Les religions monothéistes
: un horizon dépassé ?
Des instincts à la conscience
À l’aube de la nuit des temps, une certaine espèce
de primate se détache de ses congénères pour
se « dénaturer » et devenir des hommes. Ils sortent
peu à peu des instincts qui régissent le monde animal
pour entrer dans un système conscient et culturel.
À l’origine de cette dénaturation, les anthropologues
pensent qu’il y a eu un changement climatique important qui
transforma la forêt africaine en savane et obligea les primates
à se réorganiser
Tout commence avec l’utilisation des premiers outils, puis la
maîtrise du feu, la création progressive du langage,
l’organisation de la chasse en groupe et l’organisation
du groupe en société. Seul un animal possédant
des mains était capable d’un tel exploit et les primates
étaient tout désignés pour réaliser cette
extraordinaire aventure qui les menait à devenir des êtres
conscients.
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Apparition de l’humanité
Six millions d’années séparent ces premiers primates
des hommes contemporains et seulement 100 000 ans nous séparent
des premières sépultures attestant d’une activité
spirituelle chez nos ancêtres.
Cette lente évolution n’était pas visible ( nous
n’en aurons conscience que grâce à Darwin au XIX°
siècle), il fallait donc bien trouver des explications aux
grandes questions de la création du monde, à l’apparition
de la conscience et surtout à la réglementation des
rapports humains et sociaux.
En effet, les instincts sont des émotions qui permettent aux
animaux de répondre aux trois besoins fondamentaux des vivants
: se protéger, se nourrir et se reproduire. Bien que vivant
en groupe, les primates résolvent ces problèmes de façon
individuelle. Ils se protègent dans les arbres, sans défense
commune en cas d’attaque, ils sont végétariens
et se nourrissent de cueillette au jour le jour, sans faire de réserve
ni de partage dans le groupe, enfin ils se battent entre mâles
pour déterminer le mâle dominant qui aura le privilège
de féconder les femelles.
La vie dans la savane obligea les primates à modifier leurs
comportements instinctifs. Ils devinrent carnivores et apprirent à
chasser en groupe et donc à se défendre en groupe, ils
furent également obligés d’apprendre à
partager la nourriture ainsi obtenue. Restait à résoudre
le problème de la reproduction, car les combats entre mâles,
maintenant armés de lances ou de couteaux, étaient devenus
beaucoup trop dangereux pour la survie du groupe. Après le
partage de la nourriture, ils appliquèrent le partage des femmes.
Une femme pour chaque homme, comportement qui fut codifié très
strictement à travers les âges par les religions et le
contrat de mariage.
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Naissance, évolution et comparaison des religions
Pour répondre à toutes ces grandes questions existentielles,
les hommes inventèrent des allégories et des récits
symboliques plus ou moins extraordinaires dont les héros affrontaient
ces problèmes et dont le dénouement dégageait
une morale valable pour tout le groupe. Il y a plus de 5000 ans, l’invention
de l’écriture a figé ces récits sous forme
mythologique chez les Mésopotamiens, les Égyptiens,
les Indiens, les chinois puis les Grecs pour les plus importants,
car chaque tribu ou groupe social a ses propres récits mythologiques.
Ces textes religieux s’expriment par métaphores, ils
forment l’horizon invisible sur lequel nous projetons nos concepts
du réel. Ils sont constamment interprétés, voire
réinterprétés, en fonction des évolutions,
par le groupe afin d’en dégager la morale à laquelle
nous devons nous conformer.
De tout temps, les chefs civils et religieux, avec un intérêt
partagé, ont utilisé les croyances magiques ou religieuses
pour asservir leur peuple avec des techniques de mieux en mieux rodées.
La frustration engendrée par la répression sexuelle
en est une des plus importante, mais également le sacrifice
de sa personne à l’autorité religieuse qui, tel
Jésus, nous fait entrer dans la peau du martyr récompensé
par Dieu. Il fallait encore un moyen de pression efficace comme le
sentiment du péché, de la faute et de la culpabilité
avec la rédemption par notre soumission à la Loi. Les
gouvernements comprirent vite l'intérêt d'un système
qui visait à convaincre les masses populaires de supporter
le poids des dictatures en promettant aux classes sociales insatisfaites
une récompense après la mort si seulement elles avaient
supporté avec humilité et résignation les injustices
sociales.
Mais après plusieurs siècles d’évolution
humaine, il arrive que ces mythes se trouvent complètement
dépassés, ils sont alors remplacés par d’autres
allégories contenant des paraboles plus vivantes et plus pertinentes.
C’est ce qui s’est passé avec l’arrivé
du monothéisme : aujourd’hui, plus personne ne prie pour
Zeus ou Neptune et on ne s’agenouille plus devant Isis et Osiris.
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Le Judaïsme

De -640 à -609 avant JC, émerge le royaume de Juda (royaume
israélite du sud) sous le roi Josias. C'est la naissance de
l'Ancien Testament : les textes bibliques sont élaborés
et deviennent l'instrument d'une religion nouvelle : un seul peuple
(juif), un seul roi, un seul Dieu
Un appel puissant à l'unité du peuple juif pour faire
face aux menaces des empires voisins. Ce sont des récits qui
ont été cousus ensemble à partir des souvenirs,
des débris d'anciennes coutumes, de légendes sur la
naissance des différents peuples de la région et de
préoccupations suscitées par les conflits contemporains.
Un seul livre et une seule croyance qui peut se résumer ainsi
:
La création par Dieu, du monde ; des premiers hommes Adam et
Eve ; la destruction du monde par le déluge, notre punition
en cas de désobéissance ; la reconstruction du monde
divin, grâce la fuite d’Egypte où Dieu, en personne
donne les tables de la Loi à Moïse ; et en cas de soumission
absolue, l’arrivée du messie, sauveur de tous les hommes,
notre récompense ultime.
Ces récits viennent de la nuit des temps et l’on y trouve
des ressemblances avec d’autres récits Mésopotamiens
et Égyptiens.
La première croyance en un dieu unique, le dieu soleil, apparaît
en Egypte, sous le règne d’Akhenaton, en –1500
avant notre ère, ils inventèrent le baptême, la
communion avec le pain et le vin, le sauveur (Kirios) qui ressuscite
et transmet la vie éternelle aux hommes. Mais celui-ci n’arriva
pas à imposer cette nouvelle religion, il est renversé
et les adeptes du nouveau culte sont pourchassés.
Dans son livre « Moïse et le Monothéisme »
Freud émet l’hypothèse qu’à cette
époque, l’un des princes Égyptiens, Moïse,
se soit enfui d’Egypte avec ses fidèles vers la Judée
pour pratiquer librement ce culte du Dieu unique. Comme argument à
cette hypothèse, il rappelle qu’à cette époque
seule la royauté égyptienne pratiquait la circoncision.
Elle était interdite au peuple et elle n’était
pratiquée nulle part ailleurs dans le monde. Moïse aurait
accordé à son peuple « élu » le privilège
de la circoncision qui les reliait directement à Dieu.
On situe l’Exode de Moïse vers –1440 avant JC, à
l'époque, les frontières égyptiennes étaient
étroitement contrôlées, l'Égypte était
au faîte de son pouvoir, pourtant nulle trace écrite
des 600 000 familles (les 2/3 de la population de l'Égypte
de l'époque) qui les auraient traversées ! Le papyrus
Anastasi V rapporte que deux esclaves qui s'étaient enfuis
furent recherchés. Et les Égyptiens, dont l'administration
notait tout, n'auraient pas enregistré la fuite de plus d’un
million de personnes ! La Bible affirme que le Pharaon et tous les
siens ont péri en mer, mais aucun Pharaon n'a jamais péri
en mer ! Enfin, le royaume d'Edom que Moïse et les siens auraient
contourné n'existait tout simplement pas encore à cette
époque ! En fait l'archéologie a prouvé que le
récit de l'Exode a été écrit vers -630
et a été complètement inventé.
L'histoire des tablettes divines rapportées de la montagne
a été empruntée au dieu babylonien Nemo, Les
dix commandements au code babylonien d'Hammourabi. Aujourd’hui,
les dix commandements donnés par Dieu peuvent être synthétisés
en un seul : « Tu respecteras ton prochain ».
En -2371 avant JC, celui qui deviendra le grand roi mésopotamien
Sargon 1er qui fonda le royaume d'Akkad est retrouvé à
sa naissance abandonné dans un panier flottant sur l'Euphrate
et sera élevé par le jardinier Akkis, puis sera l'échanson
du roi Kis. Cette histoire sera reprise dans l'Ancien Testament pour
Moïse. C'est une légende, comme les plaies Égypte,
la mer qui s'ouvre et autres éléments tout à
fait surnaturels.
Le Mythe de Noé a également quelques ressemblances avec
d’autres récits :
Vers -3000 avant JC, un cataclysme est relaté par de nombreuses
civilisations du bassin méditerranéen. Se pourrait-il
que ce soit l'ouverture brutale du détroit de la Mer Noire
? Le mythe du déluge naît chez les Sumériens,
repris par les Babyloniens : Dieu prévient Utnapishtim et lui
conseille de construire un bateau pour sauver les sumériens
et les animaux. Le Veda indien reprend le mythe, puis les Grecs et
les juifs recopient cette légende dans le Bible.
Le paradis terrestre est décrit dans le poème «
Enki et Ninhursag » où l'Eden hébraïque et
le Dilmun sumérien ne font qu'un : mêmes fleuves, même
endroit, même souffrance, même péché originel.
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Le christianisme

La vie de Jésus apparaît pour la première fois
dans les écrits vers 130 de notre ère et dans les décennies
qui suivent près d’une soixantaine de textes racontant
la vie de Jésus seront écrit par différents auteurs.
Il n’existe aucun écrit contemporain de Jésus.
Les chroniqueurs, rédacteurs, historiographes du temps ne citent
jamais ce nom, rien non plus dans les documents de l’administration
Romaine. Philon n'a jamais rien écrit sur Jésus Christ
dans aucun de ses ouvrages... Ni d'ailleurs aucun des contemporains,
Valerius Maximus (-14 à 37), Pline L'Ancien (23 à 79),
Silius Italicus (25 à 100), Perse (34 à 62), Sénèque
(-4 à 65), Juvénal (65 à 128), Tacite (55 à
120) etc. .. Le seul historien de l'époque à avoir écrit
sur Jésus de Nazareth (Flavius Josèphe) n'en consacre
que dix lignes sur 30 volumes qui s'avéreront être un
faux grossier. En 362, l'empereur Julien fait faire des recherches
dans les archives de l'empire au sujet de la condamnation à
la croix d'un certain Jésus en Palestine. Sans résultat.
Les manuscrits de la Mer Morte (-365 à 68) ne citent
jamais Jésus de Nazareth. De même en 95, l'Apocalypse
de Jean, texte hautement mystique, ne fait aucune référence
à Jésus.
Cela paraît assez bizarre,
compte tenu de la vie extraordinaire qu’il aurait eue et des
miracles qu’il a accomplis, sans parler de sa résurrection
devant des centaines, voire des milliers de personnes.
En l’an 70 de notre ère, les Romains attaquent
et détruisent Jérusalem ainsi que le grand
temple de Salomon dont le seul vestige aujourd’hui est le mur
des lamentations. Les juifs sont chassés de leur terre et éparpillés
à travers le monde. La religion est moribonde et il était
sans doute temps que le messie arrive pour les sauver. Ce qui arrive
60 ans plus tard avec le premier évangile qui s’inspire
d’autres récits existants dont le Sauveur est le héros.
Puis à Rome vers 140, apparurent successivement plus de 70
autres évangiles. En 367, l'Eglise sélectionna et présenta
comme véridiques seulement 4 évangiles : l'évangile
de Matthieu, puis celui de Luc, de Marc, enfin l'évangile de
Jean. Et ceci malgré les graves contradictions qu'ils présentaient,
d'une part entre eux, d'autre part à l'intérieur de
chacun de leur texte. L’église les harmonisa dans la
mesure du possible.
Fabriquer une réalité « historique » au
mythique Jésus-Christ à partir des récits et
légendes en vogue à l'époque s'avère un
puissant instrument de conversion et de prise du pouvoir que l'Église
n'aura de cesse de perfectionner au cours des siècles. Il n’est
plus besoin de croire, puisque l’on sait !
Ces textes « sacrés » ont pétri nos inconscients
durant des millénaires, nous retrouvons leurs sources à
travers une mythologie plus ancienne.
Trois légendes principales
sont à la base de celle de Jésus :
La Légende de Krishna
vers -1400 avant JC est sans doute la plus proche. Le culte de Krishna,
huitième incarnation de Visnu : (Krishnaïsme) des Védas
hindous donnera son nom à Jésus-Christ (Jezeus Krishna):
Krishna est l’incarnation de l'amour. Le mot Krish veut dire
attirant, ou incarnation de l'amour. Krishna est celui qui détruit
le mal. Son épithète personnelle était, «
le fils éternel », sa naissance était attendue
par des sages, et des bergers, il se présenta avec de l'or,
de l'encens et de la myrrhe.
Il fut persécuté par le tyran Kamsa qui ordonna le meurtre
de milliers d'enfants en bas âge, il était de naissance
royale. Il fut baptisé dans un fleuve (le Gange), effectua
miracles et merveilles, ressuscita les morts et guéri les lépreux,
les sourds et les aveugles. Il utilisait des paraboles pour enseigner
au peuple la charité et l'amour. Il fut transfiguré
devant ses disciples, ressuscita d'entre les morts et monta au ciel.
Il était considéré comme « le rédempteur,
le premier-né, le Libérateur, le Mot Universel ».
Jeune homme, Krishna persuade son beau-père et ses fidèles
de ne plus vénérer le dieu Indra, divinité védique
ancienne, manifestant orgueil et colère, mais en lieu et place,
de faire puja à la colline Govardhana ; lois nouvelles et conformes
à la Bhakti, et donc compassionnelles. Le dieu, irrité
de ne plus être prié, déclencha un déluge,
mais Krishna souleva la colline et dit aux habitants du village de
se réfugier sous elle où ils seront à l'abri
et où tous leurs besoins seront satisfaits.
Brahmâ, Vishnu/Shiva (une seule personne avec deux faces) et
Shakti forment une triade : une trinité de trois divinités,
(ou tri-mûrti) qui sont les trois éléments fondamentaux
de l'Hindouisme comparable à la Trinité chrétienne.
Le culte de Mithra,
Dieu-Soleil, bat son plein en Perse en -600 avant JC. Les prêtres
célébraient l'office par le pain et le vin « Celui
qui avale ma chair et avale mon sang demeure en moi et je demeure
en lui ». Le prêtre de Mithra plaçait du miel sur
la langue de l'adepte. Son culte comprend un repas et un baptême.
Il est né d'une vierge le 25 décembre, il était
considéré comme « la Voie, la Vérité
et la Lumière ». Mais aussi comme « le Rédempteur,
le Sauveur, le Messie ». Il était identifié à
la fois au Lion et à l'Agneau. Son jour sacré était
le dimanche, le « jour du Seigneur ». Il avait sa fête
principale à la date qui allait ensuite devenir Pâques,
correspondant à sa résurrection. Il avait 12 compagnons
ou disciples. Il effectuait des miracles, il a été enterré
dans un tombeau, et après trois jours, il s'est relevé.
Sa résurrection était célébrée
chaque année. Sa religion comportait une eucharistie ou «
dîner du Seigneur ». Les paroles de la Cène sont
empruntées à celle des sectateurs de Mithra.
Le culte de Mithra connut son apogée à Romme vers le
troisième siècle de notre ère. Le mithraïsme
était alors une religion concurrente du christianisme. Son
culte était surtout très populaire dans les armées,
ce qui engagea une rivalité farouche entre les croyants des
deux religions, à tel point que l'Église dut faire de
nombreuses concessions au culte païen de Mithra. On sait par
exemple aujourd'hui que c'est parce que le culte de Mithra se situait
aux alentours de l'actuel solstice d'hiver que l'on fête Noël
le 25 décembre. Il semble que le rite principal de la religion
Mithraïque ait été un banquet rituel, que l'on
peut rapprocher d'une certaine manière de l'eucharistie du
christianisme. Les aliments offerts durant le banquet étaient
du pain et du vin, comme dans le rite chrétien. Les adeptes
de Mithra louaient également le dimanche, jour du Soleil. Le
mithraïsme était une religion de salut : le sacrifice
de Mithra avait comme fin la rédemption du genre humain.
Le mithraïsme eut un rôle important dans le développement
du Manichéisme, religion qui fut également en forte
compétition avec le christianisme.
Le christianisme supplanta le mithraïsme
pendant le IVe siècle, et devint la religion officielle de
l'Empire avec Théodose (379-394).
Le Maître de justice,
en -65 avant JC, de la secte des Esséniens a douze disciples,
il passe pour le Messie descendant de David. Il est persécuté,
torturé et exécuté comme martyr de la foi et
devait ressusciter. Il fonda une Église dont les fidèles
attendent son retour.
On trouve encore dans d’autres légendes :
« Ce pain est mon corps »: une légende recopié
d'Horus/Osiris et Dyonisos/Bacchus.. Il a ressuscité Lazarus
(Lazare en français) : recopié mot à mot de la
légende d'Osiris (El Azar'us), ici, les rédacteurs de
la Bible n'ont même pas pris la peine de changer le nom. Il
a marché sur l'eau : une histoire recopiée de la légende
des disciples de Bouddha entrés en transe méditative
pour traverser un fleuve. Il a multiplié les pains : recopié
sur la légende de Bouddha qui a multiplié les petits
gâteaux. Il est mort crucifié sur la croix : une légende
recopiée sur Attis de Phrygie, Dyonisos/Bacchus. Au temps de
Jésus, la crucifixion était strictement réservée
aux citoyens romains. À cette époque on attachait les
condamnés sur un patibulum posé sur deux Crux (fourches),
le condamné était debout sur le sol. Les premières
croix chrétiennes datent du Ve siècle.
Les auteurs des évangiles manquent d'imagination!
Si l'on enlève au récit les emprunts à l'Ancien
Testament, Krishna, Horus, Mithra, Bouddha et au Maître de justice,
il ne reste à peu près rien de la rédaction des
évangiles !
Pour masquer tous ces emprunts, de nombreux livres historiques ont
été falsifiés au cours des siècles, d'autant
plus facilement que l'imprimerie n'existait pas et l’on recopiait
les livres un par un pour en faire des doubles, une tâche dévolue
au clergé !
En 312, l'empereur Constantin prend le pouvoir, il se convertit et,
grâce à son âme damnée Eusèbe de
Césarée « Le faussaire » (qui inventa les
12 premiers papes), donne à l'Église chrétienne
de nouvelles structures. Puis, progressivement seul le culte du Dieu
chrétien est autorisé. Il fait détruire les œuvres
païennes et hérétiques et finance la fabrication
de nouveaux exemplaires de la Bible. Il donne aux gardiens du dogme
l'occasion de réviser et corriger les textes : C'est à
ce moment-là que la rédaction du Nouveau Testament est
« définitive ». C'est aussi à ce moment-là
que le faux de Flavius Josèphe, le seul témoignage non-chrétien
de l'existence de Jésus de Nazareth, est (maladroitement) créé.
Vers le règne de l'obscurantisme...
La femme, relativement libre et émancipée sous l'empire
romain verra progressivement son statut se transformer : L'Église
considère, jusqu' au Concile de Trente en 1542, que les femmes
n’ont pas d’âme, elles peuvent être battues,
torturées, violées ou mises en esclavage.
En 529, fermeture de l'académie de Platon à Athènes.
Le savoir antique, violemment critiqué par les Pères
de l'Église tel Saint Augustin, disparaît des esprits.
Un voile tombe sur les sciences
En 532, l'empereur Justinien fait fermer l'école de philosophie
d'Athènes, considérée comme le dernier bastion
du paganisme. Désormais, l'obscurantisme et l'ignorance règnent
en maîtres dans tout le bassin méditerranéen.
Toutes ces découvertes historiques obligèrent l’église
à prendre position : en 1520, le pape Léon X déclare
« On sait de temps immémorial combien cette fable de
Jésus-Christ a été profitable à nous et
à nos proches. »
En 1548, le pape Paul III déclare « N'ayant pu découvrir
aucune preuve de la réalité historique de Jésus-Christ
de la légende chrétienne, j'étais dans l'obligation
de conclure à un dieu solaire mythique de plus. »
En 1955, déclaration du pape Pie XII à un congrès
International d'historiens qui s'est tenu à Rome : «
La question de l'existence de Jésus relève de la foi
et non de la science ! »
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L’islam

En 570 de notre ère arrive un nouveau prophète : Mahomet
(Muhammad, le loué fils de l'esclave d'Allah). L'existence
de Mahomet n'est pas certaine, elle a été énormément
romancée et le Coran a été profondément
remanié au cours des siècles (comme le montrent les
manuscrits du VIIe siècle découverts en 1972 dans la
mosquée Jama'a al Kabir à Sanaa au Yémen). Mahomet
n'a laissé aucune trace écrite ou archéologique
de son passage. De même, aucun élément historique
attestant les divers épisodes de sa vie n'a pu être mis
à jour jusqu'à présent. Le refus des musulmans
de faire de l'histoire a permis l'émergence d'une image de
Mahomet telle que la dépeignent les islamistes qui prêchent
un retour à l'Islam pur qui n'a jamais existé ou qui
croient vivre comme le prophète, un homme dont la vie est une
succession de légendes.
C’etait un guerrier conquérant qui sera touché
par une révélation mystique. Apparaît alors le
Coran qui, dans la lignée de la Bible, donnera de nouvelles
paraboles adaptées aux traditions orientales et qui se répandra
rapidement.
Les musulmans reconnaissent Jésus en tant que prophète
et non comme fils de Dieu. La répression sexuelle et la domination
de la femme sont très poussées avec cette contradiction
à peine croyable, mais qui fonctionne quand même, en
cas de sacrifice total (mythe du Sauveur ou du Martyr), Dieu nous
récompensera au ciel par tout ce qu’il nous a interdit
sur terre, une infinité de plaisir charnel avec de jeunes femmes
vierges ! La foi se dispense facilement de la logique.
On
peut trouver de façon assez exhaustive l’ensemble de
ces correspondances entre les récits mythologiques des différentes
civilisations sur le site : http://www.bible.chez-alice.fr
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Les religions monothéistes
: un horizon dépassé ?
Il est vrai que les religions ont servi de régulateur social
en édictant une morale commune (qui dit tout et son contraire
dans Bible). Mais cette morale, étant révélée
par Dieu, ne peut pas évoluer ni s'affiner pour correspondre
aux besoins des sociétés modernes. La Bible nous apparaît
aujourd’hui comme une sorte de mosaïque de mythes et de
légendes dont certaines valeurs morales sont encore d'actualité
et d’autres devenues complètement obsolètes, voire
incohérentes.
L'empire romain qui garantissait la liberté des cultes a vu
l'essor d'une civilisation florissante. Les femmes romaines vivaient
dans une liberté comparable aux femmes occidentales actuelles
ce qui n'était pas si mal à l'époque. L'avènement
du christianisme, a plongé l'occident dans l'obscurantisme
pendant des siècles et la condition de vie du peuple a reculé
d'une manière spectaculaire. La philosophie grecque inventrice
de la logique et de la république fut complètement étouffée
par les religions monothéistes.
Après deux mille ans, la raison refait timidement
surface au siècle des lumières. Il faut attendre
1789, pour qu’en France, la révolution engendre la République
laïque qui marque un tournant sanglant dans l'histoire. C’est
le début du déclin de la religion et du catholicisme,
l'essor des sciences et l'amélioration des conditions de vie
du peuple.
Aujourd'hui, partout où la religion se développe, comme
l'Islam au Moyen-Orient, en Indonésie et en Afrique, les guerres,
le fondamentalisme et le terrorisme prolifèrent, le peuple
replonge dans l'obscurantisme et la misère, et la femme sert
d'esclave. Ainsi le développement de ces religions a toujours
coïncidé, dans l'histoire, avec la détérioration
des conditions de vie du peuple.
En 1859, Darwin publie, après de nombreux
voyages et plusieurs années de réflexion, son texte
sur l'origine des espèces : C'est le début de l'effondrement
de la thèse créationniste.
En 1914, publication des livres du psychanalyste Sigmund Freud «
Totem et tabou », « L'avenir d'une illusion » et
de «Moïse et le monothéisme » : Toutes nos
religions ne sont rien d'autres que le lointain aboutissement des
rites, cérémonies et sacrifices cultuels par quoi des
générations de fils ont tenté de se racheter
en adorant l'ancêtre outragé. La religion est une névrose
collective de l'humanité.
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La répression sexuelle
La répression sexuelle est un des principaux
piliers de l'exploitation.
Les névroses et les tendances
fascistes sont des conséquences de cette même répression
sexuelle. C'est ce qui a été démontré
par le psychanalyste Wilhelm
Reich qui disait : « La suppression de l'activité
sexuelle des enfants et des adolescents est le mécanisme de
base qui produit les structures caractérielles adaptées
à l'asservissement politique, idéologique, économique.
La répression de la sexualité naturelle chez l'enfant,
particulièrement de la génitalité, rend l'enfant
appréhensif, timide, obéissant, craintif devant l'autorité,
elle paralyse ses tendances rebelles, parce que la rébellion
est associée avec l'angoisse ; elle provoque, en inhibant la
curiosité sexuelle de l'enfant, un obscurcissement général
de son sens critique et de ses facultés mentales. »
Ces individus, incapables de dissiper
totalement leur énergie dans un orgasme pleinement réalisé,
sont dits «impuissants orgastiques ». Ces blocages sont
appelés « cuirasses caractérielles », ils
se manifestent aussi bien sur le plan corporel, par des rigidités
musculaires, que sur le plan psychique, par des traits de caractères
névrotiques. Ne pouvant être totalement dissipée
par le biais d'une activité sexuelle pleinement satisfaisante,
l'énergie sexuelle est alors dissipée via des dérivatifs,
notamment le mysticisme (« l'extase mystique » ou la recherche
de la « Pureté ») ou des perversions sexuelles
(la propension à se complaire dans des blagues salaces est
un symptôme d'impuissance orgastique) ou sadiques.
Ces couches névrotiques sont le siège de sentiments
de frustration, de violence, de peur et de rejet de l'autre, de croyances
irrationnelles. Par-dessus, on trouve un vernis de sociabilité
qui permet à l'individu de vivre en société.
Toutefois lorsque ce vernis craque, en situation de crise, ce sont
les pulsions sous-jacentes qui s'expriment. Ainsi, par exemple, en
temps de guerre assiste-t-on à des meurtres, viols et pillages
généralisés. Cette répression favorise
la soumission, la manipulation et l'exploitation de ces individus.
Aujourd’hui, la répression sexuelle sévit
toujours, commandée par des morales plus ou moins rigides,
répression dont les femmes sont les premières victimes.
Dans les pays riches, la libéralisation des mœurs s'exprime
surtout par un déluge d'images de femmes nues et des discours
empreints d'un hédonisme compatible avec l'ordre social. Mais
la persistance de la violence, tant dans les pratiques que dans les
fantasmes, montre que si les sociétés modernes ont parfois
fait reculer un peu la misère sociale, la misère sexuelle
reste la chose la mieux partagée.
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La libération de la femme.
En occident, un événement considérable est venu
porter un coup presque fatal aux religions : la libération
de la femme.
Jusque-là, l'Église catholique considérait la
femme comme un objet d’échange servant à la reproduction
qu’il fallait confiner sévèrement pour éviter
aux hommes la contagion du péché originel et du péché
de chair. La fin du Moyen Age, la perte relative de l'influence de
l'Église et la montée de l'amour courtois ont conduit
l'église à admettre la femme et son âme mortelle.
Certains croyants tentent désespérément de réinterpréter
certains mythes religieux pour les revitaliser en regard de cette
nouvelle forme de civilisation apparue au XIX siècle.

Relire le mythe d'Adam et Eve

Je voudrais, pour ma part, tenter de réinterpréter le
mythe d’Adam et Eve d’une autre façon :
Adam et Ève (les humains) vivaient au paradis terrestre, la
nourriture était abondante, ils vivaient nus en toute innocence,
ils étaient heureux. Puis, un jour, Eve a convaincu son compagnon
Adam de manger le fruit de l’arbre de la connaissance, et ont
été chassés du paradis par Dieu, qui leur a également
interdit de manger à l’arbre de l’immortalité.
Presque 2000 ans avant la rédaction de l'Ancien Testament,
on trouve dans des légendes sumériennes recopiées
à l'identique dans la Bible :
« L'origine du mal dépend de la première femme
qui, induite par un serpent à désobéir au dieu
créateur, convainc son compagnon de manger le fruit de l'arbre
interdit. »
On peut interpréter ce récit de la façon suivante
: les animaux humains vivaient tranquillement grâce à
la cueillette de fruits et de racines. Comme tous les animaux, ils
vivaient nus et n’avaient pas de conscience, tous leurs comportements
étaient guidés par l’inconscient et les instincts.
Ils faisaient partie du Tout, en communion avec la nature.
Puis, pour des raisons sans doute liées à leurs activités,
les femmes inventèrent peut-être l’élevage
ou l’agriculture (Eve croque au fruit de la connaissance).
Les humains prennent soudain conscience de leur pouvoir sur la nature
(sur Dieu). Ils sont alors chassés du paradis car la conscience
(ou l’arbre de la connaissance) les met en décalage par
rapport à la nature. Ils ne font plus partie du Tout, mais
ils l’observent et tentent de le comprendre.
Ce serait donc grâce aux femmes que les humains sont peu à
peu sortis de leur condition animale, dans laquelle ils vivaient nus,
en toute « innocence » (ou méconnaissance) et de
leur soumission à Dieu. On peut imaginer que, pour récupérer
leur autorité, les hommes aient fait de cet événement
un péché capital déclenchant la colère
de Dieu, qui culpabilise la femme et la maintient sous la domination
masculine.
Réinterprété de cette façon, ce mythe
pourrait servir d’étendard au mouvement de libération
de la femme.
Grâce aux formidables avancées de la médecine
voilà que l’homme se dirige à grands pas vers
l’arbre de l’immortalité, Dieu le lui a interdit,
mais il désobéira sans doute encore, pour laisser son
esprit atteindre une maturité et une liberté totale.
Si une femme vous tend un jour une pomme, ayez confiance et croquez-la
! Il ne faut pas expliquer l’homme en partant de Dieu, mais
expliquer Dieu en partant de l’homme.
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La philosophie humaniste
Contrairement à la morale religieuse qui se donne comme objectif
la soumission à la loi divine, la morale humaniste met l’homme
et son bien-être au centre de sa réflexion éthique.
C’est une théorie qui prend pour fin la personne humaine
et son épanouissement. Le philosophe grec Protagoras (5ème
siècle avant J.-C.) la définit de façon plus
succincte : « L'homme est la mesure de toutes choses ».
Après le XVIème siècle, l'invention de l'imprimerie,
le développement définitif des villes, la création
massive d'universités contribuèrent à une diffusion
accélérée de cette (re)découverte des
grands Anciens.
« On ne peut rien voir de plus admirable dans le monde que l'homme
» disait Pic de la Mirandole en 1486. L'esprit humaniste est
donc le grand introducteur de cette conception moderne de l'Humanité
: l'homme, digne de ce nom, est celui qui a pour essence la culture.
Le triple combat de l'Humanisme
L'éducation
Dans sa volonté de réaliser un modèle humain,
l'humaniste porte un souci particulier à la formation de l'enfant
d'où les nombreux traités de pédagogie. Les humanistes
prônent une éducation libérale caractérisée
par le respect de la personnalité de l'enfant, le savant dosage
entre effort intellectuel et jeu, la pratique des auteurs anciens,
un dialogue fécond entre le maître et l'élève.
La religion
La redécouverte des valeurs morales encloses dans la littérature
gréco-latine et l'affirmation d'une liberté de l'homme
par la pensée ont souvent engendré des conflits avec
l'Eglise attachée à la Tradition ou au ritualisme. En
effet, l'humaniste pousse à une indépendance d'esprit,
un libre examen des textes religieux qui sont vite perçus comme
subversifs. Ainsi, l'imprimeur humaniste Dolet sera brûlé
comme hérétique et athée à Paris en 1546.
La politique
Caractérisée par l'amour du peuple, le pacifisme et
la volonté d'équilibre entre les pouvoirs, la pensée
humaniste est également amenée à tenter d'influer
sur les décisions politiques. Les humanistes les plus éminents
font toujours passer les intérêts moraux et permanents
avant les intérêts politiques (matériels et temporels).
Le XIXe siècle positiviste expliquait par l'entremise d'A.
Comte qu'il s'agissait de substituer une « religion de l'homme
» à la religion de Dieu.
La philosophie, basée sur la raison, ne peut pas nous promettre
une vie après la mort, ni une justice divine pour l'éternité,
ni des miracles de toutes sortes. Mais pour évoluer, l'homme
ne doit-il pas devenir adulte, libre et responsable en cessant de
se soumettre à une Loi divine inventée par les hommes
? La connaissance de nos origines ne doit pas nous servir à
les perpétuer sans cesse, mais nous permettre d’évoluer
vers ce que nous souhaitons devenir : être l’acteur de
notre propre vie et non l’esclave du passé.
La spiritualité humaniste basée sur les sciences humaines
et les droits de l’homme, assurant à l’homme une
évolution harmonieuse, pourrait remplacer ou englober les religions
(la laïcité) pour unir l’ensemble de l’humanité
selon un comportement de base acceptable par tous. Il nous reste à
en inventer les rituels sociaux qui soutiendront ce lien émotionnel
de fraternité pour l’ensemble de l’humanité.
Laurent Perrin - Essayiste
www.amourcomplice.com
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