Antiquité, Stoïciens
Dans l’Antiquité grecque à l’époque
dite classique (4ème et 5ème siècle avant JC)
, le mariage monogamique est la référence. Homère
n’attribue à ses héros qu’une seule épouse,
(et une ou plusieurs concubines). La célèbre Pénélope,
épouse d’Ulysse, illustre le modèle de la fidélité
conjugale. L’épouse assure une descendance légitime,
la concubine est chargée de veiller à l’exécution
des tâches domestiques, l’une et l’autre vivent
recluses au gynécée. La fidélité à
l’époux est exigée, en effet, en cas de flagrant
délit d’adultère, le mari trompé a le droit
de tuer sur le champ son rival, comme sa femme ou sa concubine. En
marge de l’institution matrimoniale, règnent les courtisanes.
Esclave d’une entremetteuse ou femmes libres, elles occupent
une place à part dans la société athénienne,
l’Athénien qui les fréquente affirme ainsi sa
virilité et sa richesse…http://www.idee-k.com/historiart/courtisanes.html
Une
sexualité très codifiée
La société grecque peut paraître assez tolérante
sur l’expression de la sexualité, en fait, elle est très
codifiée et surtout très hiérarchisée.
La chasteté ne concerne que des personnes consacrées
à un culte, ou les jeunes filles issues de l’aristocratie.
C’est pourtant cette même société qui, à
travers le Stoïcisme fondé par Xénon de Kition
(344-262 av JC), apportera les bases philosophiques reprises à
son compte la morale chrétienne. http://fr.wikipedia.org/wiki/Stoïcisme
Les Romains de l’Antiquité appliquent
dans les grandes lignes les mêmes contraintes aux mêmes
personnes. Les prêtresses de Vesta font vœu de chasteté,
et en cas de manquement, sont condamnées à être
enterrées vivantes, on ne plaisante pas avec ça ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Vestales
Jacques Le Goff (Directeur d'études à l'École
des hautes études en sciences sociales) explique : «
Dès l’avènement du christianisme, les choses changent.
Une nouvelle éthique sexuelle, inspirée du Stoïcisme
s'impose. La chair, le corps et le plaisir qu’ils procurent
sont diabolisés, comme source de péché. Tandis
que la virginité devient l'idéal de l'Église.
Pour des siècles, l'Occident est entré dans l'ère
du refoulement. » http://www.idee-k.com/historiart/plaisir.html

Des
pères de l’Eglise au Moyen âge, Tertullien et Saint
Augustin
Parmi les pères de l’Eglise, on cite généralement
Tertullien, fils d’un centurion romain, né à Carthage
aux environs de 150 (apJC). Vers l’âge de 35 ans, il se
convertit au christianisme et dès lors ne cessera de mener
un combat véhément en faveur d’une morale rigoureuse,
que n’exigeait même pas les autorités de son temps.
On lui doit notamment un texte dit «Exhortation à la
Chasteté ».http://www.tertullian.org/index.htm
Un
idéal de vie...
Mais, c’est surtout à Saint Augustin (354-430) qu’on
devra une réflexion puissante sur la religion et ses exigences.
« O Dieu, accordez-moi la chasteté, la continence, mais
ne me la donnez pas tout de suite ». lit-on dans le livre VIII,
, 17. La chasteté fait peur, elle est présentée
comme un idéal, un style de vie pour le croyant.
Au bout du compte, le célibataire abstinent serait un modèle
susceptible de plaire à Dieu ! Mais l’Eglise à
défaut de pouvoir imposer la chasteté à tous
va développer peu à peu un encadrement strict des pratiques
sexuelles. La sacralisation du mariage, l’amalgame entre la
sexualité et le péché, entre le corps et le démon
(enfin surtout le corps féminin !!!!), une nomenclature très
précise des différents péchés de chair
et pour couronner le tout, un calendrier pour établir les temps
de chasteté auxquels chacun devra se soumettre. Au 4ème
siècle, Saint Ambroise définit la hiérarchie
de la chasteté : "Il y a trois formes de chasteté:
le mariage, le veuvage, la virginité " (Sur les veuves,
Iv, 23).
Dans le même temps, la chaste silhouette de la vierge Marie,
drapée dans ses voiles pudiques, commence à hanter l’imaginaire
chrétien, non sans une certaine fougue aux accents érotiques.

Moyen
âge : diabolisation de la sexualité, la lèpre
comme châtiment de pratiques sexuelles interdites
Le Moyen Age n’ajoutera rien à ces idées, tout
au plus assistera-t-on à un développement des outils
de contrôle. L’inquisition vise essentiellement à
traquer les dissidents, la liste des turpitudes sexuelles s’allonge
avec les accusations de sorcellerie et de fornications diverses et
variées, notamment avec les démons comme le souligne
Chantal Lapointe dans son essai sur la sorcellerie.
http://www.idee-k.com/historiart/sorciere.htm

L'enfer
ne suffit pas...!
Comme
l’enfer ne suffit pas toujours à contraindre les «
fornicateurs », un autre châtiment menace gravement leur
vie terrestre : la lèpre. La maladie est présentée
comme une conséquence de pratiques interdites : homosexualité,
sodomie, masturbation, copulation avec les démons.
Jacques Legoff explique : « …La maladie obsessionnelle
et culpabilisante, la maladie-hantise dont la peste prendra le relais
au milieu du 14e siècle, la lèpre reçoit son
origine dans la sexualité coupable - y compris celle des époux,
surtout, peut-être, celle des époux - et la macule de
la fornication commise dans la chair ressort à la surface du
corps. Et comme la chair transmet le péché originel,
les enfants paient la faute des parents. Ensuite, il y a cette fixation
de l'excès de dévergondage sexuel dans le monde des
« illettrés », des pauvres, des paysans. Dans ce
monde de guerriers, les vilains sont des quasi-animaux, jouets du
désir mauvais. »
Le Moyen Age, sans doute à tort considéré comme
une période d’obscurantisme et de répression serait
à l’origine d’un outil redoutable au service de
la chasteté : la fameuse ceinture. Plusieurs historiens, et
notamment Régine Pernoud, contestent cette version et ne retiennent
que l’aspect symbolique évoqué par les poètes
(Marie de France et Guillaume de Machaut).
http://www.tpe.com/~altarboy/note0704.htm

Les
« libertins baroques » , l’hédonisme, d’Erasme
à Michel Onfray
L’acharnement de l’Eglise
à vouloir imposer un tel carcan de restrictions est-il une
réponse à des mœurs sexuelles laxistes? Faut-il
y voir seulement un des aspects d’une quête effrénée
de pouvoir et d’expansion ?
Ce serait ignorer qu’en marge des discours officiels des pouvoirs
en place, des mouvements de contestation se sont développés.
Le philosophe hédoniste Michel Onfray, présente ainsi
« l’Archipel libertin baroque »: "libre, éclairé,
insolent, audacieux, rationnel et critique. Autant dire moderne et
précurseur. Des noms ? Pierre Gassendi, le chrétien
épicurien, Cyrano de Bergerac, le matérialiste hédoniste,
Saint-Évremond, le défenseur d’Épicure,
Fontenelle, le démonteur de la pensée magique, François
La Mothe Le Vayer, le catholique sceptique - pour ne parler que de
ceux-là. Preuve qu’il existe donc bien dans ce siècle
des pensées qui vont plus loin que l’habituel serinage
académique."
Au fil des siècles, différents équilibres s’observent,
aux vagues de relative tolérance, succèdent des phases
de répression. En outre, la morale sexuelle n’est pas
la même pour tous : hommes et femmes ne sont pas égaux
quand il s’agit de juger l’adultère, le viol, ou
le crime passionnel.
Actuellement, la chasteté refait surface, dans une sorte de
consensus idéologique et religieux, reprenant à son
compte, croyances et idées reçues émanant d’un
lointain passé soudainement remis au goût du jour 

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