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mise à jour le 6/02/08

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Sexologie et Psychothérapies

Entretien avec Patrice Cudicio, Médecin sexologue, chargé d’enseignement pour le diplôme inter universitaire de sexologie du Grand ouest (facultés de médecine de Rennes, Brest, Nantes, Angers, Poitiers).

Est-ce que la psychothérapie en sexologie ne risque pas de masquer un problème plus profond et de faire resurgir le symptôme dans un autre contexte?


Pour affirmer cela, il faudrait prouver indubitablement que l’expérience et les émotions sont structurées en strates successives, et qu’il existe des clivages, ou des conflits entre ces différentes strates. Dans cette logique, si vous n’avez pas travaillé sur la “bonne”, à l’évidence le problème ne disparaît pas. Or, ce qu’on sait aujourd’hui du fonctionnement cérébral ne plaide pas en faveur de l’existence de strates mais plutôt d’activités séquentielles ou simultanées de différentes zones auxquelles correspondent des fonctions particulières. Il faut aussi comprendre qu’on a très longtemps pensé la science dans les logiques de type religieux, opposant la volonté consciente, le libre arbitre et surtout la quête du bonheur à un principe vertueux et carrément masochiste prônant la souffrance psychologique, la honte du corps, la culpabilité comme mode de développement personnel. La “rédemption” comme la “guérison” consistent ni plus ni moins en une reconnaissance de ses “fautes”, le repentir, la résignation le tout sous la direction d’un guide supposé garant de la parole du “dieu”...
Trouver des causes “profondes” à un problème apparaît comme une solution de facilité (pour le thérapeute): chez une jeune femme qui vient consulter pour une absence de plaisir, on trouve sans peine un problème avec la féminité, avec l’identité. Mais cela ne résout pas la difficulté, il faut donc travailler sur le processus. L’élément déclenchant n’est souvent qu’un leurre, sa quête nous renvoie dans un cercle vicieux ou une régression à l’infini. Pour comprendre un système complexe, une autre approche est nécessaire. Les bienfaits que l’on attribue à la parole relèvent eux aussi de la croyance. Ressasser indéfiniment une expérience traumatisante n’effacera jamais ses traces. Nous sommes naturellement dotés de la faculté d’oubli, et surtout d’une imagination qui nous permet de nous adapter quelle que soit la situation.

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