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mise
à jour le 4/12/07 |
| L'orgasme
et l'Occident : Une histoire du plaisir du XVIe siècle à nos jours
Robert Muchembled, Le seuil, 2005 |
L’auteur
a accompli un parcours universitaire des plus prestigieux. Agrégé
d’histoire à 23 ans, il obtient sa thèse de Doctorat
à Lille en 1985 où il enseigne à l’Université.
Depuis 1986, il enseigne l’histoire moderne à Paris VIII, et
accumule les prix et autres distinctions, aux Pays Bas et aux Etats Unis.
Il s’intéresse tout particulièrement aux mœurs,
aux superstitions, aux sorcières et aux plaisirs. Son abondante production littéraire et notamment son histoire du diable, publiée en 2000, aux Editions Le Seuil lui a valu un grand succès de librairie. En Septembre 2005,dans un entretien à propos de son livre, il confie au magazine l’Histoire « J’ai choisi de faire une histoire du corps à travers les plaisirs. Mais le sujet est si vaste…Je me suis donc concentré sur le plaisir sexuel . » Le terme d’orgasme ne s’applique au plaisir sexuel que depuis le dix-neuvième siècle, auparavant, il désignait plutôt un brutal accès de colère. L’histoire de l’orgasme en Occident va décrire essentiellement la répression que les différents pouvoirs religieux, sociaux, politiques ont exercé à l’encontre du plaisir sexuel. Robert Muchembled émet l’hypothèse que la répression sexuelle aurait favorisé la libération d’autres énergies créatives pour combler le déséquilibre psycho corporel. Ainsi, le développement économique, les guerres de conquêtes, l’activité artistique de l’Europe du 16ème au 20ème siècle pourraient-ils avoir bénéficié de l’encadrement répressif de la sexualité. L’auteur soutient son hypothèse, analyse et compare différentes sources, en Angleterre comme en France: littérature libertine, puis pornographique, archives judiciaires, démographiques, appareils législatifs. Si l’érudition de l’historien comble avec intelligence et élégance les appétits intellectuels du lecteur, on regrettera qu’il se soit contenté de calquer son discours formel à propos du plaisir sexuel sur les affirmations de Freud aujourd’hui largement mises en doute. |