Au 18e siècle, débute la fabrication “industrielle”
du condom. Tout commence à Utrecht, ville des Pays bas où
se tient en 1712 une conférence internationale devant mettre un
terme à la guerre de succession d’Espagne. La présence
de personnages importants attira celle de courtisanes et plusieurs bordels
furent alors ouverts. Les maladies vénériennes étaient
fréquentes, et pour les éviter, un artisan eut l’idée
de fabriquer des préservatifs en améliorant nettement la
qualité de ce qui existait auparavant. Certains diplomates présents
à la conférence rapportèrent en souvenir d’Utrecht
quelques échantillons de ces “petites cuirasses” ce
qui donna l’idée à des industriels d’en fabriquer
et d’en vendre.
Le célèbre libertin Giacomo Casanova (1725-1798)les
nomme “capotes anglaises”, et écrit dans ses
Mémoires “ Jamais je n’irais m’affubler d’une
peau de mort pour prouver que je suis bien vivant”. Cependant, il
finit par en faire une consommation consommation importante et régulière
dans un but contraceptif et commente: “ Il y a dix mois, j’aurais
appelé cela une invention du diable, mais j’estime aujourd’hui
que son inventeur devait être un homme de bien”.
En 1736, dans son traité
intitulé "De Morbis venereis", le docteur Jean Astruc,
professeur à la Faculté de Toulouse (1684-1766) écrit:
"...en Angleterre les grands débauchés, ceux qui passent
leur vie dans les bras des prostituées, se servent depuis quelques
temps de sacs faits d'une membrane très fine et sans couture, en
forme de fourreau et qu'on appelle en anglais condum. Ils en recouvrent
complètement le pénis avant le coït, afin de se protéger
contre les risques d'un combat dont le résultat est toujours douteux.
Ils pensent que, ainsi protégés et la pique bien cuirassée,
ils peuvent impunément braver le danger des amours banales ".
Peu à peu l’usage du préservatif se banalise car les
maladies vénériennes font des ravages ainsi que le commente
Voltaire dans une lettre : “ Quand trente mille homme combattent
en bataille rangée contre des troupes égales en nombre,
il y a environ vingt mille vérolés dans chaque camp...”
Une énigme
de taille...
Le British Museum
de Londres expose des préservatifs trouvés lors
de fouilles menées dans les années 1980 au château
de Dudley, dans la région des West Midlands (centre de
l'Angleterre). Ces étuis péniens, fabriqués
avec des intestins d'animaux, sont soigneusement cousus à
une extrémité, tandis que l'autre bout comporte
un ruban permettant de le maintenir serré une fois en place.
Le musée expose des exemplaires remontant aux 16e, 17e
et 18e siècles. Ces ancêtres du moderne "condom"
étaient, fait remarquable, aussi fins que ceux d'aujourd'hui
fabriqués industriellement. Mais ceux du 17e siècle
sont plus étroits d'environ 18,5 mm, alors que ceux du
18e siècle sont plus larges d'environ 11,5 mm, ce qui représente
une énigme pour les historiens. Selon David Gaimster, expert
au British Museum, ces préservatifs "étaient
destinés à des hommes fréquentant des maisons
closes, qui les utilisaient non pas comme moyen de contraception
mais afin de se prémunir contre les maladies vénériennes,notamment
la syphilis.
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