S'affranchir des croyances et idéologies
Acquérir des connaissances a des
conséquences libératrices qui peuvent changer radicalement
nos chemins de vie, car elles viennent dissiper nos peurs, et nous conduisent
tout naturellement à distinguer et à choisir par nous-mêmes
nos propres itinéraires. Ainsi, chacun sera amené à
se déterminer par rapport à des croyances et des vérités
qu’il aura consciemment relativisées.
Si on examine une limite qu’on s’impose consciemment ou la
manifestation d’un blocage devenu inconscient, on réalise
que ces interdits reposent essentiellement sur des croyances.
La voie hédoniste
demande de revoir le repérage utilisé afin de mieux centrer
son attention sur l’essentiel.
La « carte » de la réalité que propose la culture
ambiante n’est pas nécessairement orientée vers la
recherche du plaisir, bien que l’accent soit lourdement porté
sur une certaine forme de plaisir. Il s’agit donc bien de faire
la part de l’essentiel et du reste et de savoir si on fait l’amour
pour satisfaire sa faim ou le bonheur d’aimer. Dans le premier cas,
on peut accéder à des orgasmes, dans le second, on s’engage
sur la voie de l’extase.
Dans le passé, les hommes craignaient les dieux
et réglaient leurs conduites en fonction des lois religieuses :
la peur de l’enfer, et celle d’être exclu de la communauté
suffisaient à calmer les ardeurs amoureuses de la majorité.
La religion reste encore extrêmement puissante dans certaines cultures
et, brandissant les mêmes menaces, maintient les gens dans un état
de soumission.
Pourtant, malgré tout, des êtres animés d’une
indomptable volonté de savoir, de s’extraire des obscurantismes
existent à toutes les époques. « Le premier devin
fut le premier fripon qui rencontra un imbécile» écrivait
Voltaire dans une de ses célèbres envolées anti-cléricales
. Au 18ème siècle, Denis Diderot, plus nettement athée,
parcourt et explore les chemins de l’art et de la connaissance.
Le mouvement est lancé et désormais, ces libres penseurs,
Infatigables voyageurs, aident leurs contemporains à prendre leurs
distances vis-à-vis des dieux et des pouvoirs, et cela en dépit
du poids écrasant de la religion. Aucun thème, et encore
moins celui de l’amour n’a échappé à
leur appétit d’expérience et de connaissance. Ces
personnages étaient des libertins au sens le plus fort du terme,
ils voulaient penser librement, vivre librement, et cela ne pouvait se
faire qu’au travers d’une remise en question des croyances.
Aujourd’hui, le mot « libertin » renvoie à une
notion vaguement immorale; il désigne en effet le choix d’une
vie sexuelle en apparence libérée, mais en réalité
solidement ancrée dans d’autres normes. Les gens qui pratiquent
l’échangisme, le sexe comme sport collectif, ou la bissexualité
se disent « libertins », pourtant, Il ne suffit pas de changer
souvent de partenaire, ni de faire l’amour à plusieurs pour
s’affranchir réellement de la dictature normative qui s’applique
à l’expression sexuelle.
Le plaisir amoureux a un intense besoin de liberté
pour que chacun puisse s’exprimer. La culpabilité, la peur,
la gêne, la pudibonderie sont de lourdes entraves dont il faudra
se libérer pour jouir au mieux de sa sexualité.
Si beaucoup de religions et de morales ont combattu violemment l’expression
de la sexualité, d’autres on fait de l’amour une sorte
d’acte sacré permettant de se connecter avec une divinité.
C’est le cas notamment de certaines pratiques venues de l’Inde
et de la Chine . Il ne semble pas nécessaire toutefois dans la
culture occidentale de saupoudrer l’amour de ce parfum de spiritualité
pour atteindre les cimes de l’extase. Il appartient à chacun
de se déterminer par rapport à ses désirs, et de
s’affranchir des fausses croyances qui lui interdisent d’accéder
au bonheur des sens.
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