Chang
Chung Lan, alias « Jolan Chang » : rendre accessible un
peu de l'antique sagesse de la culture sexologique chinoise.
Né
à Lan-Ki en Chine, l'auteur avécu une grande partie de
sa vie à Stockolm (décédé en 2002). Il attribue
à son ami Lawrence Durell (1912-1990), célèbre
écrivain d’origine irlandaise, né en Inde, féru
de culture orientale, et installé en France à Sommières,
l'idée de transmettre aux lecteurs occidentaux les secrets de
longévité et d’accomplissement de soi que promet
le Tao par une pratique sexuelle sublimée au niveau de l’art.
Le Tao n’est pas une religion, c’est
davantage une philosophie et une attitude spirituelle, vécue
dans les moindres instants du quotidien comme dans les moments les plus
intenses. L’auteur présente l’enseignement du Tao
dans ses aspects sexuels, il insiste sur quelques principes essentiels
: maîtrise de l’excitation sexuelle, contrôle de l’éjaculation,
et surtout importance essentielle du plaisir de la femme.
L’épanouissement
de la sexualité
représente une voie privilégiée de l’accomplissement
à condition d’observer l’enseignement du Tao, notamment
en ce qui concerne l’hygiène de vie, le choix des partenaires,
et une certaine attitude de respect de soi et de toute vie.
Jolan Chang précise : « Le Taoïste éprouve
un amour illimité pour l’Univers et tout ce qui y vit…
» Il explique une grande partie des maux personnels et collectifs
tels que la violence, ou les conduites d’auto destruction par
« l’échec de l’homme et de la femme à
réaliser l’harmonie fondamentale du Yin et du Yang ».
Cette
conclusion n’est simpliste qu’en apparence, le Taoïsme
ne relève d’aucun formalisme, ne requiert ni temple ni
Eglise, seulement une certaine qualité de présence à
soi-même, une authenticité qui va permettre de nouer des
relations harmonieuses avec les autres.
La
voie de l'authenticité
Le livre de Jolan Chang s’inscrit dans des principes forts qu’il
s’applique à rappeler dans ses exemples, explications,
illustrations. Le lecteur y trouvera de nombreuses recettes puisées
aux sources des manuels de sexe chinois, les mêmes que ceux cités
par Robert Van Gulik.
Jolan Chang incite le lecteur à un engagement, une mise en œuvre
des principes, il ne s’agit donc pas seulement de savoir, mais
d’expérimenter. Le Tao de l’art d’aimer se
présente comme une branche de la médecine chinoise, ce
n’est en aucun cas une pratique ésotérique ou mystique,
à la différence des arts tantriques.
L’intérêt majeur de ce livre réside précisément
en ses aspects pratiques, et une ambiance résolument positive
au service d’une authentique recherche d’épanouissement.
Une
dialectique complexe du rationnel et du romanesque
Aux
yeux des Occidentaux, il peut paraître stupéfiant d'abolir
les frontières entre l'amour sacré et profane, c'est pourtant
cette profonde conviction propre aux Chinois qui fonde le Tao de l'art
d'aimer. Joseph Needham, spécialiste de la civilisation chginoise
conclut la préface par ce commentaire : " Un livre qu'il
fallait écrire"... Encore faut-il apprendre à lire
entre les lignes pour comprendre qu'au-delà des recettes techniques,
l'auteur suggère un véritable chemin de vie.
Si
l'optimisme d'un discours engagé vous hérisse, surtout
ne lisez pas le Tao de l'art d'aimer.