Fleuron du cinéma français, à mi-chemin du film d’auteur et de la comédie populaire, « Les Galettes de Pont-Aven » a été propulsé par la génération Canal plus au statut de film-culte. Son réalisateur Joël Séria, tâtant depuis plusieurs années de la littérature, en propose une version écrite. Attention, rien à voir avec ce que les Américains appellent une novelization (l’orthographe britannique étant novelisation), cette variation romancée sur une œuvre connue, rédigée en général par des tâcherons. Ici, c’est l’auteur lui-même qui a pris la plume, complétant et enrichissant l’aventure d’Henri Serin, VRP en parapluies que jouait à l’écran le grandiose Jean-Pierre Marielle. Si le film est un must pour tous les amateurs de vénus callipyges (en clair les fétichistes de la croupe féminine), parions qu’ils seront conquis par un livre où les mots renforcent et transfigurent le lyrisme des images. D’autant que le récit est suivi de sa suite, vingt-cinq ans après. Tel Gauguin, Seria est allé s’établir en Polynésie. De retour en Bretagne pour le mariage de sa fille, il va retrouver sans exception tous les protagonistes de sa première vie. Avec les dames, cela signifie évidemment quelques nouvelles parties de jambe en l’air, où la magnificence des « lunes » sera privilégiée par le peintre/amoureux incorrigible..
Gérard Lenne, écrivain, critique de cinéma |