Voici un livre dont l’objectif affirmé est de renouveler l’angle de lecture à propos de la prostitution par la mise en évidence des ses cadres sociologiques, juridiques, économiques. Sonny Perseil, sociologue et juriste, docteur en science politique , ingénieur à la chaire de prospective stratégique du Conservatoire national des arts et métiers, entend contribuer par cet ouvrage à une nouvelle qualification des faits dont il rend compte, c'est ainsi qu'il dénonce l'indissociable lien qui unit selon lui la pornographie et la prostitution. Dans cette perspective, il commence par examiner les termes linguistiques et fait apparaître par ce biais le caractère prostitutionnel de la la pornographie. Il ne dissimule jamais qu’il s’engage dans une démarche de déconstruction des habitudes en vigueur dans la société et dénonce la tolérance envers les acteurs de l’industrie pornographique: producteurs de films X, comédiens, éditeurs de sites internet, webmaster, acteurs dont il dénonce la fréquente double compétence d’intermittents du spectacle et de prostitués(es). De nombreux exemples sont convoqués pour démontrer que la pornographie est nécessairement de nature prostitutionnelle, notamment dans la production, la diffusion, la publicité et surtout dans l’utilisation économique des acteurs et des clients. L’argument qui différencie les travailleurs (ses) du sexe (hardeurs notamment) des prostitués(es), est rapidement balayé arguant que de toutes les façons, il s’agitdans tous les cas de tirer un profit économique d’une transaction sexuelle. Partant de ce constat, l’auteur montre l’inégalité de traitement entre les acteurs du X et les prostituées qui racolent dans la rue, ces dernières étant considérées comme un sous prolétariat, surexploité par des réseaux, et agissant sous la menace. Sonny Perseil insiste sur la «starisation» de certaines actrices du X, sur leur inaccessibilité en raison de tarifs élevés. Il cite notamment les tarifs d’une agence d’escorting qui propose des services de modèles ou actrices X pouvant aller jusqu’à 3000 € les 24 h... Tout ceci ajoute encore à ce clivage entre les ouvriers (et les ouvrières) du sexe et les cadres supérieurs qui accèdent à la célébrité et à la reconnaissance sous l'aile sinon bienveillante, du moins tolérante des autorités. Le dernier mot de ce livre revient à Guy Parent, commissaire divisionnaire, responsable de la répression du proxénétisme, qui répond aux questions de l’auteur et rappelle en substance que seul le proxénétisme est illégal, que le rôle de la police est de veiller à ce que l’ordre public ne soit pas troublé, et que le démantèlement des réseaux internationaux de trafic d’êtres humains est sa priorité. La lecture de ce livre a le mérite d’apporter un éclairage différent, profondément contestataire du consensus actuel qui favorise indirectement la prospérité de ces industries du sexe. Toutefois, les principes moraux présents à chaque page de l’ouvrage, ne sont pas clairement énoncés et encore moins explicitement questionnés. Consulter quelques pages de ce livre sur le site de l'Éditeur |