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mise à jour le 4/12/07

Un mois plus tard...

article original de Catherine Cisinski, Artiste peintre, art thérapeute

Après un essai de 30 jours sur le site le plus utilisé en Europe, 15 jours avec photo et 15 jours sans. Je retiens, la facilité du choix grâce aux mots-clés, les avantages de ne pas se montrer et de partir à la pêche et ceux de se montrer et se laisser choisir.
Je n’ai pas triché. J’ai tenté le dialogue le plus sincèrement qui soit.
J’ai touché artistes, écrivains, gens de théâtre, de presse,... enfin une somme de personnes humainement riches, avec un parcours typé, inscrit en profondeurs.
Mon annonce déjà les visait dans leurs retranchement, avec humour, histoire de les provoquer, les invitant à sortir de derrière l’écran.
Les contacts étaient amusés, légers, ouverts, enthousiastes au premier abord.
De magnifiques envolées lyriques et des questions de vie profondes ont été soulevées d’emblée, dans des mails déposant un espoir certain.

Et pourtant... ça tourne ! ... ça vole. !...
A toute heure, ils sont « Online », comme l’indique la petite lumière verte sur leur pseudo.
Aussi sincères, talentueux et sensibles que soient ces hommes, beaucoup sont là depuis des années. Ils s’envolent et butinent auprès des nouvelles arrivantes, sans mesurer leur temps.
Quelque chose en eux se relâche aussitôt, se rétracte sans se risquer d’avantage.
Pourtant le geste amoureux et sensuel dont ils parlent volontiers, a besoin d’être appuyé pour amorcer un lien possible.
Là, sur Meetic, ce geste soupire, se lénifie dans un temps semblant éternel. Tout se passe comme si le but était de gommer tout relief, d’aplanir pour mieux glisser au-dessus. Aucune aspiration déterminée vers la saisie du présent offert. L’acte de séduire n’a pas été préconçu. On le voit dès l’annonce, d’ailleurs, qui contient la demande de les réveiller sans cesse.
Le point commun de ces chercheurs d’amour tient dans le confort d’une solitude remplie de douces chimères. Même attristés du manque d’aimer, la plupart donnent à penser qu’en se consacrant à leur quête effrénée quotidiennement, ils se fabriquent ainsi la preuve de l’inexistence de la femme rêvée.
En compensation thérapeutique, l’illusion d’échanges par mails opère la place virtuelle qu’ils n’ont pas osé projeter réellement en eux et chez eux. Tout se passe comme s’il leur était impossible pour l’avenir, d’imaginer avec bonheur le bouleversement de leur vie actuelle, à cause d’une véritable rencontre .
Moralité Mesdames : ce n’est certainement pas plus ni moins impossible de rencontrer l’âme soeur sur Meetic, que de gagner au loto. On le sait : ça existe. A vos claviers !

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