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Sex aequo Jean Paul Mialet |
Le Dr Jean Paul Mialet, psychiatre parisien, expert de l’attention porte la sienne sur la sexualité humaine et entend montrer que la différence des sexes n’est pas seulement une question culturelle, comme le suggèrent la tendance actuelle qu’il juge simplificatrice. Ce ne serait pas non plus une simple affaire biologique, alors, d’où vient que les hommes et les femmes soient différents dans leurs désirs, leurs attentes, leurs comportements? Pour répondre à cette question, l’auteur se livre à une réécriture de l’histoire et nous explique que les constructions de l’identité sexuelle masculine et féminine s’accomplissent différemment dans l’enfance et l’adolescence, puis, qu’ensuite,
les représentations psycho culturelles achèvent de bâtir des hommes et des femmes capables de jouer le rôle que la société où ils vivent attend d’eux. On trouve un panorama complet de l’apprentissage de la masturbation par les garçons et par les filles, puis de l’expression du désir sexuel, qui ne peut être que différent, quand il n’est pas à l’opposé, puisque «tout chez l’homme est apparent, tout chez la femme est mystère» Il faut d’urgence remettre les pendules à l’heure de l’égalité des sexes, et on aura recours à plusieurs sources, citations littéraires, pionniers de la sexologie. La psychanalyse, bien que critiquée, garde tout de même une place prépondérante que l’expertise personnelle en psychiatrie ne contredit qu’avec mollesse. Une certaine vétusté des sources, l’absence de référence à la sexologie d’aujourd’hui, la traditionnelle guerre des sexes, rien ne vient bousculer le paysage conceptuel de la sexualité. D’emblée, le titre évoque la compétition et le sous titre la confusion, serait-ce la manifestation cruellement ironique d’une pensée inconsciente qui pointerait la légèreté conceptuelle du propos? Peut-on parler de la sexualité en évoquant seulement les différences, les inégalités, lesquelles ramènent inévitablement aux débuts de la vie et au ventre maternel? Peut-on parler des territoires affectifs que partagent hommes et femmes dans le couple sans inévitablement passer la maternité , archétype de l’amour avec un grand a? La problématique ainsi posée revient à décider qui, de la poule ou de l’œuf était là en premier, c’est une impasse que relevait déjà en son temps Aristote, Diderot voyait dans cette impasse une excellente occasion de poser le problème autrement. C’est là l’ambition des chercheurs d’aujourd’hui qui évoquent bien davantage la distinction des sexes (Irène Théry) plutôt que leur opposition. Ce livre, s’il parle à un lecteur cultivé, ne s’adresse pas au grand public en dépit d’un style alerte, généreusement lardé de citations, on en trouve au moins une à chaque page. L’auteur enfin, s’exprime abondamment à la première personne certainement pour renforcer la valeur d’engagement personnel et de témoignage. Croire qu’il s’agit d’énoncer des vérités générales serait sans aucun doute un lourd contresens. La rédaction. |