![]() |
les mots du sexe par Philippe Brenot "Mettre le ruban" Cette expression qui ne dit plus grand chose aujourd'hui, était très utilisée au XIXe siècle, à l'époque des maisons closes où le préservatif que l'on appelait "le ruban", tentait tant bien que mal de préserver des maladies sexuellement transmissibles. |
Paradoxalement ce préservatif n'a pas été inventé comme moyen contraceptif mais pour protéger de la "vérole" que venaient de ramener les marins de Cristophe Colomb à leur retour d'Amérique ! La syphilis fit des ravages au XVIe siècle et ce fourreau de toile puis de boyau de mouton ou de caoutchouc tentait de protéger contre le "mal napolitain" pour les français, et le "mal français" pour les italiens. Chacun se rejetant la faute de la maladie... Cette vieille capote qui fut bien sûr interdite par l'Eglise car elle était une "entrave à la providence", se développa surtout en Angleterre d'où lui vint son qualificatif de capote anglaise. Encore une fois, comme en amour on rejette la responsabilité sur les autres, c'est en France que le préservatif fut connu sous le nom de redingote anglaise tandis qu'en Angleterre on l'appelait french letter. C'était aussi l'époque des guerres interminables entre l'Angleterre et la France. Au XIXe puis au XXe siècle, la capote prit des noms successifs, les gants de l'amour que l'on nomma aussi ruban de sûreté, puis, la mode s'en mêlant, on ajouta un capuchon pour recouvrir le gland, et cela devint "les bouts américains"... En amour, comme ailleurs, il faut toujours faire preuve d'élégance ! Aujourd'hui les préservatifs sont innombrables, manufacturés, agrémentés de protubérances, destinées à exciter les parois vaginales autant que les fantasmes de la partenaire. Mais il faut rappeler que le préservatif reste indispensable dans toute relation avec un partenaire de rencontre car il est protecteur de toutes les maladies sexuelles transmissibles et du sida. Il faut encore malheureusement rappeler, après une longue période d'information et de prévention contre le sida, que les comportements se relâchent aujourd'hui et que beaucoup délaissent le préservatif ; et ne pas oublier que les plus grands multi-partenaires sont ceux qui se protègent le moins. Le risque est donc toujours aussi important. Ne sortez jamais découvert ! Philippe Brenot |