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mise à jour le 4/02/08

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Le bar des Folies Bergères peint par Edouard Manet en 1881-1882

 

Guy de Maupassant, (1850-1893)

Les lieux de rencontre des demi mondaines

Les hauts-lieux de rendez-vous des demi mondaines se trouvaient nécessairement là où elles pouvaient espérer se faire remarquer par de riches amateurs. Les grandes avenues, notamment les Champs Elysées, mais aussi les grands boulevards, les allées de promenade au bois, les terrasses des cafés où elles feignent (selon les mauvaises langues) de lire le journal, les “foyers” des théâtres, le promenoir des Folies Bergères, sont des endroits très fréquentés par le “demi monde”. Les demi mondaines se donnent en spectacle, et rivalisent de luxe pour attirer les regards et les attentions de futurs clients. En 1881, Manet peint le tableau intitulé le bar des folies bergères, lieu par excellence de la fête parisienne, les personnages les plus en vue ne manquent pas de s’y montrer.     

 

 

Les demi mondaines et la "bonne" société

Les demi-mondaines n’étaient pas admises dans la société dite “bonne” très soucieuse de respectabilité, la pudibonderie est de rigueur et l’hypocrisie règne. Malheur à celle qui transgresse les règles. S’il est de bon ton qu’un homme s’amuse, les femmes qui veulent rester “honnêtes” ne doivent pas apparaître dans des lieux de perdition et encore moins inviter chez elle des femmes dites de “mauvaise vie”. Même si les nantis de l’époque s’autorisent volontiers le libertinage, le poids des convenances demeure très présent. Pour réussir à entrer dans la bonne société, la courtisane n’a que deux moyens, épouser un homme et renoncer à sa liberté, ou, à l’instar de Marie Duplessis briller par d’autres atouts que sa beauté et animer un salon artistique.
Guy de Maupassant, (1850-1893) grand amateur de demi mondaines en fait les héroïnes dans une nouvelle intitulée “Yvette” (1884), deux hommes à l’allure de dandy se rendent dans une “maison” pas très respectable; ils y sont accueillis par la mère, et convoitent les attraits de la fille “Yvette”. L’habitué décrit alors ce qu’il éprouve en présence de la belle: “Elle me trouble, me séduit et m’inquiète, m’attire, m’effraye. Je me méfie d’elle comme d’un piège et j’ai envie d’elle comme on a envie d’un sorbet quand on a soif.... Je me sens en contact avec un être anormal, en dehors des règles naturelles, exquis ou détestable, je ne sais pas.” C’est un autre personnage de prostituée “Boule de suif , que Maupassant met en scène dans la nouvelle qui le rend célèbre,(1880) ce texte montre l’hypocrisie des gens “comme il faut” mais surtout la manière dont ils considèrent la prostituée, porteuse de tous les maux, utilisable à merci, jetable ensuite... N’oublions pas que Guy de Maupassant était le disciple et le protégé de Gustave Flaubert (1821-1872), auteur réputé alors “sulfureux” et qui avait eu de nombreuses difficultés avec la censure.

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