Les demi mondaines
au XIXe siècle
D’où
vient l’expression demi-mondaine?
L’expression “demi-mondaines” vient du titre
d’une pièce de théâtre signée
Alexandre Dumas fils (1824-1895, ci-contre) créée
au théâtre du Gymnase à Paris en 1855. Il
s’agit d’une comédie de moeurs qui met en
scène des courtisanes...
Ces dames font en effet partie du paysage parisien, souvent
issues de milieux sociaux défavorisés, exerçant
toutes sortes de métiers, mais le plus souvent dans le
spectacle, de jeunes et belles filles trouvent de riches amants
qui les “entretiennent”. Ainsi, nombre de bourgeois
aisés mènent une double vie, l’une familiale,
souvent austère et laborieuse auprès de l’épouse
légitime et des enfants, l’autre parallèle,
en compagnie de sa maîtresse avec laquelle il est de bon
ton de s’afficher au théâtre, au cabaret,
aux courses hippiques...
Les demi mondaines vont devenir d’incontournables personnages
dans les romans de cette époque, Honoré de Balzac,
père du roman réaliste, les met en scène
dans son oeuvre “La comédie humaine” ; elles
apparaissent dans “Les illusions perdues”, vaste
roman publié en trois tomes entre 1836 et 1843, et surtout
dans ceux qui suivent: “Splendeurs et misères des
courtisanes”. Balzac fait tenir ces propos à Esther,
courtisane en proie à des remords...
“Je n'ai jamais mieux senti la bassesse de ma condition
que depuis le jour où je vous fus livrée. Vous
avez payé, je me dois. Il n'y a rien de plus sacré
que les dettes de déshonneur.”
Et ceux-ci à l’entremetteuse: “Vous n'êtes
pas beau, vous êtes gros comme Louis XVIII, et un peu
bêta, comme tous ceux qui cajolent la fortune au lieu
de s'occuper des femmes. Eh bien, si vous ne regardez pas à
six cent mille francs, dit Asie, je me charge de la faire devenir
pour vous tout ce que vous voudrez qu'elle soit.”
La demi mondaine que présente la littérature se
trouve en effet piégée entre deux mondes: elle
est exclue de la respectabilité et ne fait pas non plus
partie de la pègre, mais elle est liée aux deux...
Alexandre Dumas connaît une idylle avec Maris Duplessis,
elle lui inspire une pièce célèbre : “La
dame aux camélias”. Plus tard, le compositeur Giuseppe
Verdi fait revivre le personnage de la célèbre
courtisane, ce sera La Traviata.
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