Sexologie et
Psychothérapies
Entretien avec Patrice
Cudicio, Médecin sexologue, chargé d’enseignement
pour le diplôme inter universitaire de sexologie du Grand
ouest (facultés de médecine de Rennes, Brest,
Nantes, Angers, Poitiers).
Pourquoi
choisir une psychothérapie alors qu’il suffit dans
certains cas de prendre un médicament?
Quand on prend un produit pour stimuler l’activité
sexuelle, ce n’est pas soigner une maladie, mais faire
usage de drogue, de dopant, etc... Après avoir pris de
l’alcool, certains trouvent que “ça marche
mieux”, doit-on pour autant considérer l’alcool
comme un médicament? L’effet désinhibiteur
de certains psychotropes est recherché, cela ne soigne
pas le problème qui réside souvent dans un manque
de confiance en soi, une méconnaissance de soi, une peur
de l’autre...
Les
IPDE5 comme le Viagra, Cialis ou Levitra agissent sur la
mécanique sexuelle, ils sont très utiles et peuvent
se substituer à une psychothérapie s’ils
sont prescrits à bon escient.
Les problèmes de désir sont toujours assez compliqués;
le principe c’est de prescrire un médicament pour
pallier une “mécanique” déficiente;
cela permet de créer les conditions optimales à
un véritable travail sur soi.
Quels bénéfices peut-on attendre d’une psychothérapie
en sexologie?
Les effets recherchés se répartissent en 3 catégories:
un mieux être personnel : la démarche vise à
une intégration optimale de la dimension corporelle,
se sentir bien, cela commence par accepter son corps, le connaître,
le respecter, trouver ses repères.
un mieux-être relationnel: la sexualité se joue
à deux, l’objectif c’est de vivre mieux dans
sa relation à l’autre. C’est d’ailleurs
souvent une conséquence du mieux-être en soi, il
est impossible de transmettre de l’amour, de la joie,
quand on est mal dans sa peau.
une meilleur respect de l’autre: il est trivial de rappeler
qu’il existe des différences entre les hommes et
les femmes quant à leur sexualité, mais il s’avère
pourtant qu’entre la connaissance virtuelle de cette donnée
et l’application à la vie réelle, il y a
souvent un gouffre. On peut donc raisonnablement attendre de
mieux comprendre l’autre sexe et d’être capable
d’harmoniser la relation.