Paru
en 1986, ce livre a mis l’accent sur l’évolution des
mentalités à l’égard de l’homme dans
ses prérogatives d’identité sexuelle. La célèbre phrase de Simone de Beauvoir « on ne naît pas femme, on le devient » s’applique selon Elisabeth Badinter aussi bien à l’acquisition de la masculinité pour l’homme. S’appuyant de façon pour le moins simplifiée sur des notions approximatives d’embryologie, l’auteur s’engage dans un discours qu’anime en permanence une pensée manichéenne. À chercher des similitudes ou des différences entre hommes et femmes, l’auteur perd l’occasion de prendre de la hauteur vis à vis de son sujet. La célèbre féministe entraîne le lecteur dans une promenade qui met en évidence les dispositifs sociaux, culturels, idéologiques utilisés depuis l’Antiquité pour fabriquer des hommes conformes à une certaine idée de la virilité. Bien entendu, nous n’échappons ni à la cruauté des rites en vigueur dans d’exotiques ethnies soigneusement sélectionnées, ni à l’influence des mères, et encore moins à l’invocation de Freud. Le père fondateur de la psychanalyse ni s’illustre pourtant pas par sa tolérance à l’égard des hommes et surtout des femmes en quête d’épanouissement sexuel. L’auteur conclut en décrivant ce qui à ses yeux représente l’idéal masculin d’aujourd’hui : l’androgyne. L’homme qui a enfin compris son devoir de faire siennes les qualités féminines… On n’échappe pas à son destin ! |