Couples: phases
de construction
L’accumulation
Le 3, puis le 4 Février ont passé, Alexis n’a
même pas pensé à lui souhaiter sa fête,
Véronique est déçue, du coup, elle n’a
pas envie de faire le moindre effort, d’ailleurs, en fait-il
lui des efforts? Combien de fois lui a-t-elle demandé
d’être à l’heure quand ils se donnent
rendez-vous et combien de fois a-t-elle attendu en vain, avant
qu’il l’avertisse pas sms qu’il ne viendrait
pas? Véronique ne compte plus les détails, ce
qui n’était qu’un vague doute, est devenu
une intuition et tout le prouve: il ne l’aime pas! Du
moins pas comme elle voudrait être aimée, au fil
des habitudes, il ne fait plus attention à elle.
La phase de construction des attentes peut aussi évoluer
vers une attitude comptable des manquements de l’autre:
l’accumulation. La substitution de l’improvisation
par les rituels minimise sans aucun doute le risque des surprises,
mais pousse bientôt chacun à observer impitoyablement
les fautes de l’autre. Et tous deux de guetter l’erreur,
l’oubli, le manquement pour mieux justifier les reproches
qu’ils s’adressent. Les justifications, même
fondées seront désormais comprises comme de nouvelles
hypocrisies, des mensonges de mieux en mieux élaborés.
Le couple est entré dans une logique d’affrontement,
l’autre n’est plus un partenaire mais un ennemi,
et l’enjeu de la relation se centre désormais sur
les victoires d’amour-propre. Là encore, cela peut
durer très longtemps, chacun campe sur sur son terrain,
les conflits deviennent le mode de communication dominant, et,
si on parvient de temps en temps à se réconcilier
sur l’oreiller, la trêve n’est que momentanée,
les hostilités reprennent dès que l’apaisement
bienfaisant de l’orgasme se dissipe. Tout s’articule
autour d’un contrat tacite que l’autre transgresse
d’autant mieux que poser clairement les termes de l’accord
risquerait de rencontrer un refus de l’accepter. Alors,
pour mieux éviter de confronter pacifiquement ses attentes,
on a préféré faire comme si elles étaient
connues et acceptées, et se laisser croire que l’autre
aurait du le savoir... Pour éviter de reconnaître
ses torts, son manque de courage, et surtout d’admettre
qu’on s’est trompé, on trouvera plus économique
pour l’orgueil de faire porter à l’autre
la responsabilité de la dérive conflictuelle de
la relation.
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