Sexologie et
Psychothérapies
Entretien avec Patrice
Cudicio, Médecin sexologue, chargé d’enseignement
pour le diplôme inter universitaire de sexologie du Grand
ouest (facultés de médecine de Rennes, Brest,
Nantes, Angers, Poitiers).
Quelle
est la part des psychothérapies en Sexologie?
Au sens où l’on est confronté à une
problématique complexe, les psychothérapies représentent
environ 80 % de la prise en charge des troubles sexuels. Il
faut aussi noter que de nombreuses difficultés comme
le manque de désir, ou l’éjaculation prématurée
ne relèvent pas de la santé sexuelle, ce sont
des troubles du comportement qui nécessitent une thérapie
légère, précise et de courte durée.
Parfois, quelques conseils suffisent, mais est-ce encore de
la thérapie? En pratique la réponse thérapeutique
en sexologie se répartit en trois catégories:
20 % de médecine sexuelle, 30 % de psychothérapie,
et 50 % d’apports cognitifs. Cette séparation est
théorique car les troubles sexuels sont d’origine
complexe, mais résultent souvent de méconnaissances
ou d’ignorance de soi, de l’autre, de la relation.
Quels sont les troubles sexuels pour lesquels une psychothérapie
semble la réponse la plus pertinente?
A des problèmes physiques, s’ajoutent souvent des
facteurs névrotiques: peur de l’échec, angoisse
de performance, crainte du rapport à soi-même,
de la relation. La psychothérapie est appropriée
dans les cas où des croyances fallacieuses entravent
l’épanouissement sexuel: une représentation
inexacte ou péjorative entraîne inquiétude,
angoisse, c’est le cas notamment des vaginismes. Ces représentations
négatives sont liées à l’image de
soi, l’image de la féminité ou de la masculinité,
à l’évidence, l’éducation joue
un rôle majeur dans la construction de l’identité
sexuelle.
Quels
sont les troubles pour lesquels une psychothérapie n’est
pas appropriée?
Bien entendu les problèmes sexuels relevant de causes
organiques ne sont en principe pas concernés par les
psychothérapies, mais, un accompagnement psychologique
est souvent très utile car il aide à accepter
un fonctionnement défectueux et à trouver des
alternatives positives.
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