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mise à jour le 4/12/07

 

Libération sexuelle: l'ultime étape

Tableau de Catherine Cisinski, Artiste Peintre, Art thérapeute



L'art d'accommoder la femme...


Il y a toujours eu différentes façons d’accommoder la femme, ainsi, 5 siècles avant notre ère, dans la cité de Sparte, filles et garçons sont soumis au même entraînement sportif. Course, palestre, lutte, le tout dans une ambiance plutôt rude. Les autres grecs se moquent, et traitent les spartiates de “montreuses de cuisses”: la tenue de sport est faite d’une courte tunique haut fendue sur les hanches...
Les femmes étaient-elles plus libres pour autant? Certainement pas, si elles avaient comme les hommes le droit de souffrir et de faire le sacrifice de soi pour défendre la cité, contrairement à eux, leur avis n’avait aucun poids sur les décisions politiques.


Ce qu’on a appelé libération sexuelle en Occident au cours du 20e siècle a pour l’essentiel consisté à parler du sexe, dire qu’on aimait ça, considérer comme malades ceux qui n’en tirent que de l’angoisse et des problèmes, exhiber des corps, mais, surtout celui des femmes. Les mouvements féministes voyaient les choses autrement qui revendiquaient le droit d’exister même à celles qui n’entrent pas dans les critères habituels “jolie” “sexy”...
Prendre la maîtrise de sa fécondité a été une étape essentielle, c’est tellement important qu’aujourd’hui encore, de nombreuses voix conservatrices et religieuses s’élèvent pour remettre en question cette liberté si chèrement acquise.

Mais l’ultime étape de la libération sexuelle semble prendre le chemin de l’autonomie la plus complète. Les femmes ne sont plus vouées nécessairement à devenir la compagne d’un homme, les sociétés occidentales leur offrent le cadre nécessaire (mais pas toujours suffisant) pour avoir des enfants, les élever seules sans qu’elles soient pour autant exclues. Partant de là, beaucoup de femmes se demandent à quoi leur servent les hommes. Exceptée la reproduction on ne peut l’exclure, bien qu’il soit toujours possible d’avoir recours à une “fivette”, les femmes sont désormais capables d’assumer seules tous les rôles qui étaient réservés aux hommes jusqu’à un récent passé.


Beaucoup d'enquêtes s'accordent pour dire que les femmes semblent préférer le plaisir sexuel qu’elles se prodiguent elles-mêmes, à leur rythme, dans le respect de leur sensibilité, à ce mythique orgasme qui n’arrive pas, ou pas à l’heure, ou mal synchronisé avec celui de l’homme, et devient peu à peu source d’angoisse. Pourquoi s’acharner à vouloir obtenir ce plaisir qui demande tant d’efforts, de patience? Les media ne jurent que par cet orgasme, et voudraient toutes nous envoyer à la quête du Graal?
Pourquoi tant d’agitation alors qu’il existe un moyen simple et efficace d’obtenir un plaisir de qualité qui n’a rien à envier à celui qu’on obtient avec un partenaire? La masturbation...

 

Gérard Verroust, anthropologue, rapporte “Les féministes américaines des années 70 avaient organisé dans le cadre du grand mouvement de révolution amoureuse des stages mixtes d'éducation sexuelle pour adolescents.
Parmi ce qui leur était demandé, garçons et filles devaient montrer aux autres comment ils se masturbaient. Ceci visait d'abord à montrer la quasi-identité physiologique entre garçons et filles mais aussi conduisait les garçons a voir dans les filles des égales actives et désirantes comme eux, et pas des objets de plaisir passifs à consommer. En outre, chacun savait comment donner du plaisir à l'autre”.



L’usage des sex toys se généralise, la plupart se présente sous la forme d’un sexe d’homme, souvent agrémenté d’un vibromasseur. Aujourd’hui cependant, il en apparaît d’autres, plus spécifiquement féminins, en forme de petit canard, ou de galet. En France, beaucoup de femmes en possèdent un.On trouve maintenant des accessoires érotiques (Sex toys) bien adaptés à la physiologie féminine. Certains comprennent une forme phallique vibrante, animée et courbée pour atteindre le point de Gräfenberg mais comportant aussi et surtout des parties vibrantes antérieures prenant en fourchette le clitoris. C'est d'une efficacité redoutable. On a justement pu reprocher aux vibromasseurs leur trop grande efficacité, conduisant trop vite à l'orgasme et écourtant les joies (et richesses culturelles) des longues minutes ou heures du plaisir préliminaire.
Cette pratique solitaire présente de nombreux avantages y compris celui d’exclure tout risque de contracter une IST.
La masturbation féminine semble donc parfaitement admise, mais est-elle vraiment l’ultime étape de la libération sexuelle de la femme? La déconstruction des rôles sexuels de l’homme et de la femme, les frontières flottantes de l’identité sexuelle ne pourrait-elles offrir le terreau favorable à une refondation à la fois plus hédoniste et plus réaliste de nos rôles?

Rédaction: Catherine Cudicio, Psychanalyste

illustrations Catherine Cisinski