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Alexandre Dumas
père 1802-1870)
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Demi mondaines,
lorettes, courtisanes, cocottes, quelles différences?
Question d’époque
et de vocabulaire. Toutes les demi mondaines sont des courtisanes,
autrement dit, des femmes qui choisissent leurs amants et travaillent
pour elles-mêmes et non pour un proxénète.
La courtisane du XIXe siècle qu’on nomme demi mondaine
est la maîtresse d’un homme riche qui pourvoit à
l’entretien de son train de vie. Plus il sera fastueux
et plus l’homme sera considéré comme riche
et puissant.
Beaucoup de prostituées habitent à proximité
de Notre Dame de Lorette, d’où l’expression.
Une cocotte désigne aussi une femme vénale mais
surtout prétentieuse, voyante et vulgaire. L’usage
de ce mot remonte à 1789 où il est synonyme de
“courtisane”, ce terme a ensuite qualifié
des femmes jugées stupides, de façon à
peu près aussi péjorative qu’aujourd’hui
on use du qualificatif “blonde”. On notera aussi
que “poule” est l’équivalent de “cocotte”
dans un vocabulaire argotique et grossier.
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Alexandre Dumas père
(1802-1870) publie en 1843 un essai historique intitulé
“Filles, Lorettes et courtisanes” il explore le
monde de la prostitution, et s’applique à en décrire
ses principales actrices qu’il classe en trois catégories
distinctes.
Dans la première catégorie, il évoque les
«filles» parmi lesquelles il différencie
les filles à carte et les filles à numéro.
Les filles à carte ou “encartées”
racolent le client dans la rue. Elles ont un protecteur, leur
souteneur, que Dumas nomme également un «homme
entretenu». Leur vie se partage entre le trottoir, leurs
clients, la visite aux services d'hygiène et les coups
du proxénète. La fille à numéro
appartient à l'aristocratie des filles: elle ne cherche
pas le client mais l'attend dans la maison close où elle
est employée. Sa vie est tout aussi monotone que celle
de la fille à carte bien que le dimanche soit le seul
jour où elle peut prendre un amant, souvent en essayant
de se faisant passer pour une aristocrate.
Dans la seconde catégorie apparaît un type de prostituée
spécifique à la ville de Paris : la «lorette»,
sorte de femme entretenue par plusieurs hommes, que Dumas appelle
des “Arthur”. Plus élégantes que les
filles, plus libres aussi dans le choix de leurs clients, elles
animent le quartier de Notre-Dame-de-Lorette.
Enfin, Dumas remonte à la Grèce Antique, pour
évoquer l’hétaïre. Prostituées
sacrées attachées au culte de Vénus ou
maîtresse d'hommes célèbres, musiciennes
ou philosophes, elles incarnent la noblesse et la puissance,
le plaisir lié à l'esprit, et annoncent les célèbres
courtisanes que furent Marion de Lorme ou Ninon de Lenclos au
XVIIème siècle, dûment citées à
la fin de son ouvrage.
La demi mondaine appartient davantage à la catégorie
que Dumas dénomme “courtisane”, ce qui n’exclut
pas qu’elle ait fait ses débuts comme “fille”
ou plus souvent “lorette”
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