L'aveu désavoué?
Une question hante les réflexions sur l’infidélité, faut-il ou non «avouer» ? Dans l’art d’aimer, le poète latin Ovide ( 43-17 av JC) est formel et ne se fait pas d’illusion sur la fidélité: « Ce n’est pas que, censeur sévère, je vous condamne à n’avoir qu’une seule amie. Aux dieux ne plaise ! C’est à peine si une femme mariée peut suivre cette conduite. » Il ajoute : « Si tes actes, quoique bien cachés, viennent à se découvrir, nie-les jusqu’au bout. Ne sois ni soumis ni plus caressant qu’à l’ordinaire ; ce sont là de fortes marques d’un cœur coupable. » Certes, on n’imagine mal l’infidèle venir se vanter de ses exploits auprès de son (sa) partenaire officiel (le), mais nier l’évidence peut aussi être compris comme une lâcheté, c’est aussi se mentir à soi-même, se tromper. L’infidélité marque une rupture dans le couple, ne faudrait-il pas voir dans l’aveu face à l’évidence une occasion d’affronter problèmes, manques de communication, incompréhension. Le couple que formaient Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir se voulait libre, fût-ce au prix de souffrances morales face aux errances amoureuses de chacun.
Jacques Brel chantait les vieux amants (1967)
« Moi, je sais tous tes sortilèges
Tu sais tous mes envoûtements
Tu m'as gardé de pièges en pièges
Je t'ai perdue de temps en temps
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte
Finalement finalement
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes »
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