Sexologie et
Psychothérapies
Entretien avec Patrice
Cudicio, Médecin sexologue, chargé d’enseignement
pour le diplôme inter universitaire de sexologie du Grand
ouest (facultés de médecine de Rennes, Brest,
Nantes, Angers, Poitiers).
Quelles
sont les psychothérapies les plus efficaces en Sexologie?
On pourrait dire que toutes les approches psychologiques sont
intéressantes dans la mesure où elles sont indiquées,
le “que faire quand” reste un impératif majeur,
d’autant que chacun possède au préalable
une représentation de la thérapie qui reflète
ses attentes et ses croyances.
Beaucoup de thérapies apportent des réponses qui
n’en sont pas; j’en distingue trois types: une recherche
de la cause, puis des causes de celle-ci, et ainsi de suite,
ce qui revient à une sorte de régression à
l’infini, ce type de thérapie peut s’installer
pour la vie entière... D’autres thérapies
s’enferrent dans une certitude dogmatique, il appartient
alors au patient d’apprendre à traduire ce qu’il
ressent pour le rendre conforme au dogme. Enfin, certaines thérapies
entretiennent le modèle du cercle vicieux, le trouble
résulte d’un état tel qu’il engendre
le trouble ( je n’ai pas de désir, ça me
déprime, quand je suis déprimée, je ne
peux pas avoir de désir...).
L’hypnose échappe à cette catégorisation
car elle ne se situe pas sur le même plan logique et sémantique,
il s’agit de rencontrer ses représentations sur
un mode analogique, d’entrer en contact avec ses émotions
sans le biais de la rationalisation, le patient n’a donc
nul besoin de décrypter et encore moins que le thérapeute
décrypte pour lui ni ne lui enseigne à le faire.
L’hypnose pourrait être présentée
comme un fonctionnement alternatif de l’esprit, chacun
peut y accéder. Dans cette perspective, on peut comprendre
l’hypnose comme le princeps fondateur de toutes les thérapies
ce qui semble en effet à l’origine qu’on
se réfère aux pratiques de l’Antiquité
comme à celles de nombreuses sociétés traditionnelles.
Ce qui fait la différence majeure c’est que la
majorité des psychothérapies cherchent à
interpréter, à faire correspondre le symptôme
à un système de référence, et donc
à construire un système de représentation
à l’intérieur duquel elles vont tenter d’opérer.
Dans certaines sociétés traditionnelles, la maladie
résulte de l’action malveillante des esprits, d’un
déséquilibre dans la circulation des énergies,
ces interprétations sont des métaphores qui permettent
cependant aux patients un certain degré d’appropriation
de leur problème, et donc une véritable responsabilité
dans leur cure. Ce contrôle échappe au patient
dépassé par les aspects scientifiques et techniques
de la médecine occidentale qui parvient à comprendre
et guérir des maux encore récemment fatals. L’hypnose
peut jouer un rôle majeur et n’entre pas en contradiction
avec la médecine, au contraire, permettant au patient
d’accéder à ses représentations,
elle restaure son pouvoir sur soi lui donnant ainsi l’occasion
de jouer une part active dans son traitement. L’hypnose
est en fait l’outil fondamental des thérapies psychosomatiques
et la sexologie est avant tout de la psychosomatique.
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