Qu'est-ce
que la Médecine sexuelle?
Comme
vous le voyez, cette définition intègre l’ensemble
des aspects et l’on peut facilement envisager la Médecine
Sexuelle comme n’étant qu’une partie de cette définition.
Pour nous qui sommes des thérapeutes, le symptôme sexuel
nous pose donc plusieurs problèmes :
1) Est-il la conséquence d’une anomalie organique ?
2) Est-il la cause de troubles psycho comportementaux, comme le renoncement,
l’évitement, l’abandon, la dépression et
les conduites d’addiction (nourriture, alcool, drogue et violence).
Arrêtons-nous à la violence :
. Une femme sur dix est victime de violences conjugales en France,
cinq sur dix en Russie.
. 652 homicides de femmes, entre 90 et 99 en France (50 % par mari
avec souvent des frustrations sexuelles pouvant déboucher
sur 4 % de viols).
3) Enfin le symptôme sexuel trahit une INADEQUATION de couple,
car la Santé Sexuelle, c’est aussi un indicateur important
de la santé globale d’un couple.
haut
de page

Ce d’autant, que le Silence est notre ENNEMI.
1)
Le Silence des hommes avant tout.
Trois
hommes sur quatre ne parlent jamais de leurs problèmes d’érection
ou d’éjaculation prématurée.
Actuellement, deux millions d’hommes en France souffrent de
dysfonction érectile de façon régulière
et assez importante pour perturber leur vie familiale.
Seulement 500 000 d’entre eux sollicitent un soutien et une
prise en charge globale. 75 % se murent dans un silence destructeur
ou vivent avec un état de fait qui est « banalisé
» afin de ne pas ébranler les couples.
2)
Le Silence des femmes ensuite.
Qui commence à se lever, car elles étaient confinées
à un désir en miroir et enfin commencent à exprimer
leur désir pulsionnel.

3) Le Silence des couples.
Qui bien souvent gèrent leurs symptômes sexuels entre
eux afin de ne pas faire imploser leurs bénéfices secondaires
sadomasochistes.
70 %
des divorces et des ruptures ont lieu dans les deux ans après
la naissance d’un enfant et que plus de 60 % des causes s’avèrent
avoir trait à une mauvaise gestion de la sexualité pendant
ou au décours de la grossesse.
La constitution même des couples, quand nous la décodons
dans nos consultations, témoigne souvent de QUIPROQUOS par
rapport à la place que chacun accorde à la sexualité,
oubliant que l’acte d’amour est avant tout un acte de
SEPARATION et non d’ACCAPARATION.
C’est en se séparant du meilleur de soi-même que
l’on peut arriver à cette « FUSION » tant
recherchée.
Faire l’amour c’est aussi exprimer son respect de la vie
et des droits sexuels de l’autre.
4) En dernier lieu, le silence des médecins et des
thérapeutes est terrible, car il ne permet pas encore
l’éclosion de la parole dans les consultations.
haut
de page

Santé Sexuelle et IST (Infections sexuellement
transmissibles)
Comme
vous le voyez la Santé Sexuelle s’invite à chaque
instant dans nos consultations, mais aussi dans notre vie au quotidien
avec les rapports sexuels à risque. Les infections sexuellement
transmises (IST) sont devenues la deuxième pathologie mondiale
d’après l’OMS.
Le VIH/SIDA est en progression constante dans tout le monde, y compris
la Chine, tout le Sud Est asiatique et la Russie.
Que dire du fait que 66 % des cas de Sida sont concentrés en
Afrique Subsaharienne, ce qui touche seulement 2 % de la population
mondiale !
60 % des budgets sont attribués à cette région
pour des résultats catastrophiques, essentiellement du fait d’une
corruption galopante.

Quelques
chiffres de la BARBARIE humaine et surtout des hommes.
Chaque minute dans le monde :
. 190 femmes ont des grossesses non désirées, car pas
d’accès à la contraception.
. 650 IST par absence de préservatifs.
. Une femme meurt, car défaut de soins obstétricaux.
. 10 mutilations sexuelles sont commises sur des filles.
J’ai tenu à vous donner ces chiffres impressionnants, car
la Santé et les droits sexuels, sont un problème mondial
qui malheureusement n’évolue pas ou peu du fait des rigidités.
haut
de page

Rigidités
politiques et institutionnelles
*
Politiques.
Outre la corruption dans tous les pays du monde et en particulier en
Afrique, qui fait que 15 % seulement de l’argent n’arrive
en fait sur le terrain, que dire de l’aveuglement des donateurs
institutionnels qui n’osent pas shunter l’échelon
politique, de peur de « gêner » leurs diplomaties.
Tant que cet argent ne sera pas géré de façon CONJOINTE
par des scientifiques des pays donateurs et des scientifiques locaux,
nous ne pourrons espérer faire progresser cette pandémie
qui commence à s’exporter en Europe.
* Institutionnelles.
Tant que l’Education Sexuelle sera dispensée trop tard,
trop peu et sans le concours actif des parents, trop souvent démissionnaires,
elle participera à toutes ces rigidités.
Ce d’autant qu’elle « oublie » de parler des
limites du corps aux enfants, ce qui éviterait bien des actes
d’inceste et de pédophilie.
Elle oublie aussi de parler de l’AMOUR, du partage et du bonheur
à avoir du plaisir dans une sexualité mature.

L'éducation
sexuelle en question
En
effet, elle ne parle actuellement, et ce dans tous les pays du monde,
que de reproduction et de prévention de la mort à travers
la sexualité !
C’est déjà bien, mais absolument pas suffisant.
* Préjugés (ce n’est pas bien de libérer
le plaisir).
* Coutumes.
Que dire des mères africaines qui vendent leurs filles vierges
à des hommes porteurs du Sida, sous prétexte qu’en
faisant l’amour avec une vierge, ils se « purifient ».
Que dire de ces gouvernements qui refusent de livrer l’AZT au
moment de l’accouchement, condamnant presque à coup sûr
ces bébés.
Que dire de ces trafics de sang contaminé.
Que dire du relâchement de la prévention et des campagnes
d’information en France, car le Sida est devenue, grâce
aux trithérapies, une « banale » (le mot fait froid
dans le dos !) affection de longue durée.

Que conclure?
Je dirai en contrepoint
de toutes ces rigidités que la faiblesse est peut-être
une forme d’espoir, et l’inverse sera toujours difficile
à vérifier.
Etre thérapeute, c’est assumer son humilité et ses
faiblesses, c’est ce qui fait la force de ce qui nous réunit
tous.
Toutes ces réflexions me sont venues à l’esprit
après quatre ans de Présidence de la WAS (World Association
for Sexual Health) et dix ans à la SFSC, grâce à
quoi, j’ai parcouru le monde et pu découvrir que la misère
sexuelle est UNIVERSELLE.
Dans la Genèse, il est dit « au début était
le sens », je pense qu’il vaut mieux dire pour nous thérapeutes
« au début était la solitude », car en fait,
nous n’avons bien souvent que le verbe pour meubler notre solitude
face aux patients.
Le verbe est là aujourd’hui et nous ne serons plus jamais
seuls.
Plus jamais le Silence
Tel est le slogan que je souhaite laisser à nos successeurs afin
que, dans quelques années, l’AMOUR trouve sa juste place
dans ce monde, avec le RESPECT et la DIGNITE que chaque être humain
est en droit de demander et d’obtenir.
Dr Marc GANEM
Président de la SFSC
haut
de page |