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les mots du sexe par Philippe Brenot "les mauvaises habitudes"

Avoir de mauvaises habitudes Ces "mauvaises habitudes" sont restées comme l'emblême de la répression sexuelle qui s'est abattue sur les adolescents pendant près de deux siècles lorsqu'on a prétendu que la masturbation produisait des maladies.Il est clair aujourd'hui qu'elle n'est en rien maladive mais au contraire qu'elle constitue une étape fondamentale de la maturation sexuelle qui peut permettre à l'enfant puis à l'adolescent d'organiser sa sexualité adulte. Car l'auto-érotisme, qui est l'apprentissage des émotions sexuelles avec soi-même, commence très tôt, dès les premiers mois de la vie, dans la première année. Les mères le savent bien. Il est ensuite important, si l'enfant est encore petit et qu'il fait cela en public, de ne pas l'inhiber, et de lui expliquer très clairement : « Ce que tu fais est bien, c'est important pour toi, mais ça ne se fait pas n'importe où, pas en public. Tu peux le faire dans ta chambre si tu désires ! » Les adolescents pratiqueront l'auto-érotisme de façon clandestine, ce qui leur permettra de vivre ensuite une sexualité adulte plus épanouie. La langue populaire conserve de très nombreuses métaphores qui constituent souvent des jeux de mots ou des plaisanteries sur l'autoérotisme lorsqu'on parle de jouer de la mandoline, de polir le chinois, de jouer au billard anglais, de sonner le tocsin, de se suffire à soi-même ou de s'amuser tout seul. Le sexe est un réservoir inépuisable de métaphores pour la langue, car il est le premier référent du langage, dans la mesure où nos pulsions sexuelles sont l'équivalent des pulsions de la vie.

Philippe Brenot