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mise à jour le 4/12/07

 

Sexy or not sexy?


Le qualificatif a tout l’air d’un impératif, et faute de s’y soumettre, il ne faudra pas se plaindre d’être ignorée, le pire des châtiments dans un monde où le donner à voir règne en maître. La presse féminine joue à fond la carte de la séduction et prétend enseigner aux femmes les meilleures stratégies. La « chasse à l’homme » est ouverte et tous les moyens sont bons pour traquer sa proie. Mais quel prédateur est au bout de cette chaîne alimentaire ? à qui profite la dictature « sexy » ? Qui sort gagnant de ce jeu ?

L'image de la femme
En 2001, une enquête d’Ipsos réalisée pour Culture Mag montrait que 4 français sur 10 étaient choqués de la manière dont la publicité utilisait l’image de la femme. Inutile de préciser que ces Français étaient des Françaises, les hommes, surtout les plus jeunes ne trouvaient rien à redire à ces images et attendaient qu’on leur en serve encore un peu plus.
En 2003, le bureau de vérification de la publicité ne trouvait, lui non plus, rien de choquant dans l’image de la femme ainsi transmise, seul un fabricant de petites culottes se trouvait épinglé. Difficile en effet de vendre des petites culottes en les faisant passer pour des burkas…
La presse féminine ressasse inlassablement les mêmes antiennes, les modes évoluent, le corps se transforme, mais la femme est toujours considérée selon quelques stéréotypes : objet de séduction, idiote, méchante, ménagère bornée, plus rarement femme d’affaires débordée, singeant l’homme.

Un fantasme d'homme
L’image de la femme transmise dans l’imagerie populaire, presse spécialisée, publicité, télévision, correspond à un fantasme ajusté aux désirs masculins, mais ne reflète pas la réalité de la féminité actuelle. Tant que les femmes n’ont joué que des seconds rôles sur la scène économique et politique, elles pouvaient se cantonner à la posture ambiguë de la proie chasseresse : fourbir ses armes de séductrices pour mieux capturer l’homme gibier, instantanément métamorphosé en geôlier par les « liens » magiques du mariage.
Le corps de la femme qui est montré et célébré n’est rien d’autre qu’une « interprétation » et ne correspond pas à la réalité. Un récent exemplaire du magazine Elle vantait les mérites sensuels des femmes « rondes » et donnait en exemple de formes généreuses une minette dont la taille ne dépassait guère le 36 ! De qui se moque-t-on ?
Le corps de la femme présenté sur les photos de mode a été soigneusement retouché, les jambes et le cou allongés, les hanches et la poitrine gommées. Parfois sur la même photo, certaines parties du corps ont été remplacées, ainsi le modèle est-il fait du buste de l’une, des jambes de l’autre, du visage d’une troisième et des mains d’une quatrième.
Et voilà à quoi on voudrait nous faire ressembler ? Pour plaire à qui ? Pour vendre quoi ?
Cette image reconstruite n’est pas sans risque notamment par son influence sur les plus jeunes qui à force de vouloir ressembler à ces créatures oniriques, tombent dans l’anorexie.

Faites glisser le pointeur de votre souris sur les images pour découvrir les versions "retouchées".... Tout est possible!

   

Ci-dessous, le corps de la femme avec ses proportions normales pour le dessin académique, la tête sert d'"instrument de mesure"

Rédaction: Catherine Cudicio, Psychanalyste

illustrations sélectionnées par Catherine Cudicio, Les exemples de photo retouchées circulent librement sur le web, l'illustration citée fait partie d'un manuel d'apprentissage du dessin académique: "Corps Humain, étude du Nu" Aux éditions Fleurus