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mise à jour le 11/02/08

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Alexandre Dumas père 1802-1870)

 

Demi mondaines, lorettes, courtisanes, cocottes, quelles différences?

Question d’époque et de vocabulaire. Toutes les demi mondaines sont des courtisanes, autrement dit, des femmes qui choisissent leurs amants et travaillent pour elles-mêmes et non pour un proxénète. La courtisane du XIXe siècle qu’on nomme demi mondaine est la maîtresse d’un homme riche qui pourvoit à l’entretien de son train de vie. Plus il sera fastueux et plus l’homme sera considéré comme riche et puissant.
Beaucoup de prostituées habitent à proximité de Notre Dame de Lorette, d’où l’expression. Une cocotte désigne aussi une femme vénale mais surtout prétentieuse, voyante et vulgaire. L’usage de ce mot remonte à 1789 où il est synonyme de “courtisane”, ce terme a ensuite qualifié des femmes jugées stupides, de façon à peu près aussi péjorative qu’aujourd’hui on use du qualificatif “blonde”. On notera aussi que “poule” est l’équivalent de “cocotte” dans un vocabulaire argotique et grossier.

 

Alexandre Dumas père (1802-1870) publie en 1843 un essai historique intitulé “Filles, Lorettes et courtisanes” il explore le monde de la prostitution, et s’applique à en décrire ses principales actrices qu’il classe en trois catégories distinctes.
Dans la première catégorie, il évoque les «filles» parmi lesquelles il différencie les filles à carte et les filles à numéro. Les filles à carte ou “encartées” racolent le client dans la rue. Elles ont un protecteur, leur souteneur, que Dumas nomme également un «homme entretenu». Leur vie se partage entre le trottoir, leurs clients, la visite aux services d'hygiène et les coups du proxénète. La fille à numéro appartient à l'aristocratie des filles: elle ne cherche pas le client mais l'attend dans la maison close où elle est employée. Sa vie est tout aussi monotone que celle de la fille à carte bien que le dimanche soit le seul jour où elle peut prendre un amant, souvent en essayant de se faisant passer pour une aristocrate.
Dans la seconde catégorie apparaît un type de prostituée spécifique à la ville de Paris : la «lorette», sorte de femme entretenue par plusieurs hommes, que Dumas appelle des “Arthur”. Plus élégantes que les filles, plus libres aussi dans le choix de leurs clients, elles animent le quartier de Notre-Dame-de-Lorette.
Enfin, Dumas remonte à la Grèce Antique, pour évoquer l’hétaïre. Prostituées sacrées attachées au culte de Vénus ou maîtresse d'hommes célèbres, musiciennes ou philosophes, elles incarnent la noblesse et la puissance, le plaisir lié à l'esprit, et annoncent les célèbres courtisanes que furent Marion de Lorme ou Ninon de Lenclos au XVIIème siècle, dûment citées à la fin de son ouvrage.
La demi mondaine appartient davantage à la catégorie que Dumas dénomme “courtisane”, ce qui n’exclut pas qu’elle ait fait ses débuts comme “fille” ou plus souvent “lorette”

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