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mise à jour le 24/04/08

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Doit-on vraiment encadre l'infidélité?

Doit-on vraiment encadrer l’infidélité pour la déculpabiliser, voire la décriminaliser ? Même animé des meilleurs sentiments, nul ne peut prétendre être assez fort pour résister à une tentation. Beaucoup de couples traversent des phases de lassitude, des habitudes se sont installées, le désir faiblit surtout si la sexualité est restée ancrée à des niveaux pulsionnels, et mécaniques.

Le projet de couple n’a pas été mis à jour, les disputes ne se soldent plus sous la couette et la fidélité est menacée. Certains couples parviennent à déjouer ces écueils par des tentatives d’encadrement de l’infidélité. Le libertinage, l’échangisme apparaissent pour certains comme un moyen simple de remédier à la désertification érotique. Les sports collectifs conjugaux ne sont pas exempts de dangers, qui sait, le plaisir sera peut-être plus intense dans une étreinte étrangère ? Croire qu’on peut limiter la rencontre à ses aspects sexuels n’est qu’un leurre, on ne sort pas indemne de tous les échanges...

Quel que soit l’angle de lecture utilisé, un manquement à une promesse reste une transgression. Même si on justifie, même si on explique pourquoi elle a eu lieu, la transgression a été à un moment voulue, désirée, réalisée. L’érotisme n’est pas un conte de fées rose bonbon pour poupée Barbie, il est par nature acte de transgression puisqu’il détourne le but primitif de la sexualité. Il se pare de toutes sortes de déguisements mais s’inscrit toujours en décalage vis-à-vis d’un ordre établi. Les autorités, religieuses, civiles, médicales se sont depuis toujours relayées pour encadrer sévèrement la sexualité dans toutes ses expressions qu’elles soient pulsionnelles, ou érotiques et relationnelles. Mais, l’être humain, dans sa quête d’épanouissement de soi rencontre très tôt un défi transgressif qu’il lui faut relever sous peine de vivre sa vie en pointillés. C’est en quelque sorte un parcours initiatique que valide la reconnaissance en tant qu’acteur de sa vie, et de ses groupes d’appartenance. Convoiter et batifoler avec un partenaire en principe interdit, c’est rompre avec l’image du mari ou de la femme chaste et sage, prévisible et si ennuyeuse... C’est entrer dans le camp de ceux qui osent vivre leurs passions même si cela doit menacer leur petit confort, c’est faire la démonstration qu’on assume ses émotions. Si on met en balance «rester sage » et « aller voir ailleurs », l’équilibre penche souvent en faveur de l’infidélité tant les bénéfices secondaires semblent déterminants...

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