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mise à jour le 4/12/07
Note de lecture

 

 

 

Homosexualité, fatalité ou libre choix
Un livre de Xavier Leclerq paru aux Editions Velours
ISBN 2-35167-027-2

Xavier Leclercq qui a fait carrière dans l’enseignement, se consacre désormais entièrement à sa passion pour la littérature, parler d’homosexualité et présenter les problématiques qu’elle engendre sous un éclairage littéraire, c’est le défi qu'il relève en donnant la parole aux écrivains. L’homosexualité est-elle une donnée de la nature? Certains en voient la preuve dans les tourments de leur désir, d’autres réfutent l’argument et mettent en avant les déterminismes sociaux, culturels. L’auteur cite la thèse de Freud qui voit en l’homosexualité une immaturité l’expliquant par un arrêt prématuré du développement de la sexualité... On comprend que la position a de quoi froisser ceux qui considèrent l’hétérosexualité comme un mal nécessaire appelant de leurs souhaits un futur qui parviendrait à dissocier définitivement sexualité et procréation. La construction homosexuelle passe par la reconnaissance d’archétypes: la mère castratrice, la femme envoûtante et tabou, le garçon innocent et pervers, le père omnipotent, l’ami, le camarade, le mentor, éraste et éromène.... Ces personnages présents dans les mythes et la littérature structurent fantasmes et représentations, jalonnant les errances initiatrices de l’homme qui avance vers l’inévitable choix. Sous cet angle, que penser de la pédophilie, de l’homophobie? Xavier Leclercq montre en citant, entre autres, André Gide, Marcel Proust et Jean Cocteau l’évolution des critères moraux concernant l’enfant et le sexe. Dans la seconde partie de l’ouvrage, s’ouvre une discussion entre masculin et féminin, qui vient s’opposer à l’idée d’une homosexualité par nature, d’une unicité sexuelle. Colette, Renée Vivien, revisitent les amours saphiques dans le sillage de la belle américaine Natalie Barney; Marguerite Yourcenar évoque le combat perdu d’avance pour qui veut lutter contre son homosexualité, enfin Elizabeth Badinter réfute les positions freudiennes à la lumière des réflexions sur le sexe et le genre. La présence de Narcisse, amoureux de sa propre image, hante le décor et renvoie le lecteur à ses propres postures face à ces questions qui interpellent nos sociétés: mariage homosexuel, adoption homoparentale, homophobie...

Catherine Cudicio

Trois questions à Xavier Leclercq

Quelle est votre position face à l’homosexualité?
En résumé, je respecte les droits civiques des homosexuels adultes, et j'attends qu'on respecte mon droit d'explorer la condition homosexuelle et d'en disserter dans le but "homophile" d'orienter les égarés.


Le choix homosexuel peut-il être comparé à un combat entre raison et passion?
Le choix homosexuel, côté masculin, ne suit guère la raison, mais les raisons. Entre  autres, la passion pour  la mère. Ma maman me suffit, disait Proust (Contre Sainte-Beuve, Gallimard 1957, chapitre VII ); Viennent ensuite l'érotisation des amitiés juvéniles; le discours corporatif ambiant;  la drague à portée de sexe; l'hétérophobie.... Côté féminin, je renvoie prudemment à l'exposé de Simone de Beauvoir sur la question (voir mon chapitre 14, page 150).


Qu’apporte l’expression littéraire à la compréhension de l’homosexualité?
L'expression littéraire contribue – avec la psychanalyse – à la clarification et la lisibilité de l'homosexualité. Maints témoignages sincères et lucides, contredisant souvent le message médiatique, sont une précieuse information.