Il y a toujours eu différentes façons d’accommoder
la femme, ainsi, 5 siècles avant notre ère, dans la cité
de Sparte, filles et garçons sont soumis au même entraînement
sportif. Course, palestre, lutte, le tout dans une ambiance plutôt
rude. Les autres grecs se moquent, et traitent les spartiates de “montreuses
de cuisses”: la tenue de sport est faite d’une courte tunique
haut fendue sur les hanches...
Les femmes étaient-elles plus libres pour autant? Certainement
pas, si elles avaient comme les hommes le droit de souffrir et de faire
le sacrifice de soi pour défendre la cité, contrairement
à eux, leur avis n’avait aucun poids sur les décisions
politiques.
Ce qu’on a appelé libération sexuelle
en Occident au cours du 20e siècle a pour l’essentiel
consisté à parler du sexe, dire qu’on aimait ça,
considérer comme malades ceux qui n’en tirent que de l’angoisse
et des problèmes, exhiber des corps, mais, surtout celui des femmes.
Les mouvements féministes voyaient les choses autrement qui revendiquaient
le droit d’exister même à celles qui n’entrent
pas dans les critères habituels “jolie” “sexy”...Prendre
la maîtrise de sa fécondité a été une
étape essentielle, c’est tellement important qu’aujourd’hui
encore, de nombreuses voix conservatrices et religieuses s’élèvent
pour remettre en question cette liberté si chèrement acquise.
Mais
l’ultime étape de la libération sexuelle semble prendre
le chemin de l’autonomie la plus complète.
Les femmes ne sont plus vouées nécessairement à devenir
la compagne d’un homme, les sociétés occidentales
leur offrent le cadre nécessaire (mais pas toujours suffisant)
pour avoir des enfants, les élever seules sans qu’elles soient
pour autant exclues. Partant de là, beaucoup de femmes se demandent
à quoi leur servent les hommes. Exceptée la reproduction
on ne peut l’exclure, bien qu’il soit toujours possible d’avoir
recours à une “fivette”, les femmes sont désormais
capables d’assumer seules tous les rôles qui étaient
réservés aux hommes jusqu’à un récent
passé.
Beaucoup d'enquêtes s'accordent pour dire que les
femmes semblent préférer le plaisir sexuel qu’elles
se prodiguent elles-mêmes, à leur rythme, dans le
respect de leur sensibilité, à ce mythique orgasme qui n’arrive
pas, ou pas à l’heure, ou mal synchronisé avec celui
de l’homme, et devient peu à peu source d’angoisse.
Pourquoi s’acharner à vouloir obtenir ce plaisir qui demande
tant d’efforts, de patience? Les media ne jurent que par cet orgasme,
et voudraient toutes nous envoyer à la quête du Graal?
Pourquoi tant d’agitation alors qu’il existe un moyen simple
et efficace d’obtenir un plaisir de qualité qui n’a
rien à envier à celui qu’on obtient avec un partenaire?
La masturbation...
Gérard
Verroust, anthropologue, rapporte “Les féministes américaines
des années 70 avaient organisé dans le cadre du grand
mouvement de révolution amoureuse des stages mixtes d'éducation
sexuelle pour adolescents.
Parmi ce qui leur était demandé, garçons et
filles devaient montrer aux autres comment ils se masturbaient.
Ceci visait d'abord à montrer la quasi-identité physiologique
entre garçons et filles mais aussi conduisait les garçons
a voir dans les filles des égales actives et désirantes
comme eux, et pas des objets de plaisir passifs à consommer.
En outre, chacun savait comment donner du plaisir à l'autre”.
L’usage des sex toys se généralise,
la plupart se présente sous la forme d’un sexe d’homme,
souvent agrémenté d’un vibromasseur. Aujourd’hui
cependant, il en apparaît d’autres, plus spécifiquement
féminins, en forme de petit canard, ou de galet. En France, beaucoup
de femmes en possèdent un.On trouve maintenant des accessoires
érotiques (Sex toys) bien adaptés à la physiologie
féminine. Certains comprennent une forme phallique vibrante, animée
et courbée pour atteindre le point de Gräfenberg mais comportant
aussi et surtout des parties vibrantes antérieures prenant en fourchette
le clitoris. C'est d'une efficacité redoutable. On a justement
pu reprocher aux vibromasseurs leur trop grande efficacité, conduisant
trop vite à l'orgasme et écourtant les joies (et richesses
culturelles) des longues minutes ou heures du plaisir préliminaire.
Cette pratique solitaire présente de nombreux avantages y compris
celui d’exclure tout risque de contracter une IST.
La masturbation féminine semble donc parfaitement admise, mais
est-elle vraiment l’ultime étape de la libération
sexuelle de la femme? La déconstruction des rôles sexuels
de l’homme et de la femme, les frontières flottantes de l’identité
sexuelle ne pourrait-elles offrir le terreau favorable à une refondation
à la fois plus hédoniste et plus réaliste de nos
rôles?