On peut affirmer en toute objectivité que Cindy
Lee, candidate déclarée à l’élection
présidentielle pour le « Parti du Plaisir »,
est manifestement une femme (ou tout au moins en est-on quasiment sûr).
Or, il se trouve que, hasard comique, c’est aussi mon cas, et le
votre. Cette constatation, qui relève peut-être de la tautologie,
suppose incontestablement un point commun entre elle et vous, lectrice.
D’où vient alors ce malaise qui fait que l’on préfèrerait
être une chèvre plutôt que d’admettre la moindre
ressemblance avec elle ?
Ce qui est en jeu, c’est la définition même de l’identité
féminine, ce questionnement perpétuel qui a traversé
les siècles et qui voudrait enfin réconcilier féminisme
et féminité. Les mouvements féministes traditionnels,
trop extrêmes, restent mal perçus car inaptes à intégrer
l’identité féminine dans la lutte pour l’acquisition
des droits. Depuis peu, certains signes annoncent pourtant l’amorce
d’une réconciliation entre pouvoir et féminité,
le couple maudit. De nouvelles figures féminines émergent
partout dans le monde, en politique et à la tête des plus
grandes entreprises. Favorablement accueillies, elles surfent sur une
vague médiatique qui les transforme en messies d’un changement
social ardemment attendu des populations.
Ce
mouvement, visible au sommet, en annonce-t-il un autre, plus profond,
appelé à transformer les rapports sociaux? Au quotidien,
les effets de la « révolution culturelle »
sont en effet, nettement plus tempérés… Le conformisme
marque encore et toujours nombre de situations, ne serait-ce que dans
le travail. Pourtant, la redéfinition des responsabilités
dans le couple qui semble à l’œuvre aujourd’hui,
est porteuse de liberté et chacun a tout à y gagner.
S’acheminerait-on enfin vers ce souhaitable mouvement de dissociation
des antiques conformismes sociaux et des identités sexuelles spécifiques ?.........
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