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L'air
du temps au XIXe siècle
Au XIXe on assiste
à une montée en puissance de la bourgeoisie sur
le modèle anglo-saxon. Le puritanisme est de mise et la
sphère politique entretient une sorte de confusion entre
les tabous sociaux et la volonté divine. La morale religieuse
traditionnelle reprend le flambeau des valeurs sociales de la
classe dominante. Imbu de sa supériorité, l’européen
se donne en modèle au monde entier, la colonisation en
est une expression des plus évidentes. Mais, les progrès
scientifiques conduisent aussi à rechercher des preuves,
des explications et surtout des remèdes à de nombreuses
questions. On traverse une vague hygiéniste dans laquelle
s’inscrivent les travaux de Parent-Duchâtelet, de
Havelock Ellis et de beaucoup d’autres... C’est pourquoi
ce qui deviendra la sexologie s’applique à connaître
ce qui sort d’un modèle hétérosexuel
à but procréatif.
Le mouvement réaliste anime la littérature comme
la peinture. Les oeuvres réalistes de Gustave
Courbet font scandale car il ose représenter le corps
féminin dans sa grâce naturelle ce qui semble choquant
en regard des conventions académiques. Le corps ainsi révélé
se montre nu et sensuel mais pas nécessairement “beau”,
ce qui déchaîne des manifestations haineuses comparables
à celles qui accompagneront plus tard l’affaire Dreyfus.
La photographie ne fait que confirmer ce que voit le peintre et
met en évidence les critères rigides du “bongoutisme”
traditionnel. C’est dans cette ambiance pudibonde que la
circulation d’images pornographiques prend un essor considérable,
la photographie y sera pour beaucoup.
Si la première photographie date de 1825 (Nicéphore
Niepce), son exploitation massive ne commence qu’en 1839.
Les photographies de l’époque sont souvent utilisées
comme cartes de visite et n’ont pas de vocation artistique.
Les ateliers du photographe français Diseri, en 1872, en
produisent 2400 par jour...
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