Demi
mondaines facteur d'équilibre du mariage bourgeois???
Au XIXe, dans la bourgeoisie
comme dans l’aristocratie, on ne se marie pas par sentiments,
un “bon” mariage apporte prestige et ressources
financières, mais n’est pas fait pour le bonheur
conjugal tel qu’on l’entend aujourd’hui.
Cet état de choses est connu et dans la majorité
des cas bien accepté. Par ailleurs, le couple de bourgeois
nantis n’a pas intérêt à avoir beaucoup
d’enfants s’il veut transmettre un patrimoine
conséquent. La femme honnête porte une chemise
de nuit ouverte qui permet le coït, son mari dort habillé
lui aussi. L’érotisme est totalement banni et
la sexualité considérée comme un mal
nécessaire pour assurer la descendance. La contraception
n’existe pas vraiment, la chasteté s’impose
donc pour limiter les naissances. Les époux font chambre
à part, et si Madame gère ses frustrations d’honnête
femme, Monsieur compense les siennes auprès de sa maîtresse,
il est gagnant sur tous les tableaux car, non seulement il
se ménage des moments agréables mais il accroît
son prestige grâce à ce signe extérieur
de richesse. Généralement, le couple d’intérêts
n’est solidaire que pour son image sociale. La peur
des ragots, du qu’en dira-t-on, le contraint à
faire face vis-à-vis de leur entourage, mais certaines
pratiques sont courantes: les rapports sexuels plus ou moins
consentis avec les domestiques par exemple, l’épouse
les devine ou les connaît mais les tolère. La
grande crainte, c’est le risque de contracter une maladie
sexuellement transmissible, rappelons-le, il n’y a pas
de remède pour guérir la syphilis.
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Havelock Ellis (1859-1939).
Médecin, psychologue et pionnier de la sexologie signe
une oeuvre considérable traitant de nombreux aspects
de la sexualité humaine et notamment de l’homosexualité.
Il a le souci de décrire ce qui est “normal”,
tant au plan physique que psychosociologique, c’est pourquoi,
il s’intéresse à l’homosexualité
(son épouse est lesbienne) ainsi qu’à l’eugénisme.
Dans son ouvrage “La prostitution, ses causes, ses remèdes”,
traduit en français et publié aux alentours de
1930, il fait souvent référence à Alexandre
Parent-Duchatelet. Dans sa stratégie descriptive et explicative,
l’auteur met en perspective la représentation sociale
du mariage et le recours aux prostitués comme moyen d’assumer
des désirs inaccessibles dans le cadre conjugal strict.
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