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mise à jour le 4/12/07

 

Les religions monothéistes: un horizon dépassé?

Un article inédit de Laurent Perrin

Laurent Perrin, auteur du livre Vertige de l'Amour Complice, explique l'apparition des religions et décrit les bases des grands monothéismes. Les mythes semblent se répéter à travers les siècles sans vraiment apporter d'élément nouveau, les sources historiques sont très minces, voire inexistantes.

Les religions rassemblent des foules,et dictent la conduite des hommes et des femmes jusque dans les moindres détails, en échange de paroles qui rassurent et rendent les choses plus simples, mais pas nécessairement plus faciles...

Des instincts à la conscience

Apparition de l’humanité

Naissance, évolution et comparaison des religions

Le Judaïsme

Le christianisme

L'Islam

Un horizon dépassé?

Le répression sexuelle

La libération de la femme

Relire le mythe d'Adam et Eve

La philosophie humaniste

Le triple combat de l'Humanisme

 

Bibliographie

Les religions monothéistes : un horizon dépassé ?


Des instincts à la conscience
À l’aube de la nuit des temps, une certaine espèce de primate se détache de ses congénères pour se « dénaturer » et devenir des hommes. Ils sortent peu à peu des instincts qui régissent le monde animal pour entrer dans un système conscient et culturel.
À l’origine de cette dénaturation, les anthropologues pensent qu’il y a eu un changement climatique important qui transforma la forêt africaine en savane et obligea les primates à se réorganiser
Tout commence avec l’utilisation des premiers outils, puis la maîtrise du feu, la création progressive du langage, l’organisation de la chasse en groupe et l’organisation du groupe en société. Seul un animal possédant des mains était capable d’un tel exploit et les primates étaient tout désignés pour réaliser cette extraordinaire aventure qui les menait à devenir des êtres conscients.

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Apparition de l’humanité

Six millions d’années séparent ces premiers primates des hommes contemporains et seulement 100 000 ans nous séparent des premières sépultures attestant d’une activité spirituelle chez nos ancêtres.
Cette lente évolution n’était pas visible ( nous n’en aurons conscience que grâce à Darwin au XIX° siècle), il fallait donc bien trouver des explications aux grandes questions de la création du monde, à l’apparition de la conscience et surtout à la réglementation des rapports humains et sociaux.
En effet, les instincts sont des émotions qui permettent aux animaux de répondre aux trois besoins fondamentaux des vivants : se protéger, se nourrir et se reproduire. Bien que vivant en groupe, les primates résolvent ces problèmes de façon individuelle. Ils se protègent dans les arbres, sans défense commune en cas d’attaque, ils sont végétariens et se nourrissent de cueillette au jour le jour, sans faire de réserve ni de partage dans le groupe, enfin ils se battent entre mâles pour déterminer le mâle dominant qui aura le privilège de féconder les femelles.
La vie dans la savane obligea les primates à modifier leurs comportements instinctifs. Ils devinrent carnivores et apprirent à chasser en groupe et donc à se défendre en groupe, ils furent également obligés d’apprendre à partager la nourriture ainsi obtenue. Restait à résoudre le problème de la reproduction, car les combats entre mâles, maintenant armés de lances ou de couteaux, étaient devenus beaucoup trop dangereux pour la survie du groupe. Après le partage de la nourriture, ils appliquèrent le partage des femmes. Une femme pour chaque homme, comportement qui fut codifié très strictement à travers les âges par les religions et le contrat de mariage.

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Naissance, évolution et comparaison des religions
Pour répondre à toutes ces grandes questions existentielles, les hommes inventèrent des allégories et des récits symboliques plus ou moins extraordinaires dont les héros affrontaient ces problèmes et dont le dénouement dégageait une morale valable pour tout le groupe. Il y a plus de 5000 ans, l’invention de l’écriture a figé ces récits sous forme mythologique chez les Mésopotamiens, les Égyptiens, les Indiens, les chinois puis les Grecs pour les plus importants, car chaque tribu ou groupe social a ses propres récits mythologiques.
Ces textes religieux s’expriment par métaphores, ils forment l’horizon invisible sur lequel nous projetons nos concepts du réel. Ils sont constamment interprétés, voire réinterprétés, en fonction des évolutions, par le groupe afin d’en dégager la morale à laquelle nous devons nous conformer.
De tout temps, les chefs civils et religieux, avec un intérêt partagé, ont utilisé les croyances magiques ou religieuses pour asservir leur peuple avec des techniques de mieux en mieux rodées. La frustration engendrée par la répression sexuelle en est une des plus importante, mais également le sacrifice de sa personne à l’autorité religieuse qui, tel Jésus, nous fait entrer dans la peau du martyr récompensé par Dieu. Il fallait encore un moyen de pression efficace comme le sentiment du péché, de la faute et de la culpabilité avec la rédemption par notre soumission à la Loi. Les gouvernements comprirent vite l'intérêt d'un système qui visait à convaincre les masses populaires de supporter le poids des dictatures en promettant aux classes sociales insatisfaites une récompense après la mort si seulement elles avaient supporté avec humilité et résignation les injustices sociales.
Mais après plusieurs siècles d’évolution humaine, il arrive que ces mythes se trouvent complètement dépassés, ils sont alors remplacés par d’autres allégories contenant des paraboles plus vivantes et plus pertinentes. C’est ce qui s’est passé avec l’arrivé du monothéisme : aujourd’hui, plus personne ne prie pour Zeus ou Neptune et on ne s’agenouille plus devant Isis et Osiris.

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Le Judaïsme


De -640 à -609 avant JC, émerge le royaume de Juda (royaume israélite du sud) sous le roi Josias. C'est la naissance de l'Ancien Testament : les textes bibliques sont élaborés et deviennent l'instrument d'une religion nouvelle : un seul peuple (juif), un seul roi, un seul Dieu
Un appel puissant à l'unité du peuple juif pour faire face aux menaces des empires voisins. Ce sont des récits qui ont été cousus ensemble à partir des souvenirs, des débris d'anciennes coutumes, de légendes sur la naissance des différents peuples de la région et de préoccupations suscitées par les conflits contemporains. Un seul livre et une seule croyance qui peut se résumer ainsi :
La création par Dieu, du monde ; des premiers hommes Adam et Eve ; la destruction du monde par le déluge, notre punition en cas de désobéissance ; la reconstruction du monde divin, grâce la fuite d’Egypte où Dieu, en personne donne les tables de la Loi à Moïse ; et en cas de soumission absolue, l’arrivée du messie, sauveur de tous les hommes, notre récompense ultime.
Ces récits viennent de la nuit des temps et l’on y trouve des ressemblances avec d’autres récits Mésopotamiens et Égyptiens.
La première croyance en un dieu unique, le dieu soleil, apparaît en Egypte, sous le règne d’Akhenaton, en –1500 avant notre ère, ils inventèrent le baptême, la communion avec le pain et le vin, le sauveur (Kirios) qui ressuscite et transmet la vie éternelle aux hommes. Mais celui-ci n’arriva pas à imposer cette nouvelle religion, il est renversé et les adeptes du nouveau culte sont pourchassés.
Dans son livre « Moïse et le Monothéisme » Freud émet l’hypothèse qu’à cette époque, l’un des princes Égyptiens, Moïse, se soit enfui d’Egypte avec ses fidèles vers la Judée pour pratiquer librement ce culte du Dieu unique. Comme argument à cette hypothèse, il rappelle qu’à cette époque seule la royauté égyptienne pratiquait la circoncision. Elle était interdite au peuple et elle n’était pratiquée nulle part ailleurs dans le monde. Moïse aurait accordé à son peuple « élu » le privilège de la circoncision qui les reliait directement à Dieu.
On situe l’Exode de Moïse vers –1440 avant JC, à l'époque, les frontières égyptiennes étaient étroitement contrôlées, l'Égypte était au faîte de son pouvoir, pourtant nulle trace écrite des 600 000 familles (les 2/3 de la population de l'Égypte de l'époque) qui les auraient traversées ! Le papyrus Anastasi V rapporte que deux esclaves qui s'étaient enfuis furent recherchés. Et les Égyptiens, dont l'administration notait tout, n'auraient pas enregistré la fuite de plus d’un million de personnes ! La Bible affirme que le Pharaon et tous les siens ont péri en mer, mais aucun Pharaon n'a jamais péri en mer ! Enfin, le royaume d'Edom que Moïse et les siens auraient contourné n'existait tout simplement pas encore à cette époque ! En fait l'archéologie a prouvé que le récit de l'Exode a été écrit vers -630 et a été complètement inventé.
L'histoire des tablettes divines rapportées de la montagne a été empruntée au dieu babylonien Nemo, Les dix commandements au code babylonien d'Hammourabi. Aujourd’hui, les dix commandements donnés par Dieu peuvent être synthétisés en un seul : « Tu respecteras ton prochain ».
En -2371 avant JC, celui qui deviendra le grand roi mésopotamien Sargon 1er qui fonda le royaume d'Akkad est retrouvé à sa naissance abandonné dans un panier flottant sur l'Euphrate et sera élevé par le jardinier Akkis, puis sera l'échanson du roi Kis. Cette histoire sera reprise dans l'Ancien Testament pour Moïse. C'est une légende, comme les plaies Égypte, la mer qui s'ouvre et autres éléments tout à fait surnaturels.
Le Mythe de Noé a également quelques ressemblances avec d’autres récits :
Vers -3000 avant JC, un cataclysme est relaté par de nombreuses civilisations du bassin méditerranéen. Se pourrait-il que ce soit l'ouverture brutale du détroit de la Mer Noire ? Le mythe du déluge naît chez les Sumériens, repris par les Babyloniens : Dieu prévient Utnapishtim et lui conseille de construire un bateau pour sauver les sumériens et les animaux. Le Veda indien reprend le mythe, puis les Grecs et les juifs recopient cette légende dans le Bible.
Le paradis terrestre est décrit dans le poème « Enki et Ninhursag » où l'Eden hébraïque et le Dilmun sumérien ne font qu'un : mêmes fleuves, même endroit, même souffrance, même péché originel.

 

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Le christianisme


La vie de Jésus apparaît pour la première fois dans les écrits vers 130 de notre ère et dans les décennies qui suivent près d’une soixantaine de textes racontant la vie de Jésus seront écrit par différents auteurs. Il n’existe aucun écrit contemporain de Jésus. Les chroniqueurs, rédacteurs, historiographes du temps ne citent jamais ce nom, rien non plus dans les documents de l’administration Romaine. Philon n'a jamais rien écrit sur Jésus Christ dans aucun de ses ouvrages... Ni d'ailleurs aucun des contemporains, Valerius Maximus (-14 à 37), Pline L'Ancien (23 à 79), Silius Italicus (25 à 100), Perse (34 à 62), Sénèque (-4 à 65), Juvénal (65 à 128), Tacite (55 à 120) etc. .. Le seul historien de l'époque à avoir écrit sur Jésus de Nazareth (Flavius Josèphe) n'en consacre que dix lignes sur 30 volumes qui s'avéreront être un faux grossier. En 362, l'empereur Julien fait faire des recherches dans les archives de l'empire au sujet de la condamnation à la croix d'un certain Jésus en Palestine. Sans résultat.
Les manuscrits de la Mer Morte (-365 à 68) ne citent jamais Jésus de Nazareth. De même en 95, l'Apocalypse de Jean, texte hautement mystique, ne fait aucune référence à Jésus.

Cela paraît assez bizarre, compte tenu de la vie extraordinaire qu’il aurait eue et des miracles qu’il a accomplis, sans parler de sa résurrection devant des centaines, voire des milliers de personnes.


En l’an 70 de notre ère, les Romains attaquent et détruisent Jérusalem ainsi que le grand temple de Salomon dont le seul vestige aujourd’hui est le mur des lamentations. Les juifs sont chassés de leur terre et éparpillés à travers le monde. La religion est moribonde et il était sans doute temps que le messie arrive pour les sauver. Ce qui arrive 60 ans plus tard avec le premier évangile qui s’inspire d’autres récits existants dont le Sauveur est le héros. Puis à Rome vers 140, apparurent successivement plus de 70 autres évangiles. En 367, l'Eglise sélectionna et présenta comme véridiques seulement 4 évangiles : l'évangile de Matthieu, puis celui de Luc, de Marc, enfin l'évangile de Jean. Et ceci malgré les graves contradictions qu'ils présentaient, d'une part entre eux, d'autre part à l'intérieur de chacun de leur texte. L’église les harmonisa dans la mesure du possible.
Fabriquer une réalité « historique » au mythique Jésus-Christ à partir des récits et légendes en vogue à l'époque s'avère un puissant instrument de conversion et de prise du pouvoir que l'Église n'aura de cesse de perfectionner au cours des siècles. Il n’est plus besoin de croire, puisque l’on sait !
Ces textes « sacrés » ont pétri nos inconscients durant des millénaires, nous retrouvons leurs sources à travers une mythologie plus ancienne.

Trois légendes principales sont à la base de celle de Jésus :


La Légende de Krishna vers -1400 avant JC est sans doute la plus proche. Le culte de Krishna, huitième incarnation de Visnu : (Krishnaïsme) des Védas hindous donnera son nom à Jésus-Christ (Jezeus Krishna): Krishna est l’incarnation de l'amour. Le mot Krish veut dire attirant, ou incarnation de l'amour. Krishna est celui qui détruit le mal. Son épithète personnelle était, « le fils éternel », sa naissance était attendue par des sages, et des bergers, il se présenta avec de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Il fut persécuté par le tyran Kamsa qui ordonna le meurtre de milliers d'enfants en bas âge, il était de naissance royale. Il fut baptisé dans un fleuve (le Gange), effectua miracles et merveilles, ressuscita les morts et guéri les lépreux, les sourds et les aveugles. Il utilisait des paraboles pour enseigner au peuple la charité et l'amour. Il fut transfiguré devant ses disciples, ressuscita d'entre les morts et monta au ciel. Il était considéré comme « le rédempteur, le premier-né, le Libérateur, le Mot Universel ».
Jeune homme, Krishna persuade son beau-père et ses fidèles de ne plus vénérer le dieu Indra, divinité védique ancienne, manifestant orgueil et colère, mais en lieu et place, de faire puja à la colline Govardhana ; lois nouvelles et conformes à la Bhakti, et donc compassionnelles. Le dieu, irrité de ne plus être prié, déclencha un déluge, mais Krishna souleva la colline et dit aux habitants du village de se réfugier sous elle où ils seront à l'abri et où tous leurs besoins seront satisfaits.

Brahmâ, Vishnu/Shiva (une seule personne avec deux faces) et Shakti forment une triade : une trinité de trois divinités, (ou tri-mûrti) qui sont les trois éléments fondamentaux de l'Hindouisme comparable à la Trinité chrétienne.


Le culte de Mithra, Dieu-Soleil, bat son plein en Perse en -600 avant JC. Les prêtres célébraient l'office par le pain et le vin « Celui qui avale ma chair et avale mon sang demeure en moi et je demeure en lui ». Le prêtre de Mithra plaçait du miel sur la langue de l'adepte. Son culte comprend un repas et un baptême. Il est né d'une vierge le 25 décembre, il était considéré comme « la Voie, la Vérité et la Lumière ». Mais aussi comme « le Rédempteur, le Sauveur, le Messie ». Il était identifié à la fois au Lion et à l'Agneau. Son jour sacré était le dimanche, le « jour du Seigneur ». Il avait sa fête principale à la date qui allait ensuite devenir Pâques, correspondant à sa résurrection. Il avait 12 compagnons ou disciples. Il effectuait des miracles, il a été enterré dans un tombeau, et après trois jours, il s'est relevé. Sa résurrection était célébrée chaque année. Sa religion comportait une eucharistie ou « dîner du Seigneur ». Les paroles de la Cène sont empruntées à celle des sectateurs de Mithra.
Le culte de Mithra connut son apogée à Romme vers le troisième siècle de notre ère. Le mithraïsme était alors une religion concurrente du christianisme. Son culte était surtout très populaire dans les armées, ce qui engagea une rivalité farouche entre les croyants des deux religions, à tel point que l'Église dut faire de nombreuses concessions au culte païen de Mithra. On sait par exemple aujourd'hui que c'est parce que le culte de Mithra se situait aux alentours de l'actuel solstice d'hiver que l'on fête Noël le 25 décembre. Il semble que le rite principal de la religion Mithraïque ait été un banquet rituel, que l'on peut rapprocher d'une certaine manière de l'eucharistie du christianisme. Les aliments offerts durant le banquet étaient du pain et du vin, comme dans le rite chrétien. Les adeptes de Mithra louaient également le dimanche, jour du Soleil. Le mithraïsme était une religion de salut : le sacrifice de Mithra avait comme fin la rédemption du genre humain.
Le mithraïsme eut un rôle important dans le développement du Manichéisme, religion qui fut également en forte compétition avec le christianisme.

Le christianisme supplanta le mithraïsme pendant le IVe siècle, et devint la religion officielle de l'Empire avec Théodose (379-394).


Le Maître de justice
, en -65 avant JC, de la secte des Esséniens a douze disciples, il passe pour le Messie descendant de David. Il est persécuté, torturé et exécuté comme martyr de la foi et devait ressusciter. Il fonda une Église dont les fidèles attendent son retour.


On trouve encore dans d’autres légendes :
« Ce pain est mon corps »: une légende recopié d'Horus/Osiris et Dyonisos/Bacchus.. Il a ressuscité Lazarus (Lazare en français) : recopié mot à mot de la légende d'Osiris (El Azar'us), ici, les rédacteurs de la Bible n'ont même pas pris la peine de changer le nom. Il a marché sur l'eau : une histoire recopiée de la légende des disciples de Bouddha entrés en transe méditative pour traverser un fleuve. Il a multiplié les pains : recopié sur la légende de Bouddha qui a multiplié les petits gâteaux. Il est mort crucifié sur la croix : une légende recopiée sur Attis de Phrygie, Dyonisos/Bacchus. Au temps de Jésus, la crucifixion était strictement réservée aux citoyens romains. À cette époque on attachait les condamnés sur un patibulum posé sur deux Crux (fourches), le condamné était debout sur le sol. Les premières croix chrétiennes datent du Ve siècle.


Les auteurs des évangiles manquent d'imagination! Si l'on enlève au récit les emprunts à l'Ancien Testament, Krishna, Horus, Mithra, Bouddha et au Maître de justice, il ne reste à peu près rien de la rédaction des évangiles !
Pour masquer tous ces emprunts, de nombreux livres historiques ont été falsifiés au cours des siècles, d'autant plus facilement que l'imprimerie n'existait pas et l’on recopiait les livres un par un pour en faire des doubles, une tâche dévolue au clergé !
En 312, l'empereur Constantin prend le pouvoir, il se convertit et, grâce à son âme damnée Eusèbe de Césarée « Le faussaire » (qui inventa les 12 premiers papes), donne à l'Église chrétienne de nouvelles structures. Puis, progressivement seul le culte du Dieu chrétien est autorisé. Il fait détruire les œuvres païennes et hérétiques et finance la fabrication de nouveaux exemplaires de la Bible. Il donne aux gardiens du dogme l'occasion de réviser et corriger les textes : C'est à ce moment-là que la rédaction du Nouveau Testament est « définitive ». C'est aussi à ce moment-là que le faux de Flavius Josèphe, le seul témoignage non-chrétien de l'existence de Jésus de Nazareth, est (maladroitement) créé.

Vers le règne de l'obscurantisme...
La femme, relativement libre et émancipée sous l'empire romain verra progressivement son statut se transformer : L'Église considère, jusqu' au Concile de Trente en 1542, que les femmes n’ont pas d’âme, elles peuvent être battues, torturées, violées ou mises en esclavage.
En 529, fermeture de l'académie de Platon à Athènes. Le savoir antique, violemment critiqué par les Pères de l'Église tel Saint Augustin, disparaît des esprits. Un voile tombe sur les sciences
En 532, l'empereur Justinien fait fermer l'école de philosophie d'Athènes, considérée comme le dernier bastion du paganisme. Désormais, l'obscurantisme et l'ignorance règnent en maîtres dans tout le bassin méditerranéen.
Toutes ces découvertes historiques obligèrent l’église à prendre position : en 1520, le pape Léon X déclare « On sait de temps immémorial combien cette fable de Jésus-Christ a été profitable à nous et à nos proches. »
En 1548, le pape Paul III déclare « N'ayant pu découvrir aucune preuve de la réalité historique de Jésus-Christ de la légende chrétienne, j'étais dans l'obligation de conclure à un dieu solaire mythique de plus. »
En 1955, déclaration du pape Pie XII à un congrès International d'historiens qui s'est tenu à Rome : « La question de l'existence de Jésus relève de la foi et non de la science ! »

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L’islam


En 570 de notre ère arrive un nouveau prophète : Mahomet (Muhammad, le loué fils de l'esclave d'Allah). L'existence de Mahomet n'est pas certaine, elle a été énormément romancée et le Coran a été profondément remanié au cours des siècles (comme le montrent les manuscrits du VIIe siècle découverts en 1972 dans la mosquée Jama'a al Kabir à Sanaa au Yémen). Mahomet n'a laissé aucune trace écrite ou archéologique de son passage. De même, aucun élément historique attestant les divers épisodes de sa vie n'a pu être mis à jour jusqu'à présent. Le refus des musulmans de faire de l'histoire a permis l'émergence d'une image de Mahomet telle que la dépeignent les islamistes qui prêchent un retour à l'Islam pur qui n'a jamais existé ou qui croient vivre comme le prophète, un homme dont la vie est une succession de légendes.
C’etait un guerrier conquérant qui sera touché par une révélation mystique. Apparaît alors le Coran qui, dans la lignée de la Bible, donnera de nouvelles paraboles adaptées aux traditions orientales et qui se répandra rapidement.
Les musulmans reconnaissent Jésus en tant que prophète et non comme fils de Dieu. La répression sexuelle et la domination de la femme sont très poussées avec cette contradiction à peine croyable, mais qui fonctionne quand même, en cas de sacrifice total (mythe du Sauveur ou du Martyr), Dieu nous récompensera au ciel par tout ce qu’il nous a interdit sur terre, une infinité de plaisir charnel avec de jeunes femmes vierges ! La foi se dispense facilement de la logique.

On peut trouver de façon assez exhaustive l’ensemble de ces correspondances entre les récits mythologiques des différentes civilisations sur le site : http://www.bible.chez-alice.fr

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Les religions monothéistes : un horizon dépassé ?
Il est vrai que les religions ont servi de régulateur social en édictant une morale commune (qui dit tout et son contraire dans Bible). Mais cette morale, étant révélée par Dieu, ne peut pas évoluer ni s'affiner pour correspondre aux besoins des sociétés modernes. La Bible nous apparaît aujourd’hui comme une sorte de mosaïque de mythes et de légendes dont certaines valeurs morales sont encore d'actualité et d’autres devenues complètement obsolètes, voire incohérentes.
L'empire romain qui garantissait la liberté des cultes a vu l'essor d'une civilisation florissante. Les femmes romaines vivaient dans une liberté comparable aux femmes occidentales actuelles ce qui n'était pas si mal à l'époque. L'avènement du christianisme, a plongé l'occident dans l'obscurantisme pendant des siècles et la condition de vie du peuple a reculé d'une manière spectaculaire. La philosophie grecque inventrice de la logique et de la république fut complètement étouffée par les religions monothéistes.
Après deux mille ans, la raison refait timidement surface au siècle des lumières. Il faut attendre 1789, pour qu’en France, la révolution engendre la République laïque qui marque un tournant sanglant dans l'histoire. C’est le début du déclin de la religion et du catholicisme, l'essor des sciences et l'amélioration des conditions de vie du peuple.
Aujourd'hui, partout où la religion se développe, comme l'Islam au Moyen-Orient, en Indonésie et en Afrique, les guerres, le fondamentalisme et le terrorisme prolifèrent, le peuple replonge dans l'obscurantisme et la misère, et la femme sert d'esclave. Ainsi le développement de ces religions a toujours coïncidé, dans l'histoire, avec la détérioration des conditions de vie du peuple.
En 1859, Darwin publie, après de nombreux voyages et plusieurs années de réflexion, son texte sur l'origine des espèces : C'est le début de l'effondrement de la thèse créationniste.
En 1914, publication des livres du psychanalyste Sigmund Freud « Totem et tabou », « L'avenir d'une illusion » et de «Moïse et le monothéisme » : Toutes nos religions ne sont rien d'autres que le lointain aboutissement des rites, cérémonies et sacrifices cultuels par quoi des générations de fils ont tenté de se racheter en adorant l'ancêtre outragé. La religion est une névrose collective de l'humanité.

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La répression sexuelle

La répression sexuelle est un des principaux piliers de l'exploitation.

Les névroses et les tendances fascistes sont des conséquences de cette même répression sexuelle. C'est ce qui a été démontré par le psychanalyste Wilhelm Reich qui disait : « La suppression de l'activité sexuelle des enfants et des adolescents est le mécanisme de base qui produit les structures caractérielles adaptées à l'asservissement politique, idéologique, économique. La répression de la sexualité naturelle chez l'enfant, particulièrement de la génitalité, rend l'enfant appréhensif, timide, obéissant, craintif devant l'autorité, elle paralyse ses tendances rebelles, parce que la rébellion est associée avec l'angoisse ; elle provoque, en inhibant la curiosité sexuelle de l'enfant, un obscurcissement général de son sens critique et de ses facultés mentales. »

Ces individus, incapables de dissiper totalement leur énergie dans un orgasme pleinement réalisé, sont dits «impuissants orgastiques ». Ces blocages sont appelés « cuirasses caractérielles », ils se manifestent aussi bien sur le plan corporel, par des rigidités musculaires, que sur le plan psychique, par des traits de caractères névrotiques. Ne pouvant être totalement dissipée par le biais d'une activité sexuelle pleinement satisfaisante, l'énergie sexuelle est alors dissipée via des dérivatifs, notamment le mysticisme (« l'extase mystique » ou la recherche de la « Pureté ») ou des perversions sexuelles (la propension à se complaire dans des blagues salaces est un symptôme d'impuissance orgastique) ou sadiques.


Ces couches névrotiques sont le siège de sentiments de frustration, de violence, de peur et de rejet de l'autre, de croyances irrationnelles. Par-dessus, on trouve un vernis de sociabilité qui permet à l'individu de vivre en société. Toutefois lorsque ce vernis craque, en situation de crise, ce sont les pulsions sous-jacentes qui s'expriment. Ainsi, par exemple, en temps de guerre assiste-t-on à des meurtres, viols et pillages généralisés. Cette répression favorise la soumission, la manipulation et l'exploitation de ces individus.


Aujourd’hui, la répression sexuelle sévit toujours, commandée par des morales plus ou moins rigides, répression dont les femmes sont les premières victimes. Dans les pays riches, la libéralisation des mœurs s'exprime surtout par un déluge d'images de femmes nues et des discours empreints d'un hédonisme compatible avec l'ordre social. Mais la persistance de la violence, tant dans les pratiques que dans les fantasmes, montre que si les sociétés modernes ont parfois fait reculer un peu la misère sociale, la misère sexuelle reste la chose la mieux partagée.

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La libération de la femme.
En occident, un événement considérable est venu porter un coup presque fatal aux religions : la libération de la femme.
Jusque-là, l'Église catholique considérait la femme comme un objet d’échange servant à la reproduction qu’il fallait confiner sévèrement pour éviter aux hommes la contagion du péché originel et du péché de chair. La fin du Moyen Age, la perte relative de l'influence de l'Église et la montée de l'amour courtois ont conduit l'église à admettre la femme et son âme mortelle.
Certains croyants tentent désespérément de réinterpréter certains mythes religieux pour les revitaliser en regard de cette nouvelle forme de civilisation apparue au XIX siècle.

 

Relire le mythe d'Adam et Eve


Je voudrais, pour ma part, tenter de réinterpréter le mythe d’Adam et Eve d’une autre façon :
Adam et Ève (les humains) vivaient au paradis terrestre, la nourriture était abondante, ils vivaient nus en toute innocence, ils étaient heureux. Puis, un jour, Eve a convaincu son compagnon Adam de manger le fruit de l’arbre de la connaissance, et ont été chassés du paradis par Dieu, qui leur a également interdit de manger à l’arbre de l’immortalité.
Presque 2000 ans avant la rédaction de l'Ancien Testament, on trouve dans des légendes sumériennes recopiées à l'identique dans la Bible :
« L'origine du mal dépend de la première femme qui, induite par un serpent à désobéir au dieu créateur, convainc son compagnon de manger le fruit de l'arbre interdit. »
On peut interpréter ce récit de la façon suivante : les animaux humains vivaient tranquillement grâce à la cueillette de fruits et de racines. Comme tous les animaux, ils vivaient nus et n’avaient pas de conscience, tous leurs comportements étaient guidés par l’inconscient et les instincts. Ils faisaient partie du Tout, en communion avec la nature.
Puis, pour des raisons sans doute liées à leurs activités, les femmes inventèrent peut-être l’élevage ou l’agriculture (Eve croque au fruit de la connaissance).
Les humains prennent soudain conscience de leur pouvoir sur la nature (sur Dieu). Ils sont alors chassés du paradis car la conscience (ou l’arbre de la connaissance) les met en décalage par rapport à la nature. Ils ne font plus partie du Tout, mais ils l’observent et tentent de le comprendre.
Ce serait donc grâce aux femmes que les humains sont peu à peu sortis de leur condition animale, dans laquelle ils vivaient nus, en toute « innocence » (ou méconnaissance) et de leur soumission à Dieu. On peut imaginer que, pour récupérer leur autorité, les hommes aient fait de cet événement un péché capital déclenchant la colère de Dieu, qui culpabilise la femme et la maintient sous la domination masculine.
Réinterprété de cette façon, ce mythe pourrait servir d’étendard au mouvement de libération de la femme.
Grâce aux formidables avancées de la médecine voilà que l’homme se dirige à grands pas vers l’arbre de l’immortalité, Dieu le lui a interdit, mais il désobéira sans doute encore, pour laisser son esprit atteindre une maturité et une liberté totale. Si une femme vous tend un jour une pomme, ayez confiance et croquez-la ! Il ne faut pas expliquer l’homme en partant de Dieu, mais expliquer Dieu en partant de l’homme.

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La philosophie humaniste
Contrairement à la morale religieuse qui se donne comme objectif la soumission à la loi divine, la morale humaniste met l’homme et son bien-être au centre de sa réflexion éthique. C’est une théorie qui prend pour fin la personne humaine et son épanouissement. Le philosophe grec Protagoras (5ème siècle avant J.-C.) la définit de façon plus succincte : « L'homme est la mesure de toutes choses ».
Après le XVIème siècle, l'invention de l'imprimerie, le développement définitif des villes, la création massive d'universités contribuèrent à une diffusion accélérée de cette (re)découverte des grands Anciens.
« On ne peut rien voir de plus admirable dans le monde que l'homme » disait Pic de la Mirandole en 1486. L'esprit humaniste est donc le grand introducteur de cette conception moderne de l'Humanité : l'homme, digne de ce nom, est celui qui a pour essence la culture.

 


Le triple combat de l'Humanisme


L'éducation
Dans sa volonté de réaliser un modèle humain, l'humaniste porte un souci particulier à la formation de l'enfant d'où les nombreux traités de pédagogie. Les humanistes prônent une éducation libérale caractérisée par le respect de la personnalité de l'enfant, le savant dosage entre effort intellectuel et jeu, la pratique des auteurs anciens, un dialogue fécond entre le maître et l'élève.
La religion
La redécouverte des valeurs morales encloses dans la littérature gréco-latine et l'affirmation d'une liberté de l'homme par la pensée ont souvent engendré des conflits avec l'Eglise attachée à la Tradition ou au ritualisme. En effet, l'humaniste pousse à une indépendance d'esprit, un libre examen des textes religieux qui sont vite perçus comme subversifs. Ainsi, l'imprimeur humaniste Dolet sera brûlé comme hérétique et athée à Paris en 1546.
La politique
Caractérisée par l'amour du peuple, le pacifisme et la volonté d'équilibre entre les pouvoirs, la pensée humaniste est également amenée à tenter d'influer sur les décisions politiques. Les humanistes les plus éminents font toujours passer les intérêts moraux et permanents avant les intérêts politiques (matériels et temporels).
Le XIXe siècle positiviste expliquait par l'entremise d'A. Comte qu'il s'agissait de substituer une « religion de l'homme » à la religion de Dieu.
La philosophie, basée sur la raison, ne peut pas nous promettre une vie après la mort, ni une justice divine pour l'éternité, ni des miracles de toutes sortes. Mais pour évoluer, l'homme ne doit-il pas devenir adulte, libre et responsable en cessant de se soumettre à une Loi divine inventée par les hommes ? La connaissance de nos origines ne doit pas nous servir à les perpétuer sans cesse, mais nous permettre d’évoluer vers ce que nous souhaitons devenir : être l’acteur de notre propre vie et non l’esclave du passé.
La spiritualité humaniste basée sur les sciences humaines et les droits de l’homme, assurant à l’homme une évolution harmonieuse, pourrait remplacer ou englober les religions (la laïcité) pour unir l’ensemble de l’humanité selon un comportement de base acceptable par tous. Il nous reste à en inventer les rituels sociaux qui soutiendront ce lien émotionnel de fraternité pour l’ensemble de l’humanité.

 

Laurent Perrin - Essayiste
www.amourcomplice.com

 

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