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mise à jour le 4/12/07

L'orgasme

 

Couple enlacé, un tableau  de Catherine Cisinski

L'utilisation du mot «orgasme» pour décrire l'apothéose du plaisir sexuel débute au 19ème siècle. Auparavant, ce mot, apparu au début du 17ème siècle désignait un violent accès de colère, l'origine grecque quant à elle évoquait un «bouillonnement d'ardeur». Beaucoup d’expressions très imagées renvoient à l’expérience orgastique : « s’envoyer en l’air » , « grimper aux rideaux », « prendre son pied », « s ‘éclater » . On parle aussi de « petite mort », de « septième ciel » pour évoquer l’orgasme. Les chansons du début du 20ème siècle parlaient souvent de « grand frisson ». Le verbe « jouir » semble encore plus explicite, mais le « jouisseur » ou la « jouisseuse » portent une connotation péjorative. Toutes ces expressions évoquent le fait que l’orgasme transporte dans une autre dimension, souvent « aérienne », au cours de laquelle la perception du réel se modifie…

 

rédaction: Patrice Cudicio, Médecin Sexologue

Catherine Cudicio, Psychanalyste

coordination : Sofia Hudic

Citation

Dans un livre étrangement intitulé "tricheries et trucages de l'amour", paru en 1957, l'auteur, André Lorulot qui se proclame un ardent défenseur de l'éducation sexuelle écrit: "la recherche du plaisir sexuel est absolument légitime. Elle est normale; elle est morale" (p154)


L’orgasme est-il un fait culturel ?
Certaines cultures ignorent la notion d'orgasme, sans qu'on puisse mettre en doute leur connaissance voire leur expertise sur le registre du plaisir sexuel. Au cours d'un congrès mondial de Sexologie à la fin des années 80, on a remarqué que, pour les sexologues indiens, le terme «orgasme» n'avait aucun sens…


Dans la culture occidentale actuelle, la recherche de l’orgasme focalise toute l’attention, chercheurs, thérapeutes, tous ceux et toutes celles qui s’estiment frustrés en regard de la tendance.
Pour la femme, ce qu’il y a de commun entre l’orgasme et le sommeil, c’est que plus on y pense et moins on a de chances de l’atteindre. L’homme ne se pose pas la question d’atteindre l’orgasme, mais bien davantage celle de choisir le moment où il arrivera au seuil d’inévitabilité qui déclenchera son éjaculation.
L’orgasme se manifeste par certains signes, mais c’est au niveau subjectif qu’il prend toute son importance, c’est pourquoi, il n’y a pas un orgasme, mais des orgasmes qui diffèrent en qualité, en intensité, en nombre, sous l’influence de facteurs divers et complexes.


Au plan clinique, les chercheurs ont depuis longtemps fait le rapprochement entre le déroulement de l’orgasme et les crises comitiales.

Trois phases caractérisent ces deux phénomènes : la crise comitiale débute par la montée d’une tension très importante appelée « phase tonique », puis un état chaotique s’installe, c’est la phase « clonique », qui se manifeste par de brusques convulsions, survient ensuite une phase « résolutive » qui marque la fin de la crise proprement dite, c’est dans le meilleur des cas le retour à la conscience. Tandis que les crises comitiales menacent gravement la santé et doivent faire l’objet d’un traitement sérieux, l’orgasme est un phénomène naturel et bénéfique.


L’orgasme se déroule aussi en trois temps, d’abord, la montée de l’excitation sexuelle, qui devient telle qu’elle déclenche la « crise » : contraction des muscles pelviens, accélération du rythme cardiaque, sensation de chaleur, photophobie transitoire. Ces symptômes apparaissent au paroxysme du plaisir, l’homme éjacule, la femme éprouve une expérience souvent indicible quand son orgasme est pleinement accompli. Une phase de résolution va suivre, les tensions sont apaisées, une sensation de plénitude et de bien-être s’installe, notamment due à la sécrétion d’endorphines qui accompagne l’orgasme.



Cependant, les hypothèses n'ont jamais manqué pour apporter des réponses. Si la sexologie s'est largement inspirée de la psychanalyse, elle n'en a semble-t-il retenu que des théories pouvant fournir des explications, mais peu ou pas efficaces pour résoudre les problèmes sexuels. On oublie un des pionniers, Wilhelm Reich, médecin et psychanalyste américain d’origine autrichienne (1897-1957) qui a d’abord été un disciple de Freud avant d’évoluer vers une compréhension du psychisme restituant au corps toute son importance. Ses idées et sa pratique visaient à libérer les gens de la « cuirasse » de leurs tensions en leur permettant de faire circuler leur énergie vitale essentielle et d’atteindre par ce biais une dimension « orgastique » indispensable à un équilibre harmonieux du corps et de l’esprit. Les intéressantes intuitions de Reich, basées en partie sur des conceptions traditionnelles indiennes, auraient pu donner un second souffle à la psychanalyse, mais elles ont été reçues comme autant des déviances étaient inacceptables en regard du dogme naissant.

 

 

Question
La question de savoir quelle est la fonction de l'orgasme reste encore énigmatique aux yeux de la science,

 

 

L'orgasme de l'homme
Il survient au point culminant de l'excitation sexuelle, quelle qu'en soit la source. L'homme peut avoir des orgasmes par la masturbation ou en faisant l'amour. Comme cette crise voluptueuse s'accompagne d'une éjaculation, l'homme ne peut pas, comme c'est le cas de certaines femmes, vivre successivement plusieurs orgasmes. On sait en effet qu’une période dite « réfractaire » suit l’éjaculation, alors, l’homme ne réagit plus aux sollicitations sexuelles, et peut même désagréablement les ressentir.
Plus l’homme avance en âge et plus la période réfractaire s’allonge.


Avant sa puberté, le garçon peut éprouver des orgasmes sans éjaculation, et après elle, il lui arrive d’avoir, pendant son sommeil, des émissions spontanées de sperme sans aucune notion de plaisir.
L’orgasme de l’homme s’accompagne d’une sécrétion d’endorphines qui provoque un puissant effet d’apaisement, et cette sensation est si agréable qu’elle évolue parfois en une véritable addiction. Beaucoup croient qu’ils sont devenus dépendants du sexe, mais en réalité il s’agit d’une addiction aux endorphines, la même qui affecte certains sportifs.
Bien entendu, le plaisir quel qu’il soit et notamment le plaisir sexuel a été longtemps considéré comme un péché par les bigots de toutes sortes, car on considérait qu’il détournait l’attention vers soi-même au lieu de la garder au service d’un dieu, ou de ses représentants.


Les observations physiologiques de l'orgasme permettent d'explorer des réalités biologiques utiles à la science médicale et à l'industrie pharmaceutique. Ceci est valable dans la mesure où l'on admet que la plupart des problèmes sexuels peuvent faire l'objet d'un traitement médicamenteux.
Décrire avec précision la physiologie de l'orgasme aide à comprendre comment, à partir d'une zone corporelle limitée, c'est quasiment l'ensemble du système nerveux cérébro-spinal, neuro-végétatif, sensitif et moteur qui participe.


Une interrogation plus existentielle à propos du sens du plaisir sexuel ne saurait donc faire l'impasse sur ce phénomène exceptionnel qui n'a cessé d'étonner les humains et les a souvent conduits à attribuer au plaisir sexuel des valeurs puissantes.
La plupart des hommes pense que leur orgasme est un phénomène mécanique simple qui fait partie d'une bonne hygiène de vie, c’est un point de vue « mécanique » largement répandu. La découverte du plaisir sexuel commence par la masturbation, continue avec la rencontre de partenaires, puis l’activité sexuelle devenant moins fréquente, se fait de plus en plus rare. Tant que l’homme demeure aux niveaux pulsionnel et compulsif de sa sexualité, son plaisir sexuel correspond en effet à cette jouissance intense et fugitive. En quelques secondes, tout est consommé…

 

L'orgasme de la femme


Depuis la plus lointaine Antiquité, l'orgasme de la femme interpelle, étonne, inquiète ou réjouit, mais ne laisse personne indifférent. Différent de celui de l'homme, l'orgasme de la femme est pluriel: clitoridien ou vaginal, souvent les deux. Et, la différence ne s'arrête pas là, en effet, certaines femmes peuvent vivre plusieurs orgasmes successifs sans passer, comme les hommes, par une phase réfractaire.
Les réactions physiques associées à l’orgasme féminin sont parfois très accentuées, s’accompagnent de gémissements, de cris, d’une sensation de perte de conscience, c’est pourquoi la littérature le nomme parfois « petite mort ».
L’orgasme clitoridien de femme est ce qui ressemble le plus à l’orgasme de l’homme, violent, intense et bref, il aboutit quelquefois à un vague sentiment d’inachevé.
L’orgasme vaginal ou profond n’est pas très différent mais, quand il se produit, il semble que le plaisir passe à la vitesse supérieure, décuple d’intensité, de durée, le corps et l’esprit sont profondément associés dans la jouissance.
L’orgasme de la femme exerce une fascination qui ne se dément pas à travers le temps malgré les représentations stéréotypées et mécaniques qu’en donne aujourd’hui la presse, dite féminine. Une femme qui n’a pas fait l’expérience de l’orgasme se sent frustrée, voire diminuée, souvent coupable, elle ignore généralement que celles qui lui prodiguent des conseils tous plus inutiles les uns que les autres, n’en savent généralement pas plus qu’elle.

 

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