Le 25 janvier 2010, L’émission de france 3 «Ce soir ou jamais» avait pour thème l’éducation sexuelle.
Quelques célébrités de la mode, de la bande dessinée, et de la chanson donnaient la réplique à quelques scientifiques en vogue actuellement dans les média: Edwige Antier, pédiatre, Philippe Brenot, psychiatre, responsable d’enseignement de Sexologie, Pascal Picq paléo anthropologue, et Marcella Iacub juriste.
Bien que toutes ces personnalités pouvaient revendiquer savoir faire, intérêt, connaissances scientifiques, aucune ne s’est présentée en tant que Sexologue...
Tout le monde était d’accord pour revendiquer avec fierté un monde de libertés, à condition que celles-ci s’exercent pleinement dans les limites du politiquement correct, tel que le défend notre actuel président et son homologue italien.
Donc, chacun y est allé de sa limite:
Tout devrait commencer par la surveillance des jeunes enfants de 3 à 5 ans qui se livreraient à des agressions sexuelles sur leurs camarades du même âge.
L’éducation sexuelle ne devrait pas se contenter de parler des organes sexuels mais de sexualité.
Ensuite chacun a déversé son venin à l’encontre de la pornographie qui serait, selon ces doctes savants, responsable de tous nos maux. Certes, l’enfant ou l’adolescent qui regarde des films pornos comprend le message au premier degré et cherche ensuite à passer aux travaux pratiques. Ce n’est d’ailleurs pas si simple, la plupart des jeunes font parfaitement la différence entre la pornographie et la sexualité dans la vraie vie. Par contre, il est facile de rendre responsable de tous les problèmes des représentations graphiques qui provoquent par leur vulgarité et leur violence. La pornographie n’est pas une recherche esthétique, elle cherche à capter et piéger le regard, en effet, faute de spectateur, elle disparaît. Par ailleurs, un couple qui vit une sexualité épanouie et libérée peut offrir un spectacle pornographique au spectateur indiscret de ses ébats.
Tous les ingrédients sont réunis pour éviter de poser les questions capables d'aboutir à des réponses sensées. Au contraire, ce consensuel ronron permet à des faits dramatiques de continuer d’exister, et aux adultes d’éviter leurs responsabilités.
Sexologie Magazine propose de commencer par
Éduquer les enseignants:
Si on en juge par la gêne de ceux-ci, on comprend qu’elle contamine gravement le message éducatif. Dans bien des cas, il y a fort peu de volontaires au sein d’une équipe pédagogique pour se charger d’un enseignement aussi «spécial». C’est justement parce qu’on le qualifie de délicat ou de sensible ou de compliqué que cet enseignement tend davantage à culpabiliser qu’à dédramatiser. Et pourquoi vouloir à tout prix se défaire de cet encombrant cadeau en le confiant aux enseignants? Ne pourrait-on faire appel à des intervenants extérieurs dont le métier et la formation en font des interlocuteurs compétents?
Distinguer instruction et éducation sexuelle
L’anatomie et la physiologie sexuelle sont des données incontournables qu’il est indispensable de donner aux jeunes et cela très tôt et de façon adaptée à l’âge: par exemple, les adolescents ne se sentent pas concernés par la vie sexuelle des rats. Au-delà de l’instruction et de l’information, il y a l’éducation et cela, c’est l’affaire de tous: les adultes référents par leur conduite, le cinéma, la littérature, les stars. Tous les acteurs qui servent de modèle aux jeunes pour construire leur identité de genre, leurs comportements amoureux, portent une responsabilité éducative.
Répondre aux vraies questions que se posent les jeunes
Le tort de bien des démarches éducatives c’est de donner aux jeunes des réponses destinées à apaiser les inquiétudes des adultes quant à la sexualité. Il faut éviter que les filles ne tombent enceintes, et que les jeunes contractent des IST. Ce sont là en effet les plus fortes craintes des parents ou adultes de référence. Ces derniers se font également beaucoup de souci quand leurs fils n’ont pas de copine, de là à imaginer un prochain «coming out», il n’y a qu’un pas.
Une partie des questions des adolescents illustrent donc les angoisses de leurs parents, mais il en est d’autres qui leur sont propres et ce sont précisément celles auxquelles une éducation sexuelle véritablement utile doit répondre.
Catherine Cudicio
Voir aussi:
Notre dossier sur l'éducation sexuelle
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