La dépendance amoureuse


Peurs et dépendance
Sophie reste seule pour la semaine, Rodrigue part en stage de formation. Elle s’ennuie et comme à l’accoutumée s’inquiète. Elle imagine qu’il va rencontrer d’anciennes copines, trop heureuses de l’entraîner dans une fête où tout peut arriver. Il lui a promis de téléphoner tous les jours, mais elle a peur qu’il oublie, qu’il l’oublie, elle se sent abandonnée, ne parvient pas à chasser ces idées, et attend désespérément. L’amour doit-il servir à conjurer nos peurs les plus intimes? On serait tenté de répondre par la négative, mais, dans les faits il semble que beaucoup cherchent dans l’autre le réconfort ou l’apaisement d’une peur ancienne et fortement installée dans le paysage psychologique.
On imagine à tort que l’autre porte en lui la solution de nos problèmes et on attend qu’il nous renvoie une belle image, au moins aussi belle que celle qu’on lui attribue. Cette attente va trouver dans le comportement de l’être aimé toutes les réponses souhaitées et dès que commencent à s’installer des rites de couple, se muer en dépendance. Tout se passe alors comme si le bonheur de l’un dépendait totalement de l’autre. Or, cette situation crée un climat de communication bien particulier où celui (ou celle) dont dépend l’autre se trouve obligé d’assumer un rôle qu’il n’a pas toujours délibérément choisi.


La dépendance amoureuse est-elle prévisible?
Nos premiers apprentissages socio-affectifs jouent un rôle fondateur dans la construction de soi, et les modèles de communication mis en oeuvre dans nos interactions avec nos parents sont assez souvent transposés dans les relations que nous établissons arrivés à l’âge adulte. Ces modèles se transposent à l’identique, ou à l’inverse et dans des proportions variées. Il reste que personne ne sort indemne de son enfance mais enrichi de forces et de fragilités associées en soi. Ceci explique en partie les stratégies qu’on utilise pour se rassurer, se faire aimer et montrer son amour.
La dépendance amoureuse reflète une peur, un sentiment de solitude, d’inachevé. Celui qui la vit sombre rapidement dans l’inquiétude permanente, dès que l’être aimé ne répond pas comme souhaité, il s’inquiète, ressasse en permanence des scénarios où il finit abandonné parce que l’autre a refusé son amour. Il se montre envahissant, exclusif, jaloux, la vie à deux devient un enfer si elle perdure, si la rupture arrive, elle est toujours tragique.

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