|
L'ignorance est la source de nos plus grands maux Corps / psychologie / histoire / société / amour, /philosophie / cinéma / art / notes de lecture / bibliographies / Archives / Liens / Contact Un nouveau dossier chaque mois |
|
Nouveau
Entretien pour Préférence Mag, La bisexualité
en questions coordination : Sofia Hudic |
|
Hermaphrodite endormi
Il
reste qu'à partir des données de départ à
la naissance, que l'on soit fille ou garçon, nous allons apprendre
à devenir des femmes et des hommes. On dira alors que le sexe
est une donnée biologique, et le genre une acquisition sociale.
Langoureuses étreintes de l'escargot bisexué |
| Tests et échelles Kinsey , Klein et Fisher
A- Actuellement,
je me sens attiré sexuellement par: A- Dans
l'idéal, je suis attiré(e) sexuellement par: B- Dans
le passé, j'avais des relations sexuelles avec: B –
Actuellement, j'ai des relations sexuelles avec: B- Dans
l'idéal, j'aimerais avoir des relations sexuelles avec: C- Dans
le passé j'avais des fantasmes qui mettaient en scène: C- Actuellement,
mes fantasmes sexuels mettent en scène: C- Dans
l'idéal, mes fantasmes mettent en scène: D- Dans
le passé, j'éprouvais des sentiments pour: D- Actuellement
j'éprouve des sentiments pour: D- Dans
l'idéal j'éprouve des sentiments pour : E- Dans
le passé, je cherchais des contacts sociaux plutot avec: E- Actuellement
je recherche des contacts sociaux avec: E- Dans
l'idéal, je préfère avoir des contacts sociaux
avec: F- Dans
le passé, mon mode de vie était: F- Actuellement
mon mode de vie est: F- Dans
l'idéal, je préfèrerais un mode de vie:
G- Actuellement
je me définis comme: G- Dans
l'idéal, je me définis comme: Résultats
Le questionnaire de Fisher
Résultats |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Se faire voir
Ce
constat n'est qu'un variation sur le thème de la non existence
de la bisexualité en tant qu'orientation. Plus grave encore,
les « bi » sont souvent vécus comme des
traîtres à la cause gay dont ils gêneraient l'expression
et l'épanouissement. Évidemment, les activistes bisexuels
sont en désaccord avec ce point de vue !
|
Les Grecs de l'Antiquité avaient parfaitement intégré ce modèle à ceci près que le couple amoureux était le plus souvent symbolisé par deux hommes: un jeune et son aîné. Leurs rapports s'inscrivent dans une relation de maître à disciple, et évoquent l'initiation. Dans son célèbre dialogue sur l'amour, Platon décrit parfaitement cette relation particulière, tout en prenant soin d'en évacuer le caractère sexuel dont, selon lui, les sentiments peuvent aisément se passer. La notion d'homosexualité n'existe pas en tant que telle et ne fait pas l'objet d'une répression. C'est Plutarque, dans son livre « vies parallèles » qui décrivant les moeurs spartiates, explique que dans l'armée, on favorisait les couples d'amants, afin qu'en cas de danger, ils soient plus prompts à voler au secours de l'autre.
Les Romains, quant à eux, ne se posaient pas trop de questions et prenaient du plaisir avec qui bon leur semble, leurs esclaves sont là pour cela, les courtisanes aussi. Cela ne concernait bien entendu que les aristocrates et les classes dirigeantes, on ne possède pas de source bien précise sur les moeurs des classes populaires. La seule restriction c'est de jouer un rôle dominant: le romain peut en effet s'offrir des joies érotiques avec des partenaires des deux sexes, mais s'il lui prenait envie de tenir un rôle passif, il se couvrirait de honte. Caïus Julius, plus connu sous le nom de Jules César avait fait les frais de ses penchants on cite ce commentaire qui le présente comme « le mari de toutes les femmes et la femme de leur mari »...
Pourtant, l'avènement du christianisme et des religions monothéistes a rapidement mis hors la loi l'usage non procréatif de la sexualité. Aujourd'hui encore, l'Église catholique réprouve énergiquement l'homosexualité, mais elle qualifie de pure perversité le comportement qui consiste à rechercher du plaisir avec des partenaires des deux sexes.
Le
plaisir érotique est une sorte de jeu, il exige de la part des
joueurs (es) de se sentir libre de toute contrainte qu'elle soit matérielle
(temps, bruit, promiscuité) et surtout psycho sociale. Les relations
amoureuses ont besoin de confiance et de curiosité, elles ne
se développent pas dans un climat de honte ou de gêne.
Un arbre planté sur un terrain difficile et rocailleux devient
souvent rabougri et tordu dans tous les sens, il ne déploie pas
ses branches et son feuillage, mais se resserre pour s'adapter à
ses maigres ressources.
Si
l'on en croit la littérature et la poésie, il semble à
première vue que les femmes soient plus souvent et plus « naturellement »
bisexuelles que les hommes. Ce qui, dans la réalité des
faits n'es pas prouvé. Les ébats amoureux des femmes entre
elles ont souvent fasciné l'écrivain voyeur dont les textes
s'adressaient en priorité à un lecteur... Le célèbre
Giacomo Casanova, amoureux inconditionnel des femmes relate dans ses
volumineuses mémoires de nombreuses scènes d'amour au
féminin dans lesquelles il se régale d'intervenir pour
le plus grand plaisir de chacune...
|
Vivre sa différence au quotidien
La difficulté de dire sa bisexualité renvoie à une idée reçue très répandue qui consiste à croire que cela n'existe pas. Les gens qui se reconnaissent comme bisexuels se sentent alors nécessairement privés d'existence ce qui leur rend la vie impossible dans tous les sens du terme...
Assumer sa bisexualité c'est souvent s'attirer les réprobations symétriques des homos et des hétérosexuels ! La personne bisexuelle est considérée ni plus ni moins comme coupable de traîtrise par les deux camps... Pourtant il faut rapidement surmonter ce faux problème, vivre sa bisexualité c'est d'abord une question d'amour pour des personnes. Peut-on être amoureux(se) de plus d'une personne à la fois? Tous les couples, quelle que soit leur orientation sexuelle, rencontrent les mêmes problèmes.
Cette question renvoie à un autre préjugé : l'infidélité présumée des bisexuels. On pourrait croire que, face à un choix deux fois plus vaste qu'une personne « monosexuelle », les « bi » soient deux fois plus tentés et surtout actifs, Woody Allen dit des « bi » qu'ils ont deux fois plus de chances que les autres de trouver leur moitié. Or, si l'on en croit les affirmations de Catherine Deschamps dans son livre Le miroir bisexuel , il n'en est rien, les « bi » ne sont pas plus infidèles que les autres, et n'ont pas nécessairement une vie érotique plus intense.
|