Corps et Physiologie: Questions et Réponses
Masturbation, addition, anxiété, un mélange complexe |
|
| François écrit: J'ai 18 ans maintenant et cela fait quatre ans maintenant que je pratique la masturbation de manière (objectivement) excessive. Cela peut aller de trois jusqu'à une dizaine de fois par jour... Je suis en quelques sorte esclave de ces pulsions, comme si une énergie qui n'aurait pas d'autres moyens de sortir de mon corps. Aussi, je passe à l'acte, la plupart du temps, pendant la nuit, pleinement conscient ou non... D'autres fois j'use de support, sur internet, ce n'est pas cela qui manque, et d'ailleurs, comme beaucoup d'adolescents aujourd'hui (et bien malheureusement) c'est par internet que tout a commencé. J'ai bien essayé des tas de fois de comprendre d'où venait ce problème, tenté de m'en libérer en arrêtant simplement mais c'est souvent très difficile, la première difficulté étant que les images pouvant susciter un tel désir abondent pendant une journée, la seconde difficulté étant l'érection matinale. Le maximum que j'ai pu tenir est 10 jours, paradoxalement, je me suis sentit extrêmement libéré et dans le bien être, mais incapable de ne pas reprendre la pratique. Le "chantage mental" l'emporte : on se dit "une fois par semaine, ça ne peut pas faire de mal", mais j'ai le sentiment que c'est tout ou rien. Soit je le fais autant qu'il le faut pour me sentir assouvi, en contrepartie, je perds énormément de temps, d'énergie, et mes pensées sont "polluées" par des images... Soit je cesse complètement cette pratique, mais je m'en sens incapable, c'est très dur de se priver d'un plaisir gratuit, "à portée de main", surtout lorsque l'on passe d'une pratique excessive au néant... Ce problème aurait peut être pu être dû à un repli sur soi, à un manque d'ouverture, on peut penser que j'emploie cette pratique comme une compulsion qui me permettrait de me réfugier dans mon univers, mais je ne crois pas que ce soit le cas. Aujourd'hui les gens autour de moi me disent très ouvert et je n'ai aucune difficulté à aller vers les autres. Alors peut être un manque d'affection ? Je n'ai jamais fait l'amour à ce jour, malgré quelques aventures ça n'a jamais été très loin. Mais je pense recevoir et donner suffisamment d'affection... Est ce que ces éléments (repli sur soi, manque de confiance en soi et en la vie, manque d'affection, ainsi que le fait d'être victime de "persécutions"), poussés assez loin par le passé, pourraient avoir ce type de répercutions dans une vie d'adolescent ? Si oui comment y mettre fin ? J'ai aussi tenté de pratiquer davantage d’activités sportives, notamment, mais cela n'a réglé en rien mon problème. Je m’intéresse de près à des activités artistiques : photo, images numérique, quant à savoir si cela permet de sublimer l'énergie sexuelle comme dirait Freud, je ne crois pas non plus... Je me retrouve dans l'impasse ! J'use de mon temps, de mon énergie, de mes pensées dans une pratique qui n'a plus rien à m'apporter d'autre que du plaisir. J'ai pu lire parfois des témoignages dans lesquels les personnes disaient "ne pas être complètement assouvis" du désir qui les tiraillait avant de passer à l'acte, bizarrement, ce n'est pas ce que je ressens pour ma part. Comment pourrai-je faire face à cela ? Je répondrais sincèrement à toute question pouvant vous éclairer... merci... Le Dr Patrice Cudicio répond Je comprends votre problème qui relève de l'addiction non pas à la masturbation mis à ses effets. Il faut savoir qu'il se produit au moment de l'éjaculation une sécrétion d'endorphines (morphine endogène fabriquée par le cerveau) responsable de cette sensation de détente et de bien être. Elle a des effets sédatifs et anxiolytiques passagers d'où le besoin de répéter l'opération afin d'obtenir l'effet recherché. Souvent ce mécanisme compulsif est en rapport avec un état anxio- dépressif plus ou moins important et/ou masqué. Le remède consiste donc à traiter la cause. En général en quelques jours on note une amélioration. Ce qui ne veut pas dire que l'on supprime toute pulsion bien naturelle à votre âge. Mais la vie devient un peu plus facile. Si vous avez d'autres questions n'hésitez pas. François conclut: Tout d'abord un grand merci pour votre réponse claire et précise, malgré ce que j'ai pu lire, rien ne me permettait d'envisager les choses comme cela.
|