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mise à jour le 4/12/07
Notes de lecture

Le Tao de l'art d'aimer

préface de Joseph Needham

Jolan Chang, Editions Calman Lévy, 1977

Chang Chung Lan, alias « Jolan Chang » : rendre accessible un peu de l'antique sagesse de la culture sexologique chinoise.

Né à Lan-Ki en Chine, l'auteur avécu une grande partie de sa vie à Stockolm (décédé en 2002). Il attribue à son ami Lawrence Durell (1912-1990), célèbre écrivain d’origine irlandaise, né en Inde, féru de culture orientale, et installé en France à Sommières, l'idée de transmettre aux lecteurs occidentaux les secrets de longévité et d’accomplissement de soi que promet le Tao par une pratique sexuelle sublimée au niveau de l’art.


Le Tao n’est pas une religion, c’est davantage une philosophie et une attitude spirituelle, vécue dans les moindres instants du quotidien comme dans les moments les plus intenses. L’auteur présente l’enseignement du Tao dans ses aspects sexuels, il insiste sur quelques principes essentiels : maîtrise de l’excitation sexuelle, contrôle de l’éjaculation, et surtout importance essentielle du plaisir de la femme.

L’épanouissement de la sexualité représente une voie privilégiée de l’accomplissement à condition d’observer l’enseignement du Tao, notamment en ce qui concerne l’hygiène de vie, le choix des partenaires, et une certaine attitude de respect de soi et de toute vie.
Jolan Chang précise : « Le Taoïste éprouve un amour illimité pour l’Univers et tout ce qui y vit… » Il explique une grande partie des maux personnels et collectifs tels que la violence, ou les conduites d’auto destruction par « l’échec de l’homme et de la femme à réaliser l’harmonie fondamentale du Yin et du Yang ».
Cette conclusion n’est simpliste qu’en apparence, le Taoïsme ne relève d’aucun formalisme, ne requiert ni temple ni Eglise, seulement une certaine qualité de présence à soi-même, une authenticité qui va permettre de nouer des relations harmonieuses avec les autres.

La voie de l'authenticité
Le livre de Jolan Chang s’inscrit dans des principes forts qu’il s’applique à rappeler dans ses exemples, explications, illustrations. Le lecteur y trouvera de nombreuses recettes puisées aux sources des manuels de sexe chinois, les mêmes que ceux cités par Robert Van Gulik.
Jolan Chang incite le lecteur à un engagement, une mise en œuvre des principes, il ne s’agit donc pas seulement de savoir, mais d’expérimenter. Le Tao de l’art d’aimer se présente comme une branche de la médecine chinoise, ce n’est en aucun cas une pratique ésotérique ou mystique, à la différence des arts tantriques.
L’intérêt majeur de ce livre réside précisément en ses aspects pratiques, et une ambiance résolument positive au service d’une authentique recherche d’épanouissement.

Une dialectique complexe du rationnel et du romanesque

Aux yeux des Occidentaux, il peut paraître stupéfiant d'abolir les frontières entre l'amour sacré et profane, c'est pourtant cette profonde conviction propre aux Chinois qui fonde le Tao de l'art d'aimer. Joseph Needham, spécialiste de la civilisation chginoise conclut la préface par ce commentaire : " Un livre qu'il fallait écrire"... Encore faut-il apprendre à lire entre les lignes pour comprendre qu'au-delà des recettes techniques, l'auteur suggère un véritable chemin de vie.

Si l'optimisme d'un discours engagé vous hérisse, surtout ne lisez pas le Tao de l'art d'aimer.