Enquête sur la sexualité féminine, PARTICIPEZ

Le mystère de l’orgasme vaginal enfin dévoilé?

Le témoignage des intéressées ne suffit plus, désormais, la science cherche des preuves objectives et quantifiables.
Certains indices ont paru dignes de foi aux chercheurs de l’Université de Louvain qui publient dans le Journal de Médecine Sexuelle, les résultats de leurs observations. Qui l’eût cru? La démarche des femmes serait révélatrice de leur aptitude à vivre des orgasmes vaginaux. Comme la plupart des femmes sont supposées avoir des orgasmes clitoridiens, ces derniers sont considérés comme des broutilles surtout que l’observation de la démarche ne révèle rien de ce côté là.
Tout par de l’idée largement répandue que des muscles pelviens flasques ou engourdis feraient obstacle à l’orgasme vaginal, donc, il suffit de repérer les femmes dont la démarche est “fluide, énergique, sensuelle, et libre” pour s’assurer de leur aptitude à connaître le fameux orgasme. Les démarches coincées, raides et guindées trahissent immanquablement l’inaptitude à de telles jouissances.
Mais encore faut-il savoir observer, et seuls des spécialistes ayant été dûment formés (appropriate trained sexologists) savent distinguer les subtils indices et faire la distinction entre les coincées du bassins et les délurées...
L’étude en question a porté sur seize étudiantes volontaires ayant auparavant répondu à un questionnaire portant sur leur histoire orgasmique et accepté d’être filmées en train de marcher. Les observateurs n’avaient pas connaissance des résultats au moment où ils visionnaient minutieusement ces enregistrements.
Cette brillante découverte montre bien que le partenaire n’est absolument pas impliqué dans le résultat orgasmique, et qu’il incombe donc aux frustrées de trouver le moyen de se décoincer. Parions que les cours de danse orientale ou tahitienne vont prospérer!
jumelles Toutefois, la candidate à l’orgasme vaginal n’est pas au bout de ses peines, et si on en croît un autre article, l’inaptitude à jouir ainsi serait d’origine génétique! Cette fois l’étude porte sur 4000 jumelles, à la fois “vraies” (issues du même œuf ou homozygote) et “fausses” (issues de deux œufs ou hétérozygotes), ces jumelles ayant grandi ensemble au sein d’un même milieu culturel. Toutes ont répondu à un questionnaire portant sur leur expérience sexuelle et le type d’orgasme atteint. L’analyse des résultats montrait qu’il y avait moins de différences entre les jumelles vraies qu’entre les fausses et les chercheurs ont estimé qu’une proportion de 34 à 45 % de ces variations pouvait être attribuée à des causes génétiques...
On ne compte plus les questions auxquelles la génétique pourrait apporter des réponses et des explications simples et rassurantes, c’est ainsi qu’on cherche des causes génétiques à l’homosexualité, l’obésité, la religiosité et bien sûr les tendances criminelles. Il est régulièrement question d’établir les profils génétiques pour découvrir les prédispositions à développer une maladie... Pourtant, ce n’est pas parce qu’il existe une configuration génétique pour une pathologie qu’elle doit nécessairement apparaître, en fait, elle ne se révèle qu’en présence de facteurs favorisants dans l’environnement, la culture, les relations, l’activité de la personne. Autrement dit, quelle que soit sa prédisposition génétique, une femme peut atteindre l’orgasme vaginal quant son désir converge avec la qualité de sa relation amoureuse.

catherine Cudicio