Dos musclé

Championnats Sexuels

Qu'est-ce qui nous fascine tant dans la performance?

Compétition! tel était le titre d’un film X de Gerard Damiano où le thème de chaque épreuve était une pratique sexuelle. Je crois me souvenir aussi des éloquents Jeux Olympiques du sexe.
Le sexe est-il donc un sport ? Certes non, mais considéré sous l’angle de la pornographie, il arrive qu’il y ressemble beaucoup.


Le culte de la performance est une constante du « X », et c’est bien normal : l’enjeu n’étant pas d’ordre sentimental, il doit être physique. Comme de juste, cela commence par la taille des attributs virils, ce qui prolonge les tests comparatifs qui font les charmes des cours de récré de l’école primaire. Les fameux 30 centimètres du regretté (et légendaire) John Holmes ont précédé l’engin plus modeste mais plus esthétique d’un Rocco Siffredi. On a le droit de rêver !


En corollaire, les performances réalisées, tant dans la vigueur des assauts que dans la multiplication des partenaires, éventuellement dans le même lieu (principe de la partouze) complètent ce côté surhomme (« surmâle » eût dit Alfred Jarry…), le seul qui fasse du hardeur un héros, tous les yeux étant par ailleurs braqués sur les hardeuses.


Le film « X » ne fait que suivre en cela une tradition littéraire. Voir, par exemple, Les Onze mille verges ou les amours d'un hospodar, où le prince Mony Vibescu enchaîne les performances invraisemblables, aboutissant au délire le plus total.


Quant à ces demoiselles, elles ont des équivalences dans l’ordre des mensurations (le tour de poitrine phénoménal est un must), mais depuis quelques années elles sont confrontées à de nouveaux défis et de nouveaux records à travers la pratique du « gang bang ». Avec parfois 250 partenaires sexuels dans un laps de temps limité, elles participent elles aussi à la course folle à la performance.
La question reste évidemment de savoir si de tels « exemples » (ou « modèles » ?) nourrissent ou non un prosélytisme, en particulier chez les plus jeunes. La « tournante », version triviale et non consentie du gang-bang, met-elle le « X » en accusation de mauvais conseil ?
On se doute bien entendu que le culte de la performance, de la multiplicité des partenaires à la pluralité des orgasmes, relève davantage d’une mentalité machiste commune que d’une éventuelle influence du film X sur nos contemporains.

Gérard Lenne