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mise à jour le 30/12/07

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En 1957, au Japon, paraît le premier épisode d'une oeuvre monumentale signée Shozo Numa (un pseudonyme dont le secret semble très bien gardé) Ce pavé de 1800 pages obtient le prix Sade en 2006. Nous vous proposons d'en découvrir la version "light", c'est à dire le manga. Tout commence par la révolte d'un homme qui n'entend pas céder à la morosité nipponne de l'après guerre, et refuse la posture d'infériorité que suggère notamment la théorie de l'avilissement de Yasugo. L'auteur annonce clairement son intention: "Je trouvais dans le masochisme le levier qui allait me permettre de réagir. Oui, l'auto dérision serait mon arme, elle me permettrait de me rendre maître de l'homme. Jusqu'où peut-on aller lorsque l'on détient le pouvoir absolu dans la poursuite du bien-être matériel et du plaisir?" La science fiction offre un cadre particulièrement adapté au projet littéraire. La version manga de l'oeuvre met en scène le début de l'histoire d'une jeune couple d'étudiants, il est japonais, elle est allemande. Ils sont fiancés et font des projets d'avenir quand soudain tout bascule, un "accident" de vaisseau spatio temporel les transporte dans un monde entièrement dominé par une aristocratie de femmes de type nordique, leurs maris ne sont rien d'autre que de charmants objets de plaisir, contraints à porter la ceinture de chasteté en leur absence. Le reste de la population est constitué d'esclaves : les yapous. S'il reste encore ça et là quelques yapous "bruts", ils vivent dans des réserves et servent de gibier. Les autres sont élevés dans une "yapounerie", ce bétail sera modelé selon les désirs des décideuses: repose-pieds viandeux, cunnilinger, chien de chasse ou de compagnie, l'imagination n'a pas plus de limite que la recherche du plaisir... Cruauté et élégance d'un propos qui explore sans retenue un univers gynarchique et que relaye la redoutable efficacité de l'image séduiront les amateurs...


Catherine Cudicio