Quelle est la clientèle
des demi mondaines?
On a compris que les demi
mondaines, courtisanes du XIXe, étaient en quelque sorte
des femmes libres, beaucoup d’entre elles travaillent
comme danseuses, chanteuses, actrices, modèles. Les plus
belles et les plus attirantes seront souvent sollicitées
par des hommes riches ou voulant le paraître. Entretenir
une maîtresse est une sorte de preuve de réussite
sociale. Plus l’homme occupe une position sociale élevée
et plus sa maîtresse doit être représentative.
Les riches bourgeois comme les aristocrates, mais aussi les
artistes voudront avoir leur maîtresse. Ainsi, Balzac,
puise-t-il à leur source les personnages de la Comédie
Humaine. Bien entendu, le monde politique est largement représenté
à commencer par les souverains, leurs ministres, l’aristocratie
et les bourgeois enrichis. Maintenant, il s’agit d’une
forme de prostitution comme l’attestent les écrits
de l’époque, qu’il s’agisse de romans,
d’ouvrages historiques comme le “Nouveau Paris”,
ou scientifiques. Alexandre Parent-Duchatelet dans son ouvrage
“De la prostitution à Paris au XIXe siècle”
donne de nombreux détails sur ces questions. Son travail
est original en ce sens qu’il croise ses sources: archives
de la police, des prisons et des dispensaires de santé.
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Alexandre
Parent-Duchâtelet |
Il existe une grande variété
de demi-mondaines, chacune rêve certainement d’une
brillante réussite, mais peu savent véritablement
exploiter leur “capital séduction”. Le métier
n’est pas un choix délibéré, la prostitution
apparaît comme la seule issue possible pour assurer la
survie, même si les commentateurs du phénomène
tentent de faire croire qu’il existe des différences
substantielles entre les femmes qui se prostituent et les autres...
Le classement que propose Alexandre Dumas père dans son
ouvrage “Filles Lorettes et Courtisanes”donne une
description assez précise de ces différentes catégories:
les filles qui travaillent à la passe dans une maison
close, prostituées qui racolent en liberté, et
celles qui sont entretenu par un protecteur. En paiement des
services, la maîtresse obtient un appartement, des meubles,
des domestiques, sans compter les vêtements, les bijoux
et autres cadeaux qui sont “négociés”
entre l’un et l’autre. Evidemment, selon la fortune
du protecteur et la qualité de la courtisane, les choses
peuvent varier considérablement.
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