accueil
Google
mise à jour le 4/12/07

 

Le Tatouage

Le tatouage est un dessin “gravé” dans la peau, grâce à l’injection d’encres dans le derme. Les techniques varient selon les traditions, mais le principe reste le même. Les tatoueurs actuels utilisent un dermographe électrique qui permet de réaliser des oeuvres très raffinées. Depuis les années 70, le tatouage connaît une vogue très importante dans les sociétés occidentales.
Il s’agit cependant d’une pratique très ancienne dont témoignent de nombreux indices dès la Préhistoire. Le plus ancien, Otzi,( 5300 ans avant notre ère) “l’homme de glace” retrouvé dans les Alpes Autrichiennes portait des tatouages, de même certaines momies égyptiennes datant de - 4000 ans, on note à ce sujet qu’il s’agit toujours de femmes, que les tatouages sont exclusivement situés sur le bas ventre ce qui laisse imaginer une relation avec la sexualité et la reproduction. Au Japon et dans le Pacifique, on trouve la trace de ces ornements dès -3000 ans.
Dans les sociétés traditionnelles, le tatouage a une valeur magique, prophylactique, voire thérapeutique et sociale. Le tatouage correspond généralement à un rite d’initiation et de passage, la pratique est douloureuse elle prouve le courage et l’endurance de la personne qui le porte.

 

Tatouage traditionnel des Mentawaïs (Indonésie)

Chez les Mentawais,le tatouage a une portée cosmétique et spirituelle chacun doit embellir son corps afin d’y retenir son âme, le tatouage est un de ces moyens.

Chez les Maoris (Nouvelle Zélande) le tatouage est intimement lié, entre autres, au mariage. Le tatouage du visage est considéré comme un signe de noblesse, et chez la femme comme un puissant attrait érotique. (Anehana, chef maori porte un Moko, tatouage facial intégral, la photo, prise en 1900 provient de la bibliothèque nationale de Nouvelle Zélande).

Claude LÉVI-STRAUSS écrit à propos du tatouage maori "il est destiné à graver, non seulement un dessin dans la chair, mais aussi dans l'esprit toutes les traditions et la philosophie de la race" (Anthropologie structurale, Plon, 1996, p.283).

Dans l’Antiquité grecque et romaine, le tatouage a aussi une fonction d’identification: on marque les esclaves et les centurions... Il sert aussi à punir, les criminels sont tatoués et proscrits. L’utilisation infamante du tatouage a perduré, au cours de la seconde guerre mondiale, les nazis tatouaient un numéro matricule sur le bras des déportés à leur arrivée dans les camps de concentration.


Les connotations péjoratives du tatouage sont très fréquentes dans de nombreuses cultures. Au Japon, marque d’infâmie, il identifie les prostituées et les criminels. Malgré l’opprobre et l’interdiction temporaire qui frappe le tatouage en 1872, la tradition persiste pour atteindre son apogée du 17e au 19e siècle. Pompiers ou charpentiers dont le métier est risqué se font tatouer des animaux symbolisant la force et la puissance. Les membres de sociétés maffieuses, les yakusas, affirmernt leur appartenance par des tatouages qui peuvent revêtir l’intégralité du corps.

Irezumi, La femme tatouée, un film de Yoichi Takabayashi, 1982. La jeune fille a accepté de faire tatouer son dos pour plaire à son amant. Pour supporter la douleur et rendre la peau plus belle, le jeune assistant du Maître tatoueur lui fait l'amour pendant les séances

retour au sommaire