La transsexualité ne sera plus une maladie mentaleLe 16 Mai, à la veille de la journée de lutte contre l’homophobie et la transphobie, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé a annoncé que le transsexualisme, aujourd’hui désigné par le terme «transidentité» ne serait plus considéré comme une maladie mentale. En effet, le DSM, (diagnostic and statistical Manual of mental disorders) qui fait autorité au plan mondial et auquel se réfère l’OMS (organisation mondiale de la santé) considérait le transsexualisme comme un trouble mental plus ou moins apparenté à la schizophrénie puisqu’il s’exprime dans un sentiment de décalage entre le mental et le corps biologique. Pour simplifier, on peut dire que les transsexuels ressentent leur corps biologique comme une «erreur», ils sont femmes dans un corps d’homme ou vice versa; la réponse à ce problème est pour l’essentiel chirurgicale et était donc prise en charge comme traitement après une évaluation psychiatrique longue et contraignante. Les transsexuels pouvaient donc jusqu’alors bénéficier d’une exonération du ticket modérateur pour leurs soins au titre d’une ALD 23 (affection de longue durée pour troubles persistants et récurrents), mais se sentaient stigmatisés par cette classification faisant référence à la maladie mentale. Aujourd’hui, le ministère assure que les soins nécessaires au traitement des troubles de l’identité de genre continueront d’être pris en charge par la sécurité sociale.

jeune homme cheveux longs
 

 

La France est le premier pays du monde à prendre une telle décision, et Joël Bedos, secrétaire général du comité idaho ( International Day Agaist Homophobia et Transphobia) déclare que cette décision est «une explosion d’espoir pour toutes les personnes trans du monde». Dans l’ensemble du monde associatif concerné on salue la décision mais la coordination inter-LGBT (Interassociation lesbienne, gay, bi et trans) affirme que ce n’est qu’un début: « il reste encore beaucoup à faire pour que les transsexuels soient pleinement reconnus comme des citoyens de première zone».
Pourtant, cette décision n’est pas comprise de tous si l’on en juge d’après les témoignages recueillis sur la toile : « Je dénonce la chasse aux homos et aux trans, mais il me semble qu’être en désaccord avec la nature, pour moi ça reste un problème» affirme Édouard. «personnellement je trouvais ça normal de considérer ça comme une maladie, j’ai du mal à comprendre qu’être homme ou femme c’est d’abord dans la tête...» comment Laura. Quant à Nicolas, il s’insurge contre la prise en charge par la sécurité sociale des opérations chirurgicales: « la personne veut se mettre en accord avec l’idée qu’elle se fait de son corps, c’est de la chirurgie esthétique, et non pas réparatrice...»
Il reste que la souffrance des transsexuels est réelle et doit interpeller le politique et le conduire à des décisions inspirées par la sagesse et l’humanisme. Une communication intelligente et éclairée serait déjà un bon début, car il apparaît que ces décisions spectaculaires peuvent avoir des effets contraires à leurs intentions en renforçant la défiance à l’égard des gens porteurs de différence.