés precocément, mais appliqués en mode d'opposition.


Le décalage des génerations entre mère et fille n'empêche pas de noter certains points communs relevant de la culture feminine, notamment 1'image de soi, celle du partenaire et le style de la relation de couple. Les mères qui ont vainement rêvé d'un prince charmant, puis épousé un brave monsieur un peu rondouillard, soldent à leur tour leurs frustrations avec quelques kilos de trop et transmettent a leurs filles un message des plus clairs : on n'épouse pas les princes charmants. Les limites des interdits se dessinent d'abord dans la culture familiale ou 1'on enseigne ce qui est conforme au féminin comme au masculin. La grossièreté de langage, la prise de parole intempestive, par exemple, sont jugées avec plus de tolérance au masculin qu'au féminin. La répartition des tâches domestiques releve aussi de ces différences : passer 1'aspirateur, faire la cuisine et la vaisselle sont autant de travaux partagés par chaque sexe. En revanche, tout ce qui touche à la lessive demeure Ie plus souvent Ie domaine de la femme, à 1'exception du repassage qui, jugé plus noble que le lavage, dans certains cas, est assure par 1'homme.
Le milieu scolaire tendrait plutôt à abolir les differences en ne les faisant pas, au nom de 1'égalite. Le terme d'élève demeure "neutre" puisque sa forme ne varie pas d'un genre à 1'autre! Cependant, la séparation des sexes est tres nette depuis 1'ecole. Les filles et les garcons se mélangent rarement pour jouer, d'autant qu'ils n'ont pas les mêmes centres d'interêt, ni les mêmes jeux, et surtout parce que leur développement ne s'effectue pas au même rythme. A 1'âge ou les petites filles jouent avec leurs poupées mannequin, les petits garcons jouent a 1'homme chauve-souris!
Le monde des jouets marque nettement les differences: les jeux techniques et guerriers pour les garcons, les jeux d'identification du rôle feminin pour les filles. Depuis quelques années, on voit cependant certains jeux d'assemblage de pièces specialement destinés aux filles. Ainsi, tres tôt, Les enfants apprennent qu'il y a des couleurs féminines: le rose et le clair pour les filles, le bleu et les couleurs foncées pour les garcons.
Le monde du travail conforte à son tour les modèles de comportement feminin dejà acquis dans le milieu familial, en y ajoutant leurs contraintes specifiques. Même si la plupart des carrières sont aujourd'hui ouvertes aux femmes, la manière d'y réussir differe, car les femmes conquièrent plus souvent le pouvoir par la persuasion, la patience , la détermination que par d'autres qualités plus valorisées chez les hommes.
L'exercice de 1'autorité au féminin n'emploie pas les mêmes moyens; 1'affrontement direct est souvent évité et les voies détournées privilegiées. L'aptitude à la négociation semble plus féminine/ tandis que celle au commandement attire plus les hommes.
La culture féminine représente un terrain de choix pour le commerce, et le marché qu'elle représente intéresse de nombreux secteurs. Les médias proposent tous des produits spécifiques. Par exemple, la littérature dite, non sans mépris “feminine” ou “sentimentale” réalise d’importants chiffres d'affaires. À certaines heures de la journée les programmes de la télévision s'adressent tout particulièrement aux femmes. De nombreuses entreprises de vente par correspondance s'adressent, elles aussi, a un public féminin.
Changer de nom figure aussi parmi les caractéristiques de la culture féminine. En effet, seule la femme, dans notre société, change de nom en se mariant. Cette coutume exerce une influence importante et produit quelquefois des changements de comportement tout a fait spectaculaires. Changer de nom n'est pas une affaire anodine, car cela modifie1'identité de la femme (elle ne peut done plus être exactement la même en portant le nom de son mari). C'est aussi une manière symbolique d'affirmer la rupture de la femme avec son univers familial antérieur.
Quand on change ainsi d'identité, on change aussi sa représentation de soi, les rôles qu'on choisit d'assumer et les attentes vis-à-vis de soi-même et des autres. Ces changements se manifestent dans le comportement. La confiance en soi s’accroît, la nouvelle identité a plus de poids social. Il existe une grande différence d’impact entre “mademoiselle” et “madame”; même si aujourd’hui le célibat souvent prolongé relégue au placard l’image péjorative et surannée de la “vieille fille”.
Être femme et s’assumer en tant que telle résulte donc du bain culturel ambiant, et de l’aptitude à en intégrer ou à en rejeter les normes.
Sofia Hudic

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