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En
1957, au Japon, paraît le premier épisode d'une oeuvre
monumentale signée Shozo Numa (un pseudonyme dont le secret
semble très bien gardé) Ce pavé de 1800 pages
obtient le prix Sade en 2006. Nous vous proposons d'en découvrir
la version "light", c'est à dire le manga. Tout
commence par la révolte d'un homme qui n'entend pas céder
à la morosité nipponne de l'après guerre,
et refuse la posture d'infériorité que suggère
notamment la théorie de l'avilissement de Yasugo. L'auteur
annonce clairement son intention: "Je trouvais dans le masochisme
le levier qui allait me permettre de réagir. Oui, l'auto
dérision serait mon arme, elle me permettrait de me rendre
maître de l'homme. Jusqu'où peut-on aller lorsque
l'on détient le pouvoir absolu dans la poursuite du bien-être
matériel et du plaisir?" La science fiction offre
un cadre particulièrement adapté au projet littéraire.
La version manga de l'oeuvre met en scène le début
de l'histoire d'une jeune couple d'étudiants, il est japonais,
elle est allemande. Ils sont fiancés et font des projets
d'avenir quand soudain tout bascule, un "accident" de
vaisseau spatio temporel les transporte dans un monde entièrement
dominé par une aristocratie de femmes de type nordique,
leurs maris ne sont rien d'autre que de charmants objets de plaisir,
contraints à porter la ceinture de chasteté en leur
absence. Le reste de la population est constitué d'esclaves
: les yapous. S'il reste encore ça et là quelques
yapous "bruts", ils vivent dans des réserves
et servent de gibier. Les autres sont élevés dans
une "yapounerie", ce bétail sera modelé
selon les désirs des décideuses: repose-pieds viandeux,
cunnilinger, chien de chasse ou de compagnie, l'imagination n'a
pas plus de limite que la recherche du plaisir... Cruauté
et élégance d'un propos qui explore sans retenue
un univers gynarchique et que relaye la redoutable efficacité
de l'image séduiront les amateurs...
Catherine Cudicio
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