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Ce
"bon" docteur Tissot
S’inspirant du précédent « Onania », Le
docteur Tissot publie en 1760 un ouvrage intitulé « l’Onanisme
» (réédité en 1991 aux éditions La Différence,
Paris). Il veut convaincre que la masturbation est une pratique dangereuse
et, pour convaincre, utilise deux méthodes redoutables. Des démonstrations
scientifiques (les croyances valables à cette époque) et
des récits destinés à épouvanter les pratiquants.
Il affirme que la masturbation fait appel à l’imagination
et non à la nature. Elle « fatigue » donc davantage,
devient une habitude qu’il qualifie de « morbide »,
et pire encore est suivie de « l’horreur des regrets…
Quand les maux (qu’elle provoque) ont ouvert les yeux sur le crime
et ses dangers. »
On peut donc dire que le Docteur Tissot a laïcisé
le péché pour que la médecine se l’approprie.
Il écrit dans la préface de l’édition de 1774:
« Je me suis proposé d’écrire des maladies produites
par la masturbation, et non point du crime de la masturbation : n’est-ce
pas d’ailleurs assez en prouver le crime que de démontrer
qu’elle est un acte de suicide ? »
Le Docteur Tissot prétendait que la masturbation pouvait rendre
sourd, aveugle et amorphe, voire conduire à des déficiences
mentales chez les hommes. Les femmes, quant à elles étaient
menacées d’hystérie, maladie qui se soignait alors
par l’enfermement, la camisole de force et l’ablation du clitoris…
Cette « thérapie » sera d’usage jusqu’à
la fin du 19e siècle.

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