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La
brűlure : Le corps des femmes
Camille Cousin, édiions Fayard, 2005
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J’ai
rencontré Camille Cousin à l’époque où
elle préparait ce livre. Elle était venue m’interroger,
je crois en tant que connaisseur du cinéma érotique —
un des lieux où le corps féminin est donné en spectacle.
Camille ne se cachait en rien d’une expérience atypique : à
19 ans, elle avait quitté sa famille et sa khâgne et fut pendant
trois ans danseuse nue au Crazy Horse. Elle est désormais titulaire
d’un DEA de philosophie, qui a été à l’origine
de cet ouvrage consacré à l’exploitation du corps. Elle a choisi pour sa construction le procédé éprouvé de l’alternance : interviews de prostituées et de spécialistes des sciences humaines s’entrecroisent avec son propre témoignage. Et c’est celui-ci, incontestablement, qui donne tout son prix à cette délicate entreprise, tant il est vrai qu’au sérieux universitaire répondent alors les accents d’une vérité et d’une émotion plus riches, parce que vécues. Ses relations avec ses parents et le reste de sa famille sont ainsi passées au crible d’une fine et sensible analyse. Ces passages à la première personne bénéficient en outre d’une écriture plus personnelle et attachante, au point qu’on se dit qu’ils auraient pu, réunis, voire prolongés, constituer un autre récit, une captivante autofiction. Gérard Lenne |