|

|
Un mois plus tard...
article original de Catherine
Cisinski, Artiste peintre, art
thérapeute
Après un essai
de 30 jours sur le site le plus utilisé en Europe, 15 jours avec
photo et 15 jours sans. Je retiens, la facilité du choix grâce
aux mots-clés, les avantages de ne pas se montrer et de partir
à la pêche et ceux de se montrer et se laisser choisir.
Je n’ai pas triché. J’ai tenté le dialogue
le plus sincèrement qui soit.
J’ai touché artistes, écrivains, gens de théâtre,
de presse,... enfin une somme de personnes humainement riches, avec
un parcours typé, inscrit en profondeurs.
Mon annonce déjà les visait dans leurs retranchement,
avec humour, histoire de les provoquer, les invitant à sortir
de derrière l’écran.
Les contacts étaient amusés, légers, ouverts, enthousiastes
au premier abord.
De magnifiques envolées lyriques et des questions de vie profondes
ont été soulevées d’emblée, dans des
mails déposant un espoir certain.
|
Et pourtant...
ça tourne ! ... ça vole. !...
A toute heure, ils sont « Online », comme l’indique
la petite lumière verte sur leur pseudo.
Aussi sincères, talentueux et sensibles que soient ces hommes,
beaucoup sont là depuis des années. Ils s’envolent
et butinent auprès des nouvelles arrivantes, sans mesurer leur
temps.
Quelque chose en eux se relâche aussitôt, se rétracte
sans se risquer d’avantage.
Pourtant le geste amoureux et sensuel dont ils parlent volontiers, a besoin
d’être appuyé pour amorcer un lien possible.
Là, sur Meetic, ce geste soupire, se lénifie dans un temps
semblant éternel. Tout se passe comme si le but était de
gommer tout relief, d’aplanir pour mieux glisser au-dessus. Aucune
aspiration déterminée vers la saisie du présent offert.
L’acte de séduire n’a pas été préconçu.
On le voit dès l’annonce, d’ailleurs, qui contient
la demande de les réveiller sans cesse.
Le point commun de ces chercheurs d’amour tient dans le confort
d’une solitude remplie de douces chimères. Même attristés
du manque d’aimer, la plupart donnent à penser qu’en
se consacrant à leur quête effrénée quotidiennement,
ils se fabriquent ainsi la preuve de l’inexistence de la femme rêvée.
En compensation thérapeutique, l’illusion d’échanges
par mails opère la place virtuelle qu’ils n’ont pas
osé projeter réellement en eux et chez eux. Tout se passe
comme s’il leur était impossible pour l’avenir, d’imaginer
avec bonheur le bouleversement de leur vie actuelle, à cause d’une
véritable rencontre .
Moralité Mesdames : ce n’est certainement pas plus ni
moins impossible de rencontrer l’âme soeur sur Meetic, que
de gagner au loto. On le sait : ça existe. A vos claviers !
|