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Sexy or not sexy?
Le qualificatif a tout l’air d’un impératif, et faute
de s’y soumettre, il ne faudra pas se plaindre d’être
ignorée, le pire des châtiments dans un monde où le
donner à voir règne en maître. La presse féminine
joue à fond la carte de la séduction et prétend enseigner
aux femmes les meilleures stratégies. La « chasse à
l’homme » est ouverte et tous les moyens sont bons pour
traquer sa proie. Mais quel prédateur est au bout de cette chaîne
alimentaire ? à qui profite la dictature « sexy » ?
Qui sort gagnant de ce jeu ?
L'image
de la femme
En 2001, une enquête d’Ipsos réalisée pour Culture
Mag montrait que 4 français sur 10 étaient choqués
de la manière dont la publicité utilisait l’image
de la femme. Inutile de préciser que ces Français étaient
des Françaises, les hommes, surtout les plus jeunes ne trouvaient
rien à redire à ces images et attendaient qu’on leur
en serve encore un peu plus.
En 2003, le bureau de vérification de la publicité ne trouvait,
lui non plus, rien de choquant dans l’image de la femme ainsi transmise,
seul un fabricant de petites culottes se trouvait épinglé.
Difficile en effet de vendre des petites culottes en les faisant passer
pour des burkas…
La presse féminine ressasse inlassablement les mêmes antiennes,
les modes évoluent, le corps se transforme, mais la femme est toujours
considérée selon quelques stéréotypes :
objet de séduction, idiote, méchante, ménagère
bornée, plus rarement femme d’affaires débordée,
singeant l’homme.
Un
fantasme d'homme
L’image de la femme transmise dans l’imagerie populaire, presse
spécialisée, publicité, télévision,
correspond à un fantasme ajusté aux désirs masculins,
mais ne reflète pas la réalité de la féminité
actuelle. Tant que les femmes n’ont joué que des seconds
rôles sur la scène économique et politique, elles
pouvaient se cantonner à la posture ambiguë de la proie chasseresse :
fourbir ses armes de séductrices pour mieux capturer l’homme
gibier, instantanément métamorphosé en geôlier
par les « liens » magiques du mariage.
Le corps de la femme qui est montré et célébré
n’est rien d’autre qu’une « interprétation »
et ne correspond pas à la réalité. Un récent
exemplaire du magazine Elle vantait les mérites sensuels des femmes
« rondes » et donnait en exemple de formes généreuses
une minette dont la taille ne dépassait guère le 36 !
De qui se moque-t-on ?
Le corps de la femme présenté sur les photos de mode a été
soigneusement retouché, les jambes et le cou allongés, les
hanches et la poitrine gommées. Parfois sur la même photo,
certaines parties du corps ont été remplacées, ainsi
le modèle est-il fait du buste de l’une, des jambes de l’autre,
du visage d’une troisième et des mains d’une quatrième.
Et voilà à quoi on voudrait nous faire ressembler ?
Pour plaire à qui ? Pour vendre quoi ?
Cette image reconstruite n’est pas sans risque notamment par son
influence sur les plus jeunes qui à force de vouloir ressembler
à ces créatures oniriques, tombent dans l’anorexie.
Faites glisser le pointeur
de votre souris sur les images pour découvrir les versions "retouchées"....
Tout est possible!


Ci-dessous, le corps de
la femme avec ses proportions normales pour le dessin académique,
la tête sert d'"instrument de mesure"

Rédaction:
Catherine Cudicio, Psychanalyste
illustrations
sélectionnées par Catherine Cudicio, Les exemples de photo
retouchées circulent librement sur le web, l'illustration citée
fait partie d'un manuel d'apprentissage du dessin académique: "Corps
Humain, étude du Nu" Aux éditions Fleurus
 

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