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mise à jour le 4/12/07

L'amour à l'abri: Préservatifs, condoms, capotes...


Au 18e siècle, débute la fabrication “industrielle” du condom. Tout commence à Utrecht, ville des Pays bas où se tient en 1712 une conférence internationale devant mettre un terme à la guerre de succession d’Espagne. La présence de personnages importants attira celle de courtisanes et plusieurs bordels furent alors ouverts. Les maladies vénériennes étaient fréquentes, et pour les éviter, un artisan eut l’idée de fabriquer des préservatifs en améliorant nettement la qualité de ce qui existait auparavant. Certains diplomates présents à la conférence rapportèrent en souvenir d’Utrecht quelques échantillons de ces “petites cuirasses” ce qui donna l’idée à des industriels d’en fabriquer et d’en vendre.
Le célèbre libertin Giacomo Casanova (1725-1798)les nomme “capotes anglaises”, et écrit dans ses Mémoires “ Jamais je n’irais m’affubler d’une peau de mort pour prouver que je suis bien vivant”. Cependant, il finit par en faire une consommation consommation importante et régulière dans un but contraceptif et commente: “ Il y a dix mois, j’aurais appelé cela une invention du diable, mais j’estime aujourd’hui que son inventeur devait être un homme de bien”.

En 1736, dans son traité intitulé "De Morbis venereis", le docteur Jean Astruc, professeur à la Faculté de Toulouse (1684-1766) écrit: "...en Angleterre les grands débauchés, ceux qui passent leur vie dans les bras des prostituées, se servent depuis quelques temps de sacs faits d'une membrane très fine et sans couture, en forme de fourreau et qu'on appelle en anglais condum. Ils en recouvrent complètement le pénis avant le coït, afin de se protéger contre les risques d'un combat dont le résultat est toujours douteux. Ils pensent que, ainsi protégés et la pique bien cuirassée, ils peuvent impunément braver le danger des amours banales ".
Peu à peu l’usage du préservatif se banalise car les maladies vénériennes font des ravages ainsi que le commente Voltaire dans une lettre : “ Quand trente mille homme combattent en bataille rangée contre des troupes égales en nombre, il y a environ vingt mille vérolés dans chaque camp...”

 

Une énigme de taille...

Le British Museum de Londres expose des préservatifs trouvés lors de fouilles menées dans les années 1980 au château de Dudley, dans la région des West Midlands (centre de l'Angleterre). Ces étuis péniens, fabriqués avec des intestins d'animaux, sont soigneusement cousus à une extrémité, tandis que l'autre bout comporte un ruban permettant de le maintenir serré une fois en place. Le musée expose des exemplaires remontant aux 16e, 17e et 18e siècles. Ces ancêtres du moderne "condom" étaient, fait remarquable, aussi fins que ceux d'aujourd'hui fabriqués industriellement. Mais ceux du 17e siècle sont plus étroits d'environ 18,5 mm, alors que ceux du 18e siècle sont plus larges d'environ 11,5 mm, ce qui représente une énigme pour les historiens. Selon David Gaimster, expert au British Museum, ces préservatifs "étaient destinés à des hommes fréquentant des maisons closes, qui les utilisaient non pas comme moyen de contraception mais afin de se prémunir contre les maladies  vénériennes,notamment la syphilis.

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