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mise à jour le 4/12/07

L'éducation sexuelle en question

 

un dessin  de Catherine Cisinski visiter le site de Catherine Cisinski, voir son blog

Quand les morales en cours dans une société considèrent la sexualité comme dangereuse, les individus jugés faibles ou mineurs devront en être tenus à l’écart, en l’occurrence, dans les sociétés dominées par des morales issues des monothéismes, les femmes, les enfants et les adolescents font l’objet de cette vigilante protection.
L’éducation sexuelle est-elle possible ? Cette question en soulève bien d’autres. Déjà, ne sommes-nous pas en train de confondre « éducation » avec « information » ? Ce que nous nommons éducation sexuelle se résume le plus souvent à la distribution d’une information sur la reproduction humaine, et la transmission sexuelle des maladies. Pour le reste, les jeunes devront « se débrouiller »…
Face à l’agressivité commerciale qui utilise le sexe ni plus ni moins comme un produit et comme un argument de vente, émergent des positions pudibondes qui voudraient chasser des media toute référence à la sexualité. Or, ces postures ne sont pas plus cohérentes les unes que les autres. Tout être humain possède un sexe et un genre, il s’identifie et communique avec les autres en tant que tel. L’apprentissage des relations sociales ne peut pas s’abstraire de la dimension sexuelle : éduque-t-on les filles et les garçons de la même façon? Sur certains sujets, on pourrait l’affirmer : de l'école à l’Université les classes sont mixtes, mais, sur le reste, rien n’est moins sûr.
Qu’arrivera-t-il à ces garçons qu’on formate à la « douceur » dans certaines écoles d’Europe du Nord, au nom d’un hypothétique rééquilibrage égalitaire des genres ?
La connaissance des réalités biologiques est une base fondamentale et incontournable de l’éducation sexuelle, et tout devrait être mis en œuvre pour que tous les enfants et les adolescents y aient accès. Mais se satisfaire de cette information suffit à peine à berner les plus naïfs ; la sexualité peut être une source d’épanouissement ou une cause d’angoisse, tout dépend du sens qu’on saura lui donner, c’est précisément là que commence l’éducation…

Deux axes composent l’éducation sexuelle : l’information portant sur les réalités biologiques, et la découverte de la sexualité en tant qu’expérience d’échange et de communication.

Nous vous proposons une mise en perspective à travers l'histoire de l'éducation sexuelle en France, ses contenus, une réflexion sur l'éveil au plaisir , un entretien avec l'auteur d'un des rares sites web réellement utiles sur ce thème. Ce n'est pas si facile de parler de la sexualité sans tomber dans les pièges de la vulgarité, de la scientolâtrie, et du discours moralisateur...

Un peu d'histoire

Information et Education

A qui appartient le corps?

L'éducation sexuelle est-elle un leurre?

Entretien

Pour en savoir plus

 

 

rédaction: Patrice Cudicio, Médecin Sexologue

Catherine Cudicio, Psychanalyste

Catherine Cisinski, Peinre, Art thérapeute

coordination : Sofia Hudic

 

Un peu d’histoire
En France, au XIX e siècle, la connaissance des réalités biologiques a longtemps été considérée comme une perte de l’innocence, du moins pour les filles, strictement tenues à l’écart de toute allusion à la sexualité. L’ignorance et l’obéissance garantissaient leur « pureté », c’est-à-dire, leur virginité. Dans la religion chrétienne, majoritaire en France, le péché n’a même pas besoin d’être accompli dans les faits, la pensée suffit et conduit à l’obsession de l’impur… L’interdit pèse sur la visibilité des corps et de tout ce qui a trait à la sexualité.
Cette attitude puritaine affecte bien davantage les jeunes citadines issues de milieux aisés, car en milieu rural, les conditions de vie favorisent la promiscuité. Les filles comme les garçons voient leurs frères et sœurs nus, assistent parfois à leur naissance qui se passe à la maison, et observent également le comportement sexuel des animaux domestiques…

 


Dès la fin du XIX e siècle, des voix s’élèvent contre l’obscurantisme en vigueur
, le but n’est pas de donner plus de liberté à la femme, mais de tenter d’endiguer la propagation de la syphilis considérée comme un danger pour la stabilité de la population. On croit que la maladie est héréditaire et les antibiotiques qui permettent de guérir cette maladie n’existent pas encore, la contamination gagne toutes les catégories sociales, et notamment les femmes « honnêtes » restées ignorantes de ces dangers. Désormais, grâce à l’action de médecins, le soutien des prêtres, la femme revendique le droit de s’informer de l’état de santé de son fiancé. On devine que cette attitude doit affronter bien des écueils avant d’être acceptée. Édouard Janselme, Professeur à la Faculté de médecine de Paris, est un spécialiste de la syphilis et de la prophylaxie d’autres maladies comme la lèpre. En 1923, il préside la Société Française de Prophylaxie sanitaire et morale, fondée dès 1901.


En 1908, Léon Blum publie un article intitulé « Du mariage », dans lequel il défend une position très libre, en rupture complète avec les traditions. Il approuve les relations sexuelles avant le mariage pour les fiancés des deux sexes ce qui fait scandale. Une idée nouvelle du couple est née, qui suppose des conjoints informés, libres et responsables.

Ces idées font partie d'un vaste mouvement européen animé par des médecins, des univestaires et autres élites intellectuelles qui se proposent d'étudier la sexualité de façon scientifique, en tentant de se libérer des pesanteurs religieuses. Dans les années 30, à Stuttgart Julius Puttman dirige une revue dans laquelle écrivent des spécialistes de la sexualité, à commencer par le célèbre Dr Magnus Hirschfeld.

Julius Puttman donne aussi la parole aux mouvements naturistes qui dévoilent les corps et veulent chasser l'hypocrisie qui entoure la sexualité.


Illustrations d'articles dans la revue de Julius Puttman


Les féministes en première ligne!

L’information à propos des réalités biologiques de la sexualité fait partie d’un vaste mouvement d’émancipation de la femme, même si, à ses débuts, elle ne porte que sur la reproduction et à la prophylaxie des maladies vénériennes.C’est sous l’impulsion de Nelly Roussel, et surtout de Madeleine Pelletier que les injustices faites aux femmes en matière d’instruction seront révélées et condamnées. Si la République autorisait les femmes à accéder à l’enseignement supérieur, le contenu des cours avait été délibérément expurgé de toute information portant sur la reproduction et la sexualité. Pourtant, Madeleine Pelletier accomplit ses études de médecine et publie en 1917 une brochure intitulée l’Education féministe des filles. L’intérêt de ce texte est de poser les bases de l’éducation sexuelle et du féminisme. L’auteur, réaliste, n’ignore pas que les femmes qui s’engagent dans une voie de liberté vont rencontrer plus d’hostilité que de bienveillance, elle affirme aussi qu’elles devront renoncer à l’amour.

 


L’importance de la sexualité apparaît aussi à travers les travaux de la psychologie, et plus tard de la psychanalyse. Cela permet de définir les thèmes que devra aborder l’information sexuelle : anatomie des corps, reproduction, prophylaxie des maladies dites « vénériennes » (MST ou IST : maladies ou infections sexuellement transmissibles dans le langage en cours aujourd’hui).
La période entre les deux guerres est propice à une remise en question des traditions, en effet, les femmes ont assumé des rôles de décision et de responsabilité, il semble naturel qu’elles revendiquent d’avoir accès à une information claire à propos de la sexualité. Mais, ces aspirations légitimes se heurtent à une volonté de stimuler la croissance de la population, lourdement affaiblie par la guerre. La loi de 1920 interdit explicitement l’avortement et la contraception, toute action contraceptive est assimilée à un avortement, et donc un crime jugé en cours d’assises.
Les mouvements féministes ne se satisfont pas d’un tel état de choses, d’autant que l’aspiration à plus de liberté et plus de choix est dans la tendance des années soixante. Le droit de disposer de son corps, et de gérer sa fécondité devient une priorité notamment depuis la mise au point de la pilule contraceptive.


Ce n’est qu’en 1967 que la loi Neuwirth autorise la contraception ; la loi Weil, en 1975 autorise l’avortement…
L’information sexuelle, dite « éducation sexuelle », quant à elle fera officiellement partie des programmes scolaires à partir de la « circulaire Chevènement » en 1985.

 

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Information et Education

"abandon" un dessin de Catherine Cisinski

visiter le site de Catherine Cisinski, voir son blog

 

L’information est indispensable à l’éducation, mais ne saurait s’y substituer. Pourtant, la confusion est fréquente car sur le thème de la sexualité, bien des interdits demeurent. La gêne des enseignants fait écho à celle des apprenants qui, en outre, tendent à contester la validité de la source. Tout ce qui touche au sexe est souvent vécu de façon péjorative, on ne parle pas de « ces choses là », ce sont des « cochonneries », du « vice », et pourtant, dans le même temps, l’attrait sexuel se trouve valorisé à l’extrême, hommes et femmes sont à égalité sur la tyrannie de l’apparence : il faut être «sexy»…


Admettons que l’information reste neutre, ceux qui la sélectionnent ne le sont pas, même s’ils prétendent à une certaine objectivité. L’éducation est une manipulation, un cheminement vers un idéal idéologique ou spirituel. Quelqu’un qui affirme : « j’élève mes enfants » refuse cependant d’admettre qu’il s’agit d’élevage d’enfants, mais se situe bien davantage dans une logique éducative. Eduquer, c’est transmettre un modèle, en diffusant des informations, mais aussi en utilisant tous les autres moyens qui jouent un rôle dans l’apprentissage : imiter, montrer, s’opposer, chercher, découvrir, expérimenter, construire du sens, éprouver des émotions, mémoriser, généraliser, croire… Au bout du processus, des certitudes sont installées qui jouent en faveur de l’épanouissement ou de la frustration.
Si l’on reconnaît la part d’influence et de modelage présente dans toute éducation, alors, on doit s’interroger sur le modèle de sexualité qu’on transmet. L’information qui est sélectionnée pour faire partie d’un programme d’éducation sexuelle obéit elle aussi à des modèles, mais se drape pudiquement derrière un paravent de neutralité plus ou moins scientifique.


Il faudrait commencer par appeler les choses par leur nom, et dire que le programme scolaire parle d’anatomie sexuelle, de biologie de la reproduction, d’une part et d’autre part de contraception et de prophylaxie des IST. Personne n’est dupe et surtout pas les élèves, savoir ne suffit pas. Et d’autant moins que la parole de l’enseignant se trouve mise en doute, contestée, voire combattue. Certains sujets n’ayant rien à voir avec la sexualité ne peuvent même plus être abordés en classe, pour des raisons de sécurité de l’enseignant qui tient à rester en vie, doit-on rappelle que c’est son droit le plus légitime… ?


Information et éducation restent indissociables, dire que l’éducation intéresse les comportements et l’instruction les savoirs, ne suffit pas à rendre compte de cette transmission.Une information fiable et précise à propos des réalités biologiques n’est qu’une étape, mais elle est incontournable. L’éducation sexuelle ne doit pas devenir de l’instruction sexuelle. Des valeurs telles que le respect et la tolérance, ne se limitent pas à la morale sexuelle mais doivent être transmises et appliquées à l’ensemble des comportements et des relations.
Comment peut-on continuer à croire qu’une information sexuelle est possible à l’heure où, certains fanatiques veulent interdire que l’on continue d’enseigner les thèses de Darwin sur l’évolution des espèces. Enseigner que le monde a été créé par une divinité n’est rien d’autre qu’un retour à l’obscurantisme le plus épais, transmettre les mythes de création, en revanche n’est pas inutile et participe d’un développement de la personne, de son imaginaire, de sa créativité et de ses potentiels spirituels.

Des obstacles idéologiques et religieux
D’autres groupes se liguent pour interdire toute information à propos de sexualité au nom d’une prétendue « pureté». Est-ce que cela veut dire que certaines fonctions corporelles sont pures et d’autres non ? Pourtant, tout le corps s’organise vers la vie et la survie de l’espèce ? Que faut-il penser de ces attitudes qui considèrent le corps comme un ennemi ? Ses pulsions comme des manifestations d’un prétendu « mal » ?
Maintenant on peut aussi se poser d’autres questions, à commencer par savoir à qui doit-on confier le soin d’informer les jeunes à propos de la sexualité ? Si l’information à propos des réalités biologiques semble pleinement ressortir à la compétence du professeur, qui doit se charger de l’éducation ?

 

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À qui appartient le corps ?
L’appartenance du corps affecte au moins deux niveaux :
- Le groupe, la famille, le village, la classe sociale, l’ethnie, le groupe culturel….
- L’intégration de la sensorialité.
Les jeunes filles des siècles passés étaient éduquées, formées à se soumettre et à dire « oui » à toute exigence, de la part de sa famille, de ses frères, et des représentants de l’autorité. Il fallait donc les couper du monde, et sévèrement encadrer les relations avec l’extérieur, car cette docilité les exposait à céder facilement aux avances des hommes. Elles n’avaient aucune conscience d’être responsables et propriétaires de leurs corps, d’ailleurs, pouvant faire l’objet de marchandages et d’arrangements divers, une telle revendication n’était même pas pensable.
Aujourd’hui encore, dans certains groupes culturels la virginité des jeunes filles est un enjeu majeur, en ce sens, elles sont dépossédées de leur corps.

 

"Enfants" un dessin de Catherine Cisinski visiter le site de Catherine Cisinski, voir son blog

Le corps modifié en signe d'appartenance
Dans d’autres groupes, l’appartenance et la reconnaissance d’un individu en tant que membre de ce groupe passe par des modifications corporelles, aux yeux de certains ce sont des mutilations, pour d’autres des signes hautement valorisés.
Quand on se soumet aux ordres de la mode, peut-on encore croire qu’on est décideur de son corps ? La beauté ne traverse pas les siècles sans changer de silhouette, de coiffure, et de vêtements… La tendance d’aujourd’hui est à la singularité pour tous, à force de traquer l’infime différence, on finit par lisser les apparences et les comportements dans une même esthétique socialement correcte.
Le corps dans son apparence comme dans son comportement appartiendrait donc en partie à la société, et au groupe culturel dont fait partie la personne… Cette domination s’exerce dans différents domaines, santé, alimentation, conduite, les penseurs d’aujourd’hui parlent du « biopouvoir ».
Pourtant, tout se passe insidieusement, et pour le citoyen « lambda », la question de savoir si son corps lui appartient peut sembler évidente, d’autant que le contexte social marchand globalisé valorise à l’extrême le « soi », le «perso»…


Devenir l’habitant propriétaire de son propre corps

On acquiert la certitude d’être propriétaire de son corps à plusieurs niveaux, mais le plus fondamental, c’est l’éveil des sens. La sensualité, indispensable à une vie sexuelle harmonieuse et satisfaisante, passe par le développement harmonieux de la sensorialité. Plus on méprise les sensations corporelles, plus on valorise l’aptitude à endurer l’inconfort et la douleur, et plus les perceptions sensorielles perdent en fiabilité.
Tout commence avec les premiers soins prodigués à l’enfant : traité avec douceur, caressé, massé, câliné, les moments relationnels deviennent source de plaisir et le toucher transmet alors l’amour et l’affection dont il est entouré. Plus tard, l’enfant gagne en autonomie et quand il apprend à se laver tout seul, il faut proscrire l’usage du gant de toilette qui est un véritable « nid à microbes », mais dont l’inconvénient majeur est d’empêche de toucher directement sa peau avec la main. Les éponges et autres gadgets du même genre devraient juste servir de jouet, mais ne jamais priver les mains de contact avec la peau, ni de priver la peau de contact avec les mains…

L'expérience sensorielle est légitime
Il est indispensable de ne jamais dénier l’expérience sensorielle des enfants. Si par exemple, un enfant tombe et s’écorche, il pleure, l’adulte se précipite et dit généralement « oh c’est rien ! ». Pour l’enfant, pourtant, c’est beaucoup, il a été surpris, interrompu brutalement par la chute, dénier ce qu’il ressent alors est un manque total de respect. Il a besoin qu’on le rassure, que l’on comprenne ce qu’il ressent et qu’on l’aide…
Quand les adultes de l’entourage sont à l’aise dans leur corps et ont intégré sensorialité et sensualité, la transmission à l’enfant se fait sans qu’on y pense, ces qualités appartiennent davantage à « l’être » qu’au « faire ».
Comment l’enfant peut-il se sentir propriétaire de son corps quand il entend l’adulte responsable de lui dire « il m’a encore fait un rhume ! », comme si le rhume qui affecte l’enfant était en réalité vécu par l’adulte, et pire encore, comme s’il s’agissait d’un acte délibérément voulu, voire prémédité… Bien souvent, la mère vit l’enfant comme un prolongement, une sorte d’annexe de son propre corps. Pourtant, aujourd’hui, il est possible d’observer le bébé avant sa naissance, et comprendre qu’il s’agit déjà d’un être différent de soi… Le corps de la mère n’est qu’un espace d’habitation transitoire…

Construire son espace intime
Nous comprenons que l’appartenance du corps passe aussi par l’investissement d’un espace personnel et intime. Pénétrer dans l’espace de l’enfant sans ménagement tout comme accepter qu’il fasse intrusion dans l’espace intime des parents peut faire obstacle à un développement de la sensualité. Comment découvrir son corps, son sexe quand à tout moment quelqu’un peut faire irruption dans son espace ?
Cette découverte passe aussi par la vue, il est essentiel de pouvoir se regarder en entier, et qu’aucune partie du corps ne soit exclue. Ainsi, il est utile de place un miroir dans la chambre de l’enfant à sa hauteur et de ne pas porter de jugement défavorable sur sa nudité. Avoir honte de se promener nu n’est pas naturel, mais se transmet à travers les réflexions de l’entourage. Par contre, il est indispensable d’apprendre qu’on ne peut pas se montrer nu devant tout le monde, ni en dehors de son espace privé.

Les enfants découvrent leur sexe et apprennent à reconnaître les sensations que leur procure le toucher. Ces explorations sont tout à fait naturelles et ne doivent pas faire l’objet de moqueries ou de répression. Il convient seulement de dire clairement que les jeux de découverte sexuelle doivent se faire dans l’espace de l’intimité, et pas sous les yeux des adultes fussent-ils de la famille…


Le plaisir des sens, concerne tous les sens et crée les conditions d’une sexualité épanouie
. Or, on constate que beaucoup de gens ne connaissent qu’une palette très limitée de sensations. L’éveil des sens répond à la curiosité naturelle de tous les enfants il n’y a aucune raison de réprimer ce désir de découverte, il suffit juste de l’encadrer dans les règles de la sociabilité. Les adultes qui s’occupent de l’enfant lui transmettent bien souvent leurs propres peurs, leurs inhibitions et leur hypocrisie face à ses découvertes sensorielles et sensuelles.
Vivre pleinement dans son corps, l’habiter avec sensualité et sérénité passe donc par la découverte et l’apprentissage du plaisir. Par exemple, le sport ou la danse offrent d’excellentes voies d’épanouissement corporel à condition que leur pratique demeure orientée vers le plaisir, la jubilation et ne s’abîme pas dans un esprit de compétition forcené tout à fait opposé aux buts recherchés.


Respect de soi, respect de l’autre
L’éducation sexuelle devrait faire partie du développement global et s’inscrire dans un principe de respect de soi et des autres, tout comme l’éducation à la sociabilité. Si on applique aux relations humaines une logique de prédation, de domination, de combat, il ne faudra pas s’étonner d’en observer les manifestations dans le comportement sexuel.
De plus, le contexte socio culturel actuel, à force de tout lisser « correctement » à commencer par le langage mais surtout les comportements, favorise paradoxalement l’apparition des manifestations violentes les plus extrêmes, à l’égard de soi comme des autres. Dans ces contextes socio culturels, les gens ne sont pas considérés comme des êtres humains, mais comme des choses, des proies, des cibles. Leur existence même n’a de réalité qu’en regard de critères marchands, statistiques, politiques.

Dans cette perspective, l'éducation sexuelle ne serait-elle qu'un leurre?

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L'éducation sexuelle est-elle un leurre?

"Fleur bleue", un dessin de Catherine Cisinski; visiter le site de Catherine Cisinski, voir son blog

Catherine Cisinski, peintre, psychanalyste, art thérapeute réagit sur le thème de l’éducation sexuelle, en posant les questions suivantes.
- De quoi faut-il instruire ?
- Quel périmètre faut-il ouvrir ?
- Comment allons-nous sexuellement nous-même ?
- Qu’a t-on à transmettre ?
- Tout peut-il se dire ? Tout doit-il être dit ?
- La sexualité obéit-elle à une théorie ?


Un territoire réservé
En rapport à ces questions, mon postulat est qu’il existe un endroit où l’éducateur n’a pas à y mettre son regard, où celui qui prétend accompagner l’autre, l’enfant ou l’adulte, doit à partir d’un seuil, lui lâcher la main. Nommer en amont l’existence de cet espace, induit la transmission d’un des premiers outils sexuels : le respect de soi, la haute valeur de ce qui est intime, de ce qui est privé, propre, singulier, sans comparaison, et qui trouve sa voie dans le vécu. Là se plante une règle pivot, un pilier fondateur sans lequel rien n’est possible, avec lequel tout est permis.


Découvrir et apprivoiser
Pour parler de la sexualité, nous ouvrons un espace contenant de l’impossible à dire, non point parce que la morale y voudrait mettre son mot, mais parce que, le vécu émotionnel des sens purement, dépasse le langage.
Par exemple, lorsqu’on est peintre comme c’est mon cas, il suffit d’avoir vécu son premier cours de dessin aux Beaux Arts, pour avoir compris que le rapport à la nudité ne soulève aucune émotion face au modèle qui pose. Il devient objet, comme un vase. L’attention qu’on y portera sera au même titre. On s’attachera à la lumière qui impose son autorité pour dire les lignes, et souligner les formes.
Se porter nu est donc simple, et si ça fait problème, s’exprime alors une première pièce rapportée à démonter.
Comment les enfants apprennent la nudité par la découverte artistique
Enseigner plus tard le dessin aux enfants, ouvre un champ sans mot à priori, l’espace maître du langage des sens, en vue précisément de construire un vécu singulier qui de plus, laisse des traces exactement comme les cailloux du petit Poucet. On s’en souviendra.
De sorte qu’à cet endroit, se rencontre le constat inverse des Beaux- Arts : l’émoi sexué peut partir de l’observation d’une carafe voire d’un dessin accidenté imprévu. L’enfant rougit, pouffe de rire et du coup indique à ses camarades une présence incongrue donnée à voir. Tous alors la verront et en chœur, poufferont de rire à leur tour.
… Et oui, ça ressemble à des fesses, ou bien un sexe féminin ou masculin peu importe. Malgré soi, ça semble bien être là puisque tous le voient.


Le corps dans tous ses états
La question pour l’éducateur, est dans un premier temps, de transporter tous les membres de sa classe aux Beaux-Arts, vers l’objet corps, des pieds à la tête, et ainsi, de banaliser un inventaire des formes possibles variant selon les individus. D’ailleurs l’éducateur en dessine une quantité incroyable au tableau, allant de la représentation du corps des bébés vers la transformation progressive de l’enfance à l’adolescence, et les différentes possibilités des personnes à l’âge adulte, des grosses, des maigres, puis des vieillissantes. Ils adorent ça ! Et ce qui se fait sentir après cette démonstration objective, c’est une sérénité établie dans l’atmosphère. Le rire n’est plus nerveux et spasmodique. Cela sourit maintenant. Nous sommes tous pareils, ou l’avons été ou le serons.
De toutes les façons, que ce soit pour dessiner un simple portrait ou le corps tout entier, également, il est incontournable de se référer au squelette, à la tête dite « de mort », pour envisager de mettre ensuite des muscles et de la peau dessus, plus ou moins tendue selon un âge montré, ou selon des expressions, des postures. Quoi qu’il en soit, la vie est là, qui doit se délivrer et ce, en rapport à la mort nommée à cause de la tête.
Alors, dans la tête, qu’y a-t-il qui faisait pouffer de rire l’instant d’avant ?
L’éducateur dit tout haut, qu’il se le demande bien tout bas.
On a montré les objets corps garçon et fille, homme et femme adultes. Et alors ?
Alors, il reste l’entre deux, ce qui objectivement donc n’était pas dessiné dans le premier dessin d’enfant, mais que lui voyait et donnait à voir tout autant. Il reste le possible lien, entre garçon et fille, entre homme et femme.


Et l’amour dans tout cela ?
S’il y a antipathie ou carrément détestation, c’est très clair : on se bat à coups de mots perfides ou à coups de poings… En effet, on ne peut pas aimer tout le monde ni être aimé par tout le monde. Mais, on ne peut pas non plus passer son temps à se taper dessus les uns, les autres. Mieux vaut aller son chemin et laisser vivre par ailleurs la personne qu’on n’aime pas.
Le mot est lâché : aimer.
Parce que si on aime bien voire beaucoup quelqu’un, que se passe-t-il ?
C’est « plaisant ». « On a envie de lui donner des choses, de lui dire des mots gentils qui lui feront plaisir ». On est heureux qu’il ou elle soit heureux de nous voir. De même, « on a envie de le toucher, de lui prendre la main, de le serrer dans ses bras, de faire des câlins, des bisous, et d’être le ou la seule pour lui ou elle ». Enfin, on éprouve toutes sortes d’élans vers cet autre qui nous fait ressentir bien du plaisir en sa présence.
Ainsi débroussaillé, voilà décrit l’habitacle de l’espace entre les corps dessinés avant, champ qu’on peut appeler celui de la pratique sexuelle, dès qu’on entre dans un âge qui nous y conduit.
Le corps perd dans ce cas, l’inertie de l’objet.
Il est envahi d’émotions qui débordent.
Du dedans de soi, on tend vers l’autre, par des paroles d’abord, des gestes qui disent l’attention, les intentions. On voudrait que ce soit doux. On aimerait donner le meilleur.
Tous les enfants décrivent merveilleusement ce qu’aimer veut dire, combien être aimé fait du bien, apaise, rend joyeux. Ils n’ont aucun souci pour dessiner ce discours poétique. De même, les fragments douloureux de mauvais amours déjà vécus ne manquent pas de se traduire spontanément dans leur ouvrage.
Un dessin, c’est comme un corps. L’éducateur a déjà dit, que c’est « l’espace où l’on est Maître » et de fait on signe. Aucune personne de l’extérieur n’a le droit d’une correction, même d’un simple commentaire. En y projetant le meilleur, on obtient le plus beau donné à voir.


L’intime, ou le chemin du visible au plaisir
C’est banal comme expérience et pourtant tellement lisible. Le visible ainsi exprimé, contient la résonance alors vécue de ce mot précieux : l’intime. L’intime que l’on signe en tant qu’espace Maître. C’est sans modèle imposé, sans commentaire possible, sans autorisation d’y pénétrer sous aucun prétexte, dès lors qu’on n’a pas décidé d’inviter quiconque.
L’éducateur en premier, n’a pas à franchir ce seuil. Il annonce qu’il s’en tient là.
Parlons d’aimer, parlons du beau, du meilleur, du don de soi, de l’apprentissage à recevoir, à savoir saisir ce qui est là donné, qu’on va apprendre à observer, à transformer en vue de créer l’éternel perfectible. Car c’est imparfait et du coup, toujours à faire. Là, dans ce qui n’est que pur cheminement, est toute la saveur du plaisir.
Faire aimer le plaisir en le donnant à goûter, à l’éprouver, constitue me semble-t-il, ce qui pour l’éducateur est à transmettre.
Aucune modélisation n’a alors de prise. Aucune théorie ne fait loi, dans ce rapport à soi ainsi établi, à l’autre, au monde.
Winnicot (Pédiatre et Psychanalyste britannique 1896/1971), posait cette question :

"- Comment ça marche, la bonne santé ? »,

Et en effet, par où ça passe ? . Il soulignait qu’en chaque chose, nous n’avons à faire qu’à des passages, parce que ça parle de vie, d’évolution, de mouvements, de tension vers une direction, qui se nomme alors un sens.
Poser la question de ce qui fait sens de vivre pleinement qui on est, et rien que cela, mais tout cela, c’est l’accompagnement que peut se promettre l’éducateur.


Le corps comme ayant valeur d'un bien
Néanmoins, notre société va plus loin. Son organisation est fondée sur la "défense des biens et des personnes".
Actuellement, on en vient à considérer la personne comme un bien et du coup, à définir le bien matériel qui la représente par son corps, entité désolidarisée de toutes les conditions humaines. Il y aurait libre consentement spontané et lucide.
Ainsi, la question va jusqu’à envisager d’en faire un fond de commerce possible, sous le prétexte que c’est « le plus vieux métier du monde » et qu’il serait vraiment hypocrite de le nier.
N’est-ce pas extraordinaire ?
Nous ne serions donc, sans le moindre état d’âme mis de côté, qu’un objet corps, avec un objet sexe à vendre, si on décide de faire carrière sur cette voie ancestrale franchement.
Par notre corps, nous serions des territoires disponibles, desquels on peut songer à offrir le service de la pénétration, moyennant finance, sous le statut d’une profession libérale. Laissons de fait à la Communauté Européenne, le soin de définir les diplômes nécessaires et conditions diverses pour être à la hauteur de cette prétention professionnelle.
Va-t-on piocher pour ce faire, dans l’art d’aimer nippon des geishas ? Que nenni !
D’emblée, la question est d’admettre le principe de pulsions à assouvir par le corps de l’autre, ce corps sans état d’âme et bien sûr confortablement consentant.Dans le cadre de l’éducation sexuelle à l’école, de quoi faut-il prévenir en ce cas ?

 

Dans le cadre de l’éducation sexuelle à l’école, de quoi faut-il prévenir en ce cas?
Que doit-on enseigner ? Un discours comme ce qui suit ?
« Mes enfants, votre corps n’appartient qu’à vous. Faîtes-en seulement ce que librement vous voulez. Et surtout vous les petites filles, ne suivez pas le vilain monsieur qui déjà veut en abuser gratuitement. Il s’appelle un pédophile et veut tirer profit de votre inexpérience. Attendez de grandir, car vous avez là, une extraordinaire carrière qui se profile, bien mieux que celle de vos grands-mères attachées aux fourneaux. Ceci est révolu grâce à la libération des femmes. Votre maman sera fière. Vous pourrez librement vendre votre corps, et ainsi fonder de fille en fille, une dynastie, comme le chocolatier: « Maison ouverte depuis 1970 ».
Quoique, la question ne soit pas encore tout à fait claire. Doit-on appeler cela, « maison close » ou bien « vitrine » comme aux Pays Bas? Attendons encore un peu, les formulations du contenu de la loi. C’est pour bientôt. En attendant, n’admettez pas qu’on vous touche pour rien.


L’école déjà, se bat contre le plaisir.
Car dans le champ de l'éducation, éveiller le plaisir des sens des enfants n'est surtout pas de mise.
Apprendre joyeusement est au préalable suspect. Le rapport aux "devoirs" rassure parents et enseignants, dès les petites classes.
Est méprisé tout ce qui est du domaine de l'imaginaire, et pas seulement la peinture, la musique ou la danse.
Qu'on se rende compte : l'enfant par exemple, doit attendre les programmes de 5° ou de 4° au collège, pour s'entendre dire qu'un poète est aussi un écrivain comme le romancier, qui écrit des mots ayant un sens. Jusque là, les poèmes auront été présentés "comme des exercices de mémoire" (je cite les enseignants eux-mêmes) et rien de plus. La bonne note est donnée à qui mémorise par coeur et tient bien son cahier de poésie avec de jolis dessins.

 

Des savoirs déshumanisés
On ne dit jamais à l'enfant que des mathématiciens ont fait les mathématiques, que des historiens ont interprété l'histoire sous tel angle, que des scientifiques font des travaux de physique ou de biologie... etc.
Quand en tant que peintre, on intervient dans une école, le côté humain impossible à masquer, fait que l'enseignant la plupart du temps oscille entre deux attitudes :
_ soit il rivalise avec l'artiste en présence, qui anime la classe en distribuant du plaisir joyeux systématiquement cassé par l'instituteur à cause d'un soucis d'autorité et de maîtrise de sa classe.
_ soit il va laisser exister la relation de l'artiste avec les élèves, pour conclure in fine en disant aux enfants, que" l'art est une chose bien agréable, mais maintenant il faut revenir aux choses sérieuses."
Eprouver du plaisir n'a pas valeur d'apprentissage. Tout l'enseignement de l'éducation nationale est fondé sur la notion d'effort douloureux sans laquelle rien n'est possible. N'est cognitif que ce qui frustre l'élève.

 

"L 'éducation sexuelle" à l'école s'avère par principe, hors champ. Cette question n'existe pas, n'a pas sa place, ne peut être posée.Car enseigner le plaisir d'être au monde est conséquent, parce que ça forge purement la singularité des êtres, ça forme le jugement critique et ça rend autonome.
Que deviendrait "l'esprit scolaire" ?
On peut dire que le clivage entre l'école maternelle et le primaire est la première étape de la castration.
Jusqu'à 5 ans, l'enfant est considéré comme "éveillé" dès lors qu'il exprime toute sa créativité.
En CP, on se tient droit et en silence : c'est l'apprentissage non seulement de l'écrit et de la lecture, mais de la rectitude et de la soumission aux fameuses "règles" de normalisation, de modélisation. C'est de là, pour en revenir au symptôme, que la poésie accède au statut du royal exercice pour se tenir bien droit à côté de la maîtresse, et porter loin sa voix afin de dire clairement le poème dont la compréhension, dont l'existence possible d'un sens, ne se pose en aucune manière. On laisse encore dessiner l'enfant sur son cahier, comme on lui donnerait l'autorisation de prendre un bonbon. C'est la récompense après l'effort.
Soulever la question de 'l'éducation sexuelle", c'est comme d'isoler celle de la sexualité en rapport au plaisir de vivre. C'est une question qui recouvre le désir, bien plus que cela n'aspire à le dévoiler.

 

Citation

Grothendieck, mathématicien, dit ceci : "Le désir est ce qui découvre, la nécessité, ce qui recouvre".
Tout le système éducatif est fondé sur "le principe de nécessité". En cela, il annonce son incompétence à propos de tout ce qui touche à "l'éducation sexuelle".


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Web sexologie-magazine.com

 

Entretien
Michel, 43 ans est l’auteur d’un site Internet entièrement dédié à l’éducation sexuelle, il l’a élaboré, il y a bientôt sept ans et l’anime depuis avec une belle énergie. Le langage est précis mais toujours accessible, jamais abscons, et teinté d’un zeste d’humour, ou plutôt du sourire d’un homme heureux qui sait associer sérénité et sexualité.

 Ciel Fleuri un dessin de Catherine Cisinski visiter le site de Catherine Cisinski, voir son blog


Sexologie-magazine : Qu'est-ce qui vous a poussé à construire ce site sur l'éducation sexuelle?
Michel : C’est mon expérience de vie de couple qui est à l’origine de la création du site, je devrais dire plutôt notre expérience de vie de couple puisque ma femme a participé à l’élaboration du site.
Du point de vue sexuel nous n'arrivions pas à exprimer nos besoins et/ou nos difficultés, cela provoquait un malaise entre nous et des difficultés dans notre vie de couple même.
C'est en faisant des recherches sur Internet que nous avons trouvé des informations et que nous avons pu ouvrir le dialogue.
Nous étions assez d'accord pour penser que nos difficultés venaient de notre éducation ou plutôt, dans notre société judéo-chrétienne, de l'absence d'éducation à la sexualité (on pourrait presque dire de refoulement de notre sexualité).
Les sites Internet que nous avions trouvés à l’époque nous ont aidé mais leur contenu ne me plaisait qu’à moitié. Je me suis posé la question de ce que j’aurai aimé trouver comme informations et finalement me suis décidé d’en créer un moi-même pour aider les couples qui, comme nous, pouvaient avoir des difficultés.


Sexologie-magazine: A quel public est-il destiné?

Michel : Au départ il était plutôt destiné aux couples qui avaient des difficultés dans leur vie sexuelle ou qui souhaitaient améliorer leurs relations amoureuses.
Il a beaucoup évolué depuis sa première parution et maintenant il est tout autant destiné à informer les débutants (jeunes ou moins jeunes) pour les aider à bien franchir le cap difficile des première relations sexuelles.

Sexologie-magazine: Qu'apportez-vous de différent de ce qu'on trouve dans les innombrables manuels de sexe ?
Michel : En tout premier lieu, je mettrai la page destinée aux débutants où nous avons cherché à expliquer simplement et sans tabous comment faire la première fois car sur plusieurs sites de sexologie à destination des jeunes nous trouvons de beaux discours qui expliquent que parfois cela se passe mal et que cela peut entraîner de graves troubles pour les personnes (éjaculation précoce pour certains hommes, frigidité pour les femmes par exemple). Mais cela s'arrête là, ce n'est accompagné d'aucun renseignement pratique qui permettrait d'éviter ces problèmes.
Je dois dire que je suis particulièrement content de cette page et je suis heureux à chaque fois que je reçois un message d’un jeune homme ou d’une jeune femme pour me remercier des renseignements qu’ils trouvent sur le site.
En dehors de cela, je pense donner un autre message aux internautes en matière de sexualité, celui du dialogue, de l'écoute et du respect au sein du couple.


Sexologie-magazine : Que pensez-vous de l'éducation dite sexuelle dispensée en milieu scolaire ?

Michel : Il n’y a pas d’éducation sexuelle en milieu scolaire, tout juste un très petit peu d’éducation aux risques sexuels (les MST). Cela doit représenter tout au plus 3 à 4 heures sur les 7 années qui vont du collège au lycée.
Ceci dit je ne pense pas que l’école soit le meilleur endroit pour faire une véritable éducation sexuelle à cause de la pédagogie de groupe qui me semble inappropriée pour cet enseignement.
Il serait préférable que les jeunes puissent, de façon individuelle, trouver les renseignements qui leur permettent de bien entrer dans leur vie sexuelle relationnelle. Internet peut être un vecteur MAIS il faudrait qu’il soit « encadré » car le danger de cet outil est grand (pornographie, pédophilie…). Le téléphone pourrait être un bon support, il existe déjà beaucoup de numéros verts sur les problèmes de drogue, d’alcool, de violence, etc. Pourquoi pas une numéro vert sur l’éducation sexuelle ?

Sexologie-magazine: Que pensez-vous du rôle de la pornographie ?
Michel : Sur Internet des sites sur le sexe pullulent mais il faut bien le dire on y trouve surtout le pire, c'est à dire la pornographique qui véhicule une image extrêmement négative de la femme et des relations humaines.
La pornographie à l’échelle INTERNET ne va pas dans le sens ni de l’amélioration de la sexualité ni de l’amélioration de la condition féminine.


Sexologie-magazine : Si vous deviez situer votre site entre "information" et "éducation", de quel repère serait-il le plus proche ?
Michel : Je dirais les deux, il n’y a pas d’éducation sans une bonne information.


Sexologie-magazine: Que comptez-vous ajouter à votre site pour mieux répondre aux attentes de vos visiteurs ?
Michel : Il évoluera grâce aux questions des internautes, s’il manque des choses, je compte sur eux pour me le faire savoir...


Sexologie-magazine: Qu'est-ce que vous ne voudriez à aucun prix voir figurer sur votre site ?
Michel : Des liens vers des sites de pornographie, c’est malheureusement ce que l’on trouve sur la plupart des sites qui parlent du kamasutra.

 

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Pour en savoir plus, nous suggérons quelques lectures
Didier Dumas, Et si nous n'avions toujours rien compris à la sexualité, Edition Albin Michel, Paris, 2004

D. Flaumenbaum, Femme désirée, femme désirante, Editions Payot & Rivages , Paris 2006
Guido Ceronetti, Le silence du corps, Le livre de poche, Paris, 2000
Marcela Iacub et Patrice Maniglier, Antimanuel d’éducation sexuelle, Editions Bréal, collection « antimanuels », 2005

Bien entendu on n'oubliera pas l'inévitable Michel Foucault et son Histoire de la sexualité...

Sites
Les sites web vraiment intéressants sont très rares, nous en avons retenu trois


http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-liens-fr.htm#education

Ce site, un peu intellectuel cependant, offre une page de liens très fournie


http://www.planning-familial.org/

Le ton militant bien connu, mais incontournable


http://education.sexuelle.free.fr/accueil.php

Site d'un amateur éclairé...

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