Désir et Plaisir de la femme: une réjouissante révolution

Ces thèmes ô combien ressassés n’offrent plus guère de surprises, piégés dans un discours « sexologiquement correct », composé original d’angélisme, de pruderie (et oui !) , teinté de quelque jargon psy pour agrémenter le tout, et placé sous l’aile complaisante de la science. Une avalanche de recettes toutes plus miraculeuses les unes que les autres, nous promettent le septième ciel en un temps record, et gare aux récalcitrantes, aux réfractaires à l’orgasme , on aura tôt fait de les classer irrécupérables et de leur conseiller avec une bonne dose de commisération méprisante de confier leur troubles à un "psy."
Et si on avait tout faux ? Et si on n’avait rien mais alors rien compris au plaisir féminin et encore moins à son désir…
Commençons par rappeler les bases qu’on a tendance à oublier, avant de parcourir différentes perspectives, anatomie, physiologie, mais aussi mode de pensée, langage, représentation, au passage, nous en profiterons pour tordre le cou à quelques idées toutes faites… Un fois compris le mécanisme psychologique initial, les quelques barrières qui subsistent ne résisteront pas longtemps face à la nouvelle énergie d’un désir tout neuf et prêt à conduire vers la plus totale jouissance.

 

Sommaire

rédaction: Catherine Cudicio, Psychanalyste, Patrice Cudicio, Médecin Sexologue

 

Les trois niveaux de la sexualité

 

Les trois niveaux de la sexualité expliquent les différentes attentes, plaisirs et différentes frustrations que l’on rencontre dans sa vie sexuelle. Pour l’homme comme pour la femme on distingue:
- Un niveau pulsionnel, inscrit dans nos gènes en rapport avec l’instinct qui nous pousse à nous reproduire .
- Un niveau compulsif : désigne une activité sexuelle avec un (une) partenaire utilisé (utilisée) pour satisfaire ses propres « désirs » et ses envies. C’est un comportement égocentrique, en fait masturbatoire.
- Un niveau relationnel : là on ne prend plus, mais on donne à l’autre, c’est un échange et un partage.

Hommes et femmes ne jouent pas nécessairement au même niveau sexuel

Les aspects pulsionnels et compulsifs apparaissent beaucoup plus développés chez l’homme que chez la femme qui privilégie bien davantage les aspects relationnels.
Ce qui laisse à penser également que la sexualité de l’homme est plus souvent une sexualité d’adolescent, immature.
Autrement dit, dans l’expression : RELATION SEXUELLE, la femme privilégie la RELATION, et l’homme, le SEXE.
Ces niveaux ne sont pas hiérarchisés, ce serait prendre une fausse piste que d’attribuer une valeur aux comportements et les désirs propres à chacun. Les problèmes surgissent quand les partenaires ne “fonctionnent” pas au même niveau.
Chez l’homosexuel masculin, la sexualité s’arrête le plus souvent au niveau compulsif , chez les lesbiennes, le niveau relationnel est primordial. Ces constats n’évaluent en aucun cas la qualité de la relation, seul le vécu des acteurs est pertinent pour en juger.


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Le Plaisir et le désir


Ils sont parfaitement indissociables, même si certains (es) prétendent qu’ils (elles) peut avoir du plaisir sans désir comme l’inverse. Un rapide survol de la littérature spécialisée montre que 60% des femmes accèdent facilement à l’orgasme à point de départ clitoridien. On retient généralement les chiffres suivants :

  • 40% des femmes n'a aucun orgasme ni clitoridien ni vaginal.
  • 60% des femmes a un orgasme clitoridien
  • 40% des femmes a un orgasme clitoridien et vaginal.
  • Toute femme normalement constituée a la possibilité de découvrir et de connaître les deux. »

 

 

À quoi sert le clitoris ?


Cela peut paraître étrange de se poser la question tant chacun croit connaître la réponse à travers l'abondance d'informations. Les mouvements féministes des sixties ont contribué à valoriser la jouissance clitoridienne, jusqu'à exclure parfois toute autre possibilité d'atteindre l'extase. Il est évident qu'au début de sa vie sexuelle , le clitoris suffit à apporter du plaisir et de l’excitation, son rôle est d’ailleurs bien connu. Pourtant, sans vouloir minimiser le rôle du clitoris, il peut être judicieux de revenir aux réalités biologiques.


«  Si l’érection de l’homme est indispensable pour permettre la pénétration vaginale, il est nécessaire que la femme ait été stimulée pour que la pénétration soit possible ; c’est la fonction du clitoris : organe essentiellement destiné à l’excitation et au plaisir féminin. Il va permettre la lubrification vaginale indispensable à une pénétration facile, non douloureuse. La nature ne perd pas de temps! La pénétration est naturellement de courte durée, l’éjaculation survient la plupart du temps en moins de 2 minutes, ce qui est largement suffisant pour l'efficacité de la reproduction , surtout que le vagin féminin n’a pas la faculté de déclencher spontanément du plaisir. Ce qui revient à dire que l’homme est naturellement « programmé » pour éjaculer rapidement et que la femme l’est aussi naturellement à ne pas ressentir de plaisir et encore moins d’orgasme à point de départ vaginal. Très certainement en rapport avec des sécrétions hormonales importantes les aspects reproductifs de la sexualité sont dominants chez l’adulte jeune. Cet aspect pulsionnel ou compulsif débute au moment de la puberté pour commencer à diminuer entre 25 et 30 ans. » En savoir plus

Mais, bientôt, cette excitation ne suffit plus à déclencher le désir d’un rapport sexuel. Bien d’autres facteurs interviennent, la femme doit avoir envie de séduire, se sentir disponible, attirante, pour accepter les avances de l’homme.


D’où vient le désir de la femme ? Les origines comme l’expression du désir sont variées, selon les tendances, on invoquera tantôt des raisons biologiques pures et dures, mettant en exergue les aspects de notre animalité humaine ; d’autres écoles mettront l’accent sur les déterminismes sociaux (cf Orgasme et Occident de Robert Muchembled, où il distingue à travers les siècles les clivages sociaux et l’inégalité devant le plaisir). ; la tendance « tout-psy » se raccroche aux basques du génial viennois obsédé sexuel reconnu !
Il serait peu réaliste de privilégier une origine particulière : biologie et déterminismes se mêlent à l’histoire personnelle en une expérience unique. Il reste possible de distinguer quelques phases significatives dans l’évolution du désir et les attentes féminines.
Quand elle s’engage dans une relation amoureuse, la femme cherche plus ou moins consciemment à satisfaire un besoin fusionnel, ne faire qu’un, mêler les corps dans une étreinte délicieuse menant à l’extase sensuelle et sentimentale…

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Le désir fusionnel et le mythe de l'Androgyne


Le désir fusionnel vient du mythe de l’Androgyne, la créature originelle puissante, autosuffisante et bisexuée... Dans Le Banquet, Platon raconte que, pour contrer l’arrogance de l’Androgyne, Zeus la tranche en deux parties, l’une mâle, l’autre femelle. Depuis lors, les êtres cherchent leur “moitié”...
Le Mythe de l'Androgyne a longtemps figuré en toile de fond des habitudes en matière de morale et de sexualité. En effet, si on a trouvé sa «moitié», pourquoi allez en chercher une autre? La moitié ne peut pas être du même sexe, donc pourquoi désirer un de ses représentants ?
C’est que, l’on peut se tromper et croire naïvement qu’on a trouvé ce que l’on cherche, avant de s’apercevoir que ce choix n’est pas satisfaisant. Le philosophe explique sans sourciller que ce mythe demeure valide, même quand on a affaire à des gens volages, toujours en quête, d’hommes, de femmes, voire des deux….
On trouve aujourd'hui sur le net, des sites «gays» qui se réclament de l’Androgyne originel pour justifier les désirs et les quêtes homosexuelles.

 

Clivage de l'Androgyne. Oeuvre réalisée sur ordinateur par Gérard Pigeron. mars 2005.

Si le « projet » fusionnel suffit à alimenter le désir de la femme, se manifeste souvent ensuite le désir d’avoir un enfant. Les rapports sexuels sont alors justifiés car inscrits dans ce projet.
Ce n’est qu’après, aux alentours de la quarantaine, quand les attentes et désirs premiers sont satisfaits, que beaucoup de femmes entrent dans des stratégies d’évitement du rapport sexuel : migraine, fatigue, manque de temps…
Il existe toutefois des femmes qui continuent d’éprouver du désir tout au long de leur vie sans qu’il soit possible de définir des différences physiques ou physiologiques par rapport à celles qui perdent leur désir.
La différence ne se situe pas sur ce plan, et il faut savoir que toutes les femmes peuvent accéder à une jouissance optimale lors des rapports sexuels. Une découverte fondamentale permet d’identifier avec précision ce qui différencie les femmes désirantes des non désirantes.
Cette découverte s’appuie sur des travaux portant sur le langage et la pensée analogique.

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Qu’est-ce que la pensée analogique ?

symbole du désir dans la calligraphie japonaise


Pour dire les choses simplement, nous pensons de différentes manières et à différents niveaux de notre conscience. Beaucoup de gens croient à tort que la pensée c’est comme une voix intérieure, une sorte de conversation en soi, qui réfléchit, hésite, et prend des décisions. Or, si la pensée peut revêtir cette forme, elle en possède bien d’autres : représentations mentales, représentations sensorielles. Ce sont les affects et les sensations qui construisent la pensée qu’on dit « analogique » .

Qu’est-ce que la pensée ou le langage analogique et comment les définir ?

À la suite de travaux utilisant l’hypnose et les états modifiés de conscience, nous observons que notre esprit fonctionne en permanence sur un plan conscient et un plan non conscient, différent de ce qu’on nomme “inconscient” en psychanalyse, comme au sens commun.
Les plus grands spécialistes en ce domaine s’accordent en effet pour reconnaître les différents plans de la pensée. Antonio Damasio, évoque par exemple l’idée d’une pensée non consciente qui se développe en toile de fond de l’activité cognitive consciente.


Prenons un exemple : Si nous pensons et parlons de l’amitié, nous allons la décrire comme une relation privilégiée entre deux personnes faisant appel à certaines émotions ou certains affects; mais sans en être vraiment conscients, nous faisons référence à notre propre expérience de l’amitié et nous allons penser, pour en parler, à un ami ou à une amie. En fait des travaux en neurosciences ont montré qu’il n’était pas possible de penser de manière totalement abstraite, mais que toute pensée, même conceptuelle était métaphorique.


Sur le plan sexuel, chaque homme et chaque femme possède en fonction de son expérience un savoir conscient et une connaissance en partie non consciente de sa sexualité.
L’expérience comme la représentation de celle-ci font appel aux registres sensoriels : la vue, l'ouïe, le toucher, l’odorat, le goût qui ne peuvent s’exprimer sans un support analogique ou métaphorique.
Si nous pensons à la couleur rouge ; ce sera rouge comme une tomate, une voiture de pompier, ou n’importe quel objet rouge … La métaphore est riche de sens et qu’il ne peut en exister « un non sens ». En effet ne pas vouloir voir le rouge, nous oblige à le concevoir et en quelque sorte le représenter.
Par ailleurs une sensation est a-temporelle, c’est-à-dire en dehors du temps.


Cet espace riche de sens peut être défini comme une boîte : la boîte noire (nous faisons référence ici à la notion de conscience bicamérale). En état d’hypnose, la pensée consciente, logique, rationalisante est mise en léger sommeil, permettant l’expression des représentations contenues par la boîte noire sous forme d’analogies ou de métaphores.
Il faut comprendre que la sexualité est presque totalement dépendante du système nerveux involontaire ou autonome. Notre seule façon d’agir sur l’involontaire passe par l’intermédiaire de la « boîte noire ». En hypnose, c’est un peu comme si on avait placé un vidéo-projecteur sur cette fameuse boîte, projetant sur un écran les représentations sensorielles et émotionnelles liées à l’expérience, pendant que la partie consciente assoupie n’est plus qu’observatrice.
L’expérience hypnotique est donc un état de double conscience. Si nous utilisons une structure linguistique particulière faisant aussi appel à l’analogie ou à la métaphore, il est possible d’intervenir ou de modifier ces représentations, et donc les comportements et perceptions qui en sont issus et bien sûr les meilleures modifications sont celles conçues par la personne elle-même.
L’exemple du vaginisme responsable de mariage ou union non consommée est tout à fait explicite des manifestations de cette double conscience.


à quoi vous fait penser cette spirale?

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Savoir ne suffit pas

 

Il ne suffit pas de posséder des savoirs à propos de son anatomie et de sa physiologie, même si c’est un bon début. L’important c’est la représentation mentale, car c’est celle-ci qui se révèle opérante dans la vie sexuelle humaine.
Exemple : Madame F vient consulter pour un mariage non consommé. Elle n’a pas subi de traumatisme sexuel ou autre au cours de son passé, mais, elle n’a construit aucune représentation de son vagin, en fait, cela se passe comme si elle n’en avait pas. Cela explique parfaitement pourquoi Madame F interprète toute tentative de rapport sexuel comme une intrusion, le réflexe naturel de défense produit une contraction de ses muscles : toute pénétration est impossible.

Beaucoup de femmes, quand elle se représentent leur vagin l’imaginent comme un trou, une vacuité, un vide, une cavité, mais très rarement comme un organe équivalent à l’organe mâle. Pourtant, on a pu trouver cette représentation dans la médecine ancienne : Le célèbre anatomiste André Vésale, dans son ouvrage De humani corporis machina (1543) montre un dessin représentant un vagin dont la forme est exactement celle d'un pénis...( Planche ci-contre)

Cette représentation équivalente des sexes n’a pas tenu bien longtemps. Le siècle des Lumières, puis les suivants ont porté un coup fatal aux libertins, non plus en avançant la cla?ssique menace de l’Enfer des Eglises, mais en brandissant le bras vengeur de la science. L’enfer était désormais sur terre, il étendait son royaume par la propagation des maladies vénériennes mais aussi de la tuberculose. Une culture de la continence et de la modération a pris le pas sur le relatif laxisme des siècles précédents. Il n’y avait aucune égalité entre les hommes et les femmes sur le plan de la liberté sexuelle et, comme, le meilleur moyen d’effacer quelque chose est encore de faire semblant d’ignorer que cela existe, beaucoup de femmes n’ont pas conscience de leur vagin et encore moins de l’usage qu’elle peuvent en faire ni des plaisirs qu’il peut leur procurer. Tant que le vagin n’existe pas au niveau de sa représentation en tant qu’organe, la femme subit les rapports sexuels jusqu’au jour où, l’insuffisance de désir aidant, elle ne les supporte plus et en vient à les rejeter. Dans la fantasmatique amoureuse de la femme, la fusion est une donnée fondamentale, au plan biologique aussi.

 

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Sexualité et Biologie

La nature a pourvu l’homme et la femme d’un sexe dont les formes sont visiblement complémentaires. L’un est convexe, l’autre est concave. Comme nous pouvons le comprendre cette complémentarité est une nécessité ; elle permet la rencontre et la fusion des gamètes que sont l’ovule féminin et le spermatozoïde masculin pour la survie de notre espèce dans l’enfant qui va en naître.
Nous comprenons ainsi que la finalité première de la sexualité en est la procréation.
Pour ce faire, cette même nature nous a doté d’un instinct : l’instinct sexuel dépendant du bon développement fonctionnel de nos organes sexuels que sont le pénis et le vagin ; l’augmentation de la sécrétion des hormones sexuelles et plus particulièrement des androgènes (hormones mâles, sécrétées également, mais en faible quantité par la femme), au moment de la puberté sera responsable du développement des pulsions sexuelles. Cette sensation physique qu’est la pulsion est à différencier du désir sexuel qui s’inscrit dans une élaboration mentale propre à l’homme et à la femme. L’homme secrétant naturellement plus d’androgènes est animé de pulsions plus fortes, plus intenses et plus fréquentes que la femme.
Surtout que cette pulsion est responsable d’une tension qui ne trouvera sa résolution que dans l’éjaculation gratifiée d’une sécrétion d’endorphines (« morphine endogène fabriquée par le cerveau). Cela explique l’activité masturbatoire plus ou moins intense de l’adolescent et du jeune adulte mâle. Par la suite, lors de ses rapports sexuels, il ne fera en fait que continuer le même comportement, remplaçant sa main par le vagin féminin. Ce qui nous fait dire, qu’en fait bon nombre d’hommes ne continuent qu’à se masturber lors de leur rapport. N’oublions pas que ce mécanisme est involontaire car inscrit dans notre patrimoine génétique. Ce type de comportement est en grande partie responsable de l’éjaculation prématurée.


Venons en à la femme ; celle-ci possède un clitoris, corollaire fonctionnel et pulsionnel du pénis, bien que de structure différente : en effet le clitoris n’est pas un petit pénis. Sa stimulation provoque sans aucun doute un plaisir intense à la femme, résolution de tensions secondaires de ses pulsions sexuelles. Mais sa fonction essentielle est de déclencher une bonne lubrification vaginale facilitant la pénétration du pénis et ainsi de réaliser l’accomplissement de la fonction première de la sexualité qu’est la reproduction.
Nous pouvons penser que pour la grande majorité des femmes, il s’agit plus d’une pulsion vis à vis de la grossesse et de l’enfant qu’un véritable désir d’enfant et c’est plus à ce niveau que ce situe la gratification de l’acte sexuel. Nous comprenons bien qu’au-delà de cette envie d’enfant, la femme ne puisse éprouver qu’un faible attrait vis à vis d’une pénétration qui ne se justifie plus, du moins pour elle. Le rapport sexuel n’aura de sens que s’il lui permet de manifester ses sentiments amoureux vis-à-vis de l’homme avec lequel elle partage sa vie. Il peut être également justifié par un désir de séduction, de se sentir « normale », de la peur d’être abandonnée, d’avoir la paix dans son ménage et d’éviter toute remise en question.
Il nous faut donc bien distinguer ce qui est de l’ordre de la pulsion et ce qui est de l’ordre du désir. De manière simpliste, nous pourrions dire que la pulsion est la part d’animalité de notre sexualité, alors que le désir est ce qui nous rend plus humain, bien que ces deux « sentiments »soient parfois très mélangés et d’un distinguo difficile.
À ce sujet et sans vouloir généraliser, il semble que la sexualité féminine soit naturellement moins « animale »que la sexualité masculine ; ce dernier étant plus soumis à ses pulsions.
Dans sa quête fusionnelle, la femme amoureuse cherche inconsciemment à reconstruire avec l’autre cet androgyne mythique. Et pour y arriver, la première étape consiste à basculer vers une attitude active, c’est-à-dire en l’occurrence d’utiliser son vagin comme un véritable organe un peu semblable à sa main qui caresse, étreint, stimule, excite, s’empare, cajole ou apaise…. C’est alors qu’elle devient pleinement actrice de sa sexualité.
Le désir amoureux fusionnel justifie et explique les mécanismes du désir sexuel.
Dès que la femme accède à cette représentation de son vagin comme un organe actif, le sens qu’elle donne aux rapports sexuels change du tout au tout, elle peut enfin découvrir un plaisir nouveau, extatique qui comble toutes ses attentes sensuelles et amoureuses : l’orgasme à point de départ vaginal.
De là à penser que cet orgasme là, est, au final le seul qui compte vraiment ou valide la “vraie” féminité, il n’y a qu’un pas. C’est ce que pensait Freud qui, par ailleurs avouait qu’il ne comprenait rien à ce “continent noir”: la femme.

 

portrait de Marie Bonaparte

 

Marie Bonaparte, qui subit une psychanalyse avec Freud, se croyait frigide, car, la masturbation lui apportait des orgasmes à point de départ clitoridiens qu’elle jugeait insuffisants pour se sentir une vraie femme... Dans son ouvrage “La sexualité de la femme” paru en 1951, elle écrit: «Le vagin de la femme, érotisé lors de la puberté, doit passivement se contenter d'attendre que le pénis de l'homme vienne l'éveiller. Car le rôle de tout ce qui est femelle, de l'ovule à l'amante, est d'attendre. Le vagin doit attendre l'avènement du pénis sur le mode passif, latent, endormi, où l'ovule attend le spermatozoïde.» Pourtant, la Bonaparte ne jouissait pas. Ou du moins pas comme elle espérait devoir le faire. Philippe Brenot, psychiatre, anthropologue, directeur d'enseignement en sexologie à l'université de Paris V dans son ouvrage Le Sexe et l'amour (Odile Jacob),relate que Freud, constatant l’impuissance de la psychanalyse à faire d'une femme clitoridienne une femme vaginale, invoque alors l’existence d'une cause anatomique qui justifierait cette impasse, et affirme que le problème se résume à une affaire de distance entre le clitoris et le vagin. Freud, se cantonne alors dans la certitude que seules certaines femmes possèdent une anatomie sexuelle leur permettant de jouir . Sa patiente et disciple Marie Bonaparte mettant en pratique les théories du maître confie son sexe à la chirurugie afin de déplacer son clitoris pour le rapprocher du vagin. Trois opérations sont réalisées entre 1927 et 1931 sans que le “problème” ne soit résolu...

 

Un sujet qui fâche, le  point dit « G »


La zone la plus sensible du vagin en ce qui concerne le plaisir se situe au niveau du premier tiers ( le tiers externe) et de sa paroi antérieure c'est-à-dire la zone de vagin qui va de la base de la vessie et qui est en contact avec l'urètre dans toute sa longueur. Le tissu constituant cette zone est du tissu spongieux comme le tissu du gland masculin et que l'on trouve aussi autour de l'urètre masculin. Cette zone richement vascularisée, est particulièrement sensible elle devient turgescente au moment de l’excitation et «gonfle ». Cette zone ne peut pas se résumer à un « point » il s’agit bien plutôt d’un territoire. Le « G » correspond au nom de son «inventeur » le Dr Graffenberg.
Cette découverte n’a pas manqué d’être exploitée de façon simpliste et caricaturale, comme s’il suffisait d’appuyer sur le bouton pour déclencher un orgasme ! La sexualité humaine ne saurait se comparer à quelconque machinerie fut-elle des plus sophistiquées, ainsi, tel le serpent de mer, le point de controverse surgit-il périodiquement. Rappelons au passage, que cette zone érogène est déjà connue sous le nom de« kanda » dans la pratique du Tantra ou de « perle noire » pour les Taoïstes.
Il semblerait que le plaisir vaginal naisse au niveau de l’urètre comme chez l’homme; mais tout le vagin peut être excité et devenir une source de jouissance, bien qu’il ne possède pas une innervation aussi riche que celle du clitoris ou de la zone « G » en question. Le plaisir vaginal dépend de la façon dont la femme a réussi à habiter son organe vaginal et à en construire des représentations positives, et actives.
Cette zone est souvent mal stimulée pendant le rapport sexuel dans la position classique dite du missionnaire où l'homme est allongé sur la femme. Découvrir sa propre zone « G » peut se faire facilement par une exploration manuelle. Confier cette exploration aux doigts de son amant peut aussi être une aventure des plus délicieuses.

 

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Alors orgasme clitoridien ou orgasme vaginal? Et pourquoi pas les deux?


L'orgasme clitoridien

Tout dépend du sens que donne la femme à sa sexualité: comment elle la perçoit, la représente, la vit.
La plupart des femmes accède assez facilement au plaisir clitoridien et à l’orgasme, cependant chacune n’accorde pas la même importance ni la même valeur à ce plaisir. En général, la jeune femme qui débute sa vie sexuelle s’en trouve satisfaite, ce plaisir-là rassure, prouve sa normalité vis à vis d’elle-même, et de l’homme, c’est un peu l’équivalent de la jouissance masculine, cependant, la femme s’en désintéresse assez rapidement...
Comment expliquer ce manque d’intérêt, alors qu’il y a plaisir? Beaucoup de femmes considèrent leur plaisir clitoridien comme un plaisir solitaire et non comme l’aboutissement de l’union ou de la fusion tant recherchée. Elles sont dans l’attente d’autre chose: un plaisir, une jouissance qui soit une sorte de couronnement de cette union, comme cela semble être le cas pour l’homme qui trouve son plaisir (il éjacule) ou du moins le croit-on lors de la pénétration.
Celles qui sont plus à l’aise dans leur corps trouvent une astuce: se masturber lors de la pénétration. Cela leur donne et lui donne l’illusion d’une jouissance partagée! Manifestement, il semble toujours manquer toujours quelque chose, d’où la frustration ressentie.
On ne peut néanmoins nier qu’une faible proportion de femmes au profil “phallique” ( selon la terminologie analytique d’inspiration freudienne) ce qui ne veut pas dire viril vont tellement investir leur clitoris qu’elle vont en faire un petit pénis et l’utiliser comme tel. Elles développeront ainsi un comportement, pas uniquement sexuel d’ailleurs, très semblable au comportement masculin. Certaines sexologues femmes des années 70, époque du féminisme, en feront et en font toujours le modèle de la sexualité féminine. Sous le prétexte d’opposition à l’homme et à sa sexualité “pénétrante” elle vont minimiser, voire complètement gommer l’importance de la dimension relationnelle. L’homme reste en partie responsable de la frustration féminine; s’il ne maîtrise pas son éjaculation et utilise le vagin comme l’instrument de sa masturbation. Il devra lui aussi transformer son pénis afin d’en faire un instrument relationnel de l’échange.
Ainsi la majorité de ces femmes dites clitoridiennes (comme toute femme l’est naturellement à moins d’avoir subi une inhibition sous forme d’interdits divers et variés) vont, après un certain temps de vie sexuelle apparemment satisfaisante abandonner plus ou moins rapidement l’idée de pouvoir éprouver un jour un plaisir, une jouissance vaginale. La dimension relationnelle de la sexualité n’étant pas satisfaite, elles mettent en place des stratégies d’évitement, n’accordant leurs faveurs que lors d’un désir de grossesse, ou pour maintenir la cohésion du couple. Simuler le plaisir est souvent inévitable et devient rapidement un piège: en effet comment refuser si on est “satisfaite”? Fort heureusement, la fatigue du travail, les enfants, la migraine, et la télé, voire l’ordinateur, permettent d’échapper aux délices non désirés de l’intimité.

Découvrir l'orgasme vaginal
La femme ne pourrait donc pas accéder à la jouissance vaginale, au plaisir de la relation?
Fort heureusement, il n’en est rien car elle détient les moyens et les compétences pour le découvrir et le développer, à condition que l’homme contrôle la survenue de son éjaculation et qu’elle ait tout son temps devant elle. C’est un préalable indispensable...
Dans une démarche de découverte, une durée de 15 minutes représente un minimum nécessaire et quand on sait que 70 à 75 % des hommes éjaculent en moins de 6 minutes, la partie n’est pas gagnée.
Nous allons maintenant essayer de définir toutes les conditions nécessaires ce qui ne veut pas dire suffisantes pour que la femme puisse espérer découvrir le plaisir et la jouissance vaginale.

Pour découvrir l’orgasme vaginal d’autres conditions sont nécessaires. D’abord une connaissance de son anatomie vaginale; en effet une bonne représentation du vagin comme un espace, un lieu dont elle peut ouvrir la porte est nécessaire. Dans le cas contraire, il y a le risque de persistance de douleur lors de la pénétration en rapport avec un certain degré de vaginisme. La pénétration ne se fait pas dans le corps mais dans une cavité du corps. La muqueuse qui le recouvre possède les mêmes qualités que la muqueuse buccale en ce qui concerne sa solidité; le col de l’utérus doit pouvoir être situé car il clôt la vacuité et permet de différencier le vagin (la salle de jeu) de l’utérus (la pouponnière). Il est à remarquer que le col de l’utérus ne possède pratiquement pas de sensibilité superficielle, c’est-à-dire au contact.
La découverte du fameux point G qui n’est pas un point mais plutôt une zone est utile. Elle facilite la femme dans la découverte d’une sensation vaginale et donc d’un possible orgasme.
Malheureusement, cette sensation urétrale est souvent peu discriminée, c-a-d confondue avec une envie d’uriner. N’oublions jamais que chez l’homme l’urètre joue un grand rôle dans l’excitation sexuelle et dans l’éjaculation.
Progressivement doit se faire la prise de conscience que le vagin n’est pas qu’une cavité, mais un “organe” concave au même titre que l’organe masculin, le pénis, est convexe.
Puis que cet organe se transforme en un instrument de communication au même titre que le regard, la parole, le toucher, le baiser qui peuvent être considéré comme des outils de celle-ci.
Enfin elle doit pouvoir établir une connexion à l’autre à l’aide de son sexe comme pourrait le faire deux prises de courant. Ce qui est important c’est le courant qui passe et non les prises!
C’est un peu comme si les pensées amoureuses partant du cerveau traversaient le corps puis le sexe pour être transmises à l’autre.
Le plaisir voire la jouissance sont un peu comme de la poésie ou de la musique que chacun interprète à sa façon à l’autre. La femme devient ainsi véritablement l’actrice de sa sexualité et n’attend plus que “la révélation” lui soit donnée par le partenaire.

Le partenaire joue un rôle essentiel; en effet si ce n’est lui qui fait jouir la femme, sa contribution est essentielle.
Il doit comme un bon jardinier créer les conditions favorables à l’épanouissement de la “fleur” qu’est le plaisir féminin.
Nous avons vu que la communication est essentielle: il doit donc pouvoir le faire avec son sexe; mais avant de le faire avec celui-ci, il aura du le faire par son attention, son respect (nous avons vu précédemment que la femme n’a pratiquement pas de pulsions sexuelles) ses paroles, ses caresses, etc…Prendre le temps de la communication est essentiel.
Apprendre à caresser le vagin avec le pénis plutôt que de se caresser le pénis avec le vagin est essentiel. Cela nécessite un apprentissage au contrôle de son éjaculation; on peut considérer qu’un délai minimum de 15 minutes du moins au départ, dans la période de découverte, soit nécessaire pour que la femme ait la sensation d’avoir tout le temps devant elle pour découvrir son plaisir et sa jouissance vaginale. Celle-ci n’est jamais volontaire.

C’est l’intensité émotionnelle, élaborée ou non sous la forme d’une imagerie mentale, d’un fantasme accompagnant la relation sexuelle qui sera responsable de l’explosion orgasmique. Elle peut ainsi avoir l’impression désirée d’être, par l’intermédiaire de son vagin, remplie de l’être aimé ou de l’absorber. Les sexes ne sont alors que des courroies de transmission.
Certaines comme Éloïse, jeune femme de 30 ans, bien qu’étant très féminine déclenche son orgasme lors de la pénétration en imaginant son vagin retourné comme un pénis pénétrant son partenaire.
Ne jamais oublier que la femme plus que l’homme fait l’amour avec sa tête.
Il est à remarquer que l’orgasme vaginal, à la différence du clitoridien qui est intense est bref peut se prolonger plusieurs secondes et se répéter; il n’est en effet pas rare qu’une femme qui jouit de cette manière puisse éprouver plusieurs orgasmes successifs.

Nous comprenons mieux que le désir de la femme n’est pas sexuel, mais un désir de relation qui si les conditions s’y prêtent, utilisera son sexe.

 

Pour parvenir facilement à l’orgasme clitorien

  • Se sentir à l’aise avec son corps et avec son sexe: pouvoir le toucher et le caresser sans gêne, sans crainte, sans dégoût.
  • Être détendue, avoir le temps de prendre son temps.
  • La présence physique du partenaire n’est pas souhaitée sauf s’il est le stimulateur.
  • L’utilisation d’un sex-toy est possible et peut faciliter l’obtention d’un orgasme rapidement.

 

 

Pour découvrir l’orgasme vaginal

  • Réunir les conditions nécessaires à l’orgasme clitoridien
  • Avoir une bonne connaissance de l’anatomie du vagin: Le vagin n’est pas une simple cavité, c’est un organe concave, comme la main ou la bouche...
  • Le vagin est un organe de communication, comme le pénis, il permet de transmettre et de recevoir les pensées amoureuses
    L’important c’est donc l’échange et le partage.
  • Ce n’est pas l’homme qui “fait” jouir la femme, c’est elle qui permet à l’orgasme de se produire.
  • Le partenaire doit apprendre à caresser le vagin avec son pénis et non l’inverse.
  • Le partenaire doit savoir donner tout le temps nécessaire.

 

 

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Les entraves au désir

 

Les « cadenas » de Gilbert Boyer, artiste plasticien et poète canadien. « La poésie, si elle est accessible à tous, n’est pas visible à tous; comme ces cadenas ne l’étaient pas à tous ceux qui, quotidiennement, sont passés à côté ; comme ces cent mots, ces cent verbes, ces cent fleurs qui n’ont été lus que par quelques uns.» Les cadenas de Gilbert Boyer ont été exposés dans la ville de Lille, ils portaient un verbe gravé , étaient fermés mais n'interdisaient aucun accès...

 

Des obstacles souvent invisibles

Un certain nombre d’obstacles, redoutables, mais loin d’être insurmontables s’interposent sur le parcours érotique de nombreuses femmes. La plupart des documents qui traitent du désir de la femme et surtout des moyens de le stimuler passent à côté du problème. La difficulté n’est pas tant au niveau du désir sexuel mais plutôt du désir de l’éprouver : ce qui est inhibé c’est le désir d’avoir du désir.
Les femmes qui se plaignent de manquer de désir, se trouvent en réalité, bloquées en deçà de la porte qui s’ouvre sur le désir sexuel.
D’une manière très générale, tout ce qui vient entraver la curiosité, l’excitation de la découverte, l’envie de savoir, d’expérimenter, de s’approprier s’oppose au désir sexuel.
Quand une femme n’a pas envie de se parer, se coiffer se maquiller, se faire belle, ou n’a pas envie de rencontrer des gens, il est rare qu’elle puisse éprouver du désir sexuel.


Les entraves proviennent de plusieurs sources : sur le plan personnel, d’abord, on rencontre souvent des représentations dévalorisées voire effrayantes concernant le sexe, les organes sexuels du partenaire, l’acte sexuel, les caresses, et autres douceurs érotiques.

Modèles éducatifs répressifs

Ces représentations prennent leur source dans le modèle éducatif quand il est répressif comme c’est souvent le cas dans certains milieux sociaux. En France comme en Angleterre, le siècle victorien a imposé des comportements de pruderie carrément dictatoriaux, au moins dans les classes bourgeoises. On allait jusqu’à masquer les pieds des pianos jugés obscènes selon les critères de l’époque.
La stratégie de masquage, de gommage ou d’oubli de la réalité consiste à voiler ce qui fâche ou ce qui excite, on ne voit plus l’objet et donc, il ne pose donc plus de problème.

Le contrôle social

La pression sociale prend bien vite le relais de l’éducation répressive, la femme a dû se contenter de rôles sociaux très limités et strictement définis pendant des siècles : mère ou prostituée, aux autres stades de sa vie, l’invisibilité lui était imposée.
Bien que les choses aient beaucoup changé dans les sociétés occidentales, notamment depuis les années 60, il demeure cependant quelques scories savamment entretenues par certains courants de pensée.
Pendant des siècles, jusqu’à la fin de l’ère Victorienne, la religion avait considéré la femme comme « par définition » lubrique, désirante et incapable de se contraindre, ce qui venait justifier les différentes formes d’oppression et de répression à son encontre. Exprimer son désir envers son amoureux, ou même son mari était considéré comme un péché.

le verbe "chercher"

La "géniale" invention de Freud: l'envie de pénis

Fort de cette observation, quelques années plus tard, Freud imagina que le femmes étaient « par définition » des êtres frustrés car toujours en quête d’inaccessible, animées qu’elles étaient par une bizarre évolution du péché originel : l’envie de pénis…. Et oui, avoir un pénis, voilà qui donnait le pouvoir, le droit à la parole, mais surtout le droit au plaisir…
L’homme pouvait donc bien tranquillement continuer à faire croire qu’il s’inspire d’idéaux, tandis que la femme s’acharnerait dorénavant à vouloir un pénis… Ce nouveau clivage des sexes permettait surtout que rien ne pût changer dans l’ordre moral et social de l’époque.
D’autres mouvements ont ensuite récupéré la brillante idée de notre vertueux viennois et ont donné au clitoris une place de choix, allant jusqu’à nier la différence entre l’orgasme à point de départ clitoridien et celui à point de départ vaginal. Le clitoris, cet « oublié » n’était-il pas un « petit pénis » ? La femme allait enfin pour devenir l’égale de l’homme, juste en plus petit…
Cette manière d’envisager les choses a longtemps servi de toile de fond à la répression et l’inhibition du désir… La quête de l’égalité a souvent masqué celle, plus fondamentale, de la liberté. Nous devons aussi reconnaître que bon nombre d’approches n’ont pas apporté une aide réelle aux femmes qui souhaitaient assumer pour de bon leur féminité dans ses dimensions sensuelles et originales.

 

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La Thérapie

Une charmante exploratrice nommée "Désir" voir les autres images

 

Pourquoi les "recettes" sont-elles souvent inefficaces?

Ouvrons au hasard un manuel de sexologie à l'usage du grand public, il en existe tant qu'on ne saurait en désigner un en particulier... Qu'y trouve-t-on? Approximativement le même ronron bien pensant, composé de recettes qui se révèlent inopérantes pour venir en aide aux femmes qui souffrent d'un manque de désir et d'une absence de plaisir. Pire encore, ces recettes peuvent aggraver les difficultés en y rajoutant une bonne dose de culpabilité.

La sexualité humaine n'est pas une affaire de mécanique ni de gymnastique, pourtant, c'est presque toujours sous cette forme caricaturale qu'elle est présentée et expliquée. Le discours de la bien pensance sexuelle, ne reflète pas davantage les réalités individuelles que la pornographie ne les décrit!

Ce manque d'efficacité s'explique au moins pour deux raisons, d'une part, les donneurs et donneuses de recettes ne font que refléter leur propre représentation de la sexualité, même si leurs bonnes intentions sont parfaitement sincères... Il est en effet bien difficile de se représenter quelque chose auquel on ne peut rattacher sa propre expérience, ses perceptions et représentations sensorielles. L'expérience de l'orgasme vaginal est réellement spécifique, une femme qui ne l'a pas éprouvée peut difficilement se la représenter, encore moins évaluer les attentes ou donner des conseils vraiment utiles. En revanche, quand elle parvient à l'éprouver, elle le sait immédiatement .

La seconde raison qui rend la plupart des recettes inopérantes, c'est qu'elles ne s'appliquent pas au bon moment du parcours. C'est un peu comme si on tentait de faire courir un escargot, n'ayant pas de jambes, les conseils ou les conditionnements qu'on lui prodiguerait ne lui seraient d'aucun secours. Pour le désir et le plaisir, les recettes ne sont pertinentes qu'à partir du moment où l'on a le désir d'avoir du désir. Un travail sur les représentations mentales est un préalable indispensable. Ensuite, les recettes pourront être expérimentées avec gourmandise et délectation...

Changer notre façon de comprendre les problèmes

 

Nous pouvons aborder sous un angle totalement nouveau les troubles du désir et du plaisir au féminin, en aidant la femme à construire une représentation de son sexe qui soit, déjà bien plus en harmonie avec la nature, et surtout bien plus efficace sur la voie du plaisir.
Après avoir éliminé d’éventuelles entraves au désir. Il s’agit d’aider la femme à modifier ses représentations au sens où nous l’entendons et pas uniquement sur un plan cognitif, de son sexe , du sexe de son partenaire et du sens qu’elle veut donner à ses rapports sexuels.


Comment se passe la thérapie?

Quelques entretiens suffisent généralement pour modifier les représentations sexuelles, et en construire de nouvelles, positives et gratifiantes. Il faut toutefois que la femme accomplisse une simple exploration de son organe vaginal, afin d'acquérir une représentation anatomique et physiologique personnelle.
Exceptionnellement, l’utilisation pendant 1 ou 2 séances d’une sonde d’electro-stimulation comme celles utilisées lors de la rééducation périnéale à la suite d’un accouchement peut faciliter la prise de conscience de l’organe vaginal.


Devenir actrice de sa sexualité

La femme prend alors très rapidement conscience qu’elle devient réellement actrice de sa sexualité. Faire l’amour a acquis un sens nouveau pour elle, ce qui provoque l’apparition d’un désir jusqu’alors inconnu, à condition qu’elle éprouve toujours assez d’attirance et de sentiments envers son partenaire pour qu’elle accède à ce désir de fusion en le « prenant » en elle par le moyen de « cette métaphore » qu’est son sexe en érection.
Si ce travail sur ces représentations fait en face à face, n’est pas suffisant bien qu’utilisant le langage analogique, nous utiliserons l’hypnose qui lui permettra d’accéder plus facilement aux ressources de son imaginaire.
Si toutes les conditions préalables de disponibilité physique et psychique et bien sûr de celle de son partenaire sont réunies, la femme peut jouir pleinement de toutes les dimensions de sa féminité en quelques semaines.
N’oublions cependant pas que cela nécessitera souvent des changements chez le partenaire, comme la résolution d’un problème d’éjaculation prématurée.
A partir de ce moment , la femme et l’homme pourront vivre et jouer leur sexualité sur un pied d’égalité.

"Cécile", Odile Sergent, sculptrice

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