L'identité
sexuelle se définit dans deux aspects : le sexe biologique et le
genre.
Les données sexuelles biologiques
incluent le sexe génétique, gonadique et l’aspect
du corps. Le genre se réfère quant à lui, aux contextes
sociaux, culturels où les individus développent et construisent
leur identité sexuelle. On suppose alors que des rôles sexuels
dépendent du sexe biologique.
Chez la même personne le sexe et le genre correspondent généralement,
mais quand ce n’est pas le cas, nous évoquons des troubles
d'identité de genre comme le transsexualisme. De plus, il peut
exister des anomalies liées à un problème génétique
ou chromosomique comme l'hermaphrodisme, le pseudo hermaphrodisme et d'autre
syndrômes.
1. La sexuation biologique :
Le déterminisme sexuel est d’abord d’ordre biologique
et nous ferons la distinction de ce qui est de l’ordre du génétique
et de ce qui est de l’ordre du chromosomique.
Chez l’homme comme chez l’animal, le sexe de l’individu
est déterminé dès la fécondation par les chromosomes
sexuels : XX chez la fille, XY chez le garçon.
Le sexe génétique détermine la différenciation
sexuelle embryonnaire et le sexe gonadique qui correspond
aux organes sexuels internes, la production hormonale de ces organes détermine
le phénotype, c'est-à-dire l'apparence corporelle et les
caractères sexuels secondaires, C'est en fonction du phénotype
que le sexe de l'état civil est défini.
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2. Les anomalies chromosomiques
Chez les filles, il y a le syndrôme Turner et celui des XXX. Le
premier provoque de nombreux dysfonctionnements : les ovaires ne développent
pas et ne sont donc pas fonctionnels. Dans l’état actuel
des connaissances, le syndrôme XXX n’apparaît pas comme
responsable de maladies organiques ou psychologiques.

3. Les
Anomalies Génétiques
L’Hermaphrodisme vrai est très rare. Il se caractérise
chez un même individu par la présence en proportion variable
de tissu testiculaire et ovarien, il en résulte une ambiguïté
sexuelle observable dès la naissance. Toutes les variantes sont
possibles entre un phénotype masculin et un phénotype féminin.
Pour décrire l’ambiguïté sexuelle, on se réfère
généralement à la classification de Prader (1955)
qui s’attache surtout à observer le degré de masculinisation.
5 types sont ainsi définis:
Type 1 : phénotype féminin avec clitoris hypertrophié.
Type 2 : aspect féminin avec un vestibule où aboutissent
le vagin et l’urètre.
Type 3 : aspect intermédiaire.
Type 4 : aspect masculin, pénis hypospade avec orifice urétral
à la racine de la verge, scrotum normal, orifice vaginal débouchant
dans l’urètre à la hauteur de l’utricule prostatique.
Type 5 : phénotype masculin presque parfait mais persistance
de vestiges vaginaux.
S’il existe un utérus, il reste hypoplasique. Lors de la
puberté et en fonction de l’importance des différents
tissus gonadiques, des menstruations peuvent apparaître, tout comme
la spermatogenèse et le développement mammaire.
À la naissance, le sexe d’élevage sera choisi en fonction
de l’inclinaison du phénotype.
Après la fin de la croissance, l’ablation du tissu gonadique
du sexe opposé est indispensable, ainsi qu’une hormonothérapie
substitutive ou complémentaire appropriée.

Le pseudo-hermaphrodisme masculin : Il est provoqué :
- Soit par l’absence de
testostérone dans le testicule fœtal. Les organes génitaux
ne peuvent donc pas se développer. A la naissance, les organes
génitaux externes sont de type féminin ou présentent
une ambiguïté sexuelle. À la puberté, apparaissent
une gynécomastie et des signes de virilisation.
- Soit par une insensibilité
des tissus récepteurs à la testostérone. Il s’agit
également d’une maladie héréditaire. L’apparence
est féminine et le reste au moment de la puberté avec
développement de la poitrine et le plus souvent une très
belle morphologie féminine ; par contre le vagin reste court,
l’utérus est absent, et les gonades testiculaires sont
intra-abdominales ou inguinales.
Le pseudo-hermaphrodisme féminin :
- Il résulte aussi d’une
perturbation enzymatique au niveau des glandes surrénales du
fœtus. Si le sujet est porteur d’ovaires, les organes génitaux
externes sont plutôt de type masculin. La cause la plus fréquente
en est l’hyperplasie surrénalienne congénitale.
- On peut également mentionner
de faux cas de pseudohermaphrodisme féminin, appelé intersexualité :
il s’agit de femme présentant une hypertrophie clitoridienne
pouvant atteindre une taille de 4cms (au repos !). Ce serait relativement
fréquent chez des ethnies méditerranéennes (2/1000).
Ces femmes ont un aspect légèrement androïde, un
traitement hormonal approprié peut aider à améliorer
les choses. Les organes génitaux externes et internes sont normaux
et il n’y a pas de stérilité.
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4. Psychologie de l’identité sexuelle :
De multiples aspects contribuent à définir l’identité
sexuelle: les comportements, les attitudes, le sens et la culture. Ce
n’est qu’au fil du processus de développement psycho-sexuel
que l’identité va s’établit: apprentissage,
imitation, formatage et éducation. Peu à peu, l’enfant
apprend à penser et à se conduire en “garçon”
ou en “fille”.
Le sexe biologique ne suffit pas en effet à nous identifier en
tant que mâle ou femelle. Une constante interaction entre le biologique
et le culturel permet de se définir en tant qu’homme ou femme.
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dessin original à la
plume de Catherine Cisinski d'après une gravure indienne
représentant une divinité qui possède les caractéristiques
masculines et féminines.
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« l’être humain est une abstraction, seuls
existent des hommes et des femmes » écrivait Colette
Chiland
Devenir un individu sexué fait partie intégrante de la construction
identitaire et passe par l’attribution de rôles sociaux. Assumer
ces rôles permet en retour d’être reconnu (e) par le
groupe.
L’ethnologie a d’ailleurs parfaitement démontré
l’universalité de cette répartition des rôles
selon le sexe, même si l’on constate une variabilité
de ces rôles au niveau inter-culturel (Mead, 1935).
Aujourd’hui, dans les sociétés post modernes, on assiste
à une redéfinition des rôles du fait notamment de
l’accession des femmes à des postes longtemps demeurés
exclusivement réservés aux hommes. (Badinter). Cette culture
matérialiste donne à croire qu’il suffit de changer
les apparences pour résoudre les problèmes. Or ce n’est
pas si simple. La question du transsexualisme illustre douloureusement
cette illusion culturelle.
La construction de l’identité sexuelle intéresse plusieurs
champs de recherche en sciences humaines. Psychologie, sociologie et la
philosophie proposent différents modèles descriptifs et
explicatifs, notamment le modèle psychanalytique, cognitiviste
et celui de l’apprentissage social social.
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Le modèle psychanalytique :
Freud( 1856-1939) invente la psychanalyse (1905), et
s’intéresse à la différence psychique entre
les sexes, s’il n’a pas abordé la notion d’identité
sexuelle, ses travaux ont cependant en ouvert la voie. Selon Freud, les
différences psychiques entre les hommes et les femmes dépendent
de leurs différences anatomiques: « L’anatomie,
c’est le destin » écrit-il.
Freud élabore ensuite sa théorie de la
bisexualité psychique: « Ni du point de vue biologique,
ni du point de vue psychologique, les caractères d’un des
sexes chez un individu n’excluent ceux de l’autre. ».
Pour Freud, l’enfant développe un fantasme bisexuel et voudrait
posséder les pouvoirs et les qualités qu’il attribue
aux parents des deux sexes; la résolution œdipienne lui permettra
de sortir de cette bisexualité psychique pour aller vers la monosexualité,
au prix d’un renoncement. Selon Freud, l’inconscient serait
animé du désir d’annuler cette inévitable séparation
d’avec l’autre. Cette posture s’appuie sur l’idée
que la bisexualité habite l’être humain depuis toujours,
comme le rappelle Platon dans Le banquet où le philosophe se réfère
au célèbre mythe de l’androgyne1.
Si une part masculine et une part féminine sont présente
en chacun, cela n’empêche pas de se définir en tant
qu’homme ou femme en fonction d’une prédominance de
caractères masculins ou féminins. La théorie psychanalytique
se fonde principalement sur la différenciation sexuelle qui intervient
au cours du stade phallique, et s’actualise dans le complexe d’Œdipe.
Freud admet cependant qu’avant l’émergence de cette
problématique, l’enfant sait faire la distinction de genre
entre hommes et femmes, et se place lui-même du côté
des garçons ou des filles, mais cette distinction ne relèverait
pas du pulsionnel et ne prendrait pas en compte l’organe génital.
Organe génital qui, selon la théorie freudienne, ne peut
être que phallique : « en avoir ou pas »
pourrait résumer de façon lapidaire le processus de construction
de cette différenciation sexuelle.
Dans ce modèle, le masculin-phallique s’oppose au féminin-châtré,
la petite fille serait d’abord un petit garçon, ce qui n’est
pas sans rappeler le modèle biblique : la femme créée
à partir de l’homme… Freud reconnaissait que sa description
ne concernait que le garçon et la psychanalyse reste encore très
lacunaire sur ce qui constitue le féminin, même si d’autres
auteurs, comme Mélanie Klein ou Karen Horney affirment que le vagin
est connu dès la prime enfance et que l’enfant de sexe féminin
est fille dès le début.
Winnicott (1971) affirme quant à lui que l’enfant,
garçon ou fille, de par cette fusion originelle à la mère
et à son sein, est d’abord féminin: l’enfant
est féminin parce que la mère est femme. La transmission
de ce caractère « féminin pur » est
préalable à la constitution du Moi. Pour pouvoir accéder
au masculin, le garçon devra d’abord reconnaître la
mère comme autre. Le caractère « masculin
pur » apparaîtra secondairement lorsque l’enfant
sera prêt à affronter la séparation.
Stoller (1978) dégage le concept d’identité de genre,
opérant une distinction entre « sexe », qui
désigne ce qui est relatif à la sexualité, et « genre »,
qui renvoie au sexe social. L’un serait le sexe anatomique, l’autre
le sexe psychologique. Cette théorie implique que l’acquisition
de l’identité de genre est essentiellement l’œuvre
des autres. elle s’ébaucherait au cours de la première
année de vie et résulterait des conduites de l’entourage
de l’enfant, différentes selon qu’il est reconnu comme
garçon ou fille. Tout comme Winnicott, il insiste sur la fusion
première avec la mère et développe la notion de « protoféminité »,
faisant référence à une féminité primaire
commune aux deux sexes et découlant du lien fusionnel avec la mère.
L’individuation masculine se réaliserait à partir
d’une désidentification d’avec la mère. La masculinité
est alors vue comme une construction secondaire, facilitée par
la mise en veilleuse de la féminité de base et par l’émergence
de l’agressivité phallique. Stoller attribue aux garçons
une plus grande fragilité dans ce processus d’acquisition
identitaire, le rejet de l’identification féminine primaire
entraînant tout un travail de deuil. La fille, n’ayant pas
à changer de modèle d’identification pour développer
sa féminité, aurait une identité de genre plus solide.
Le rôle du père demeure essentiel. Il doit être pour
le garçon un modèle d’identification adéquat.
S’il est absent, indifférent ou inaccessible, ce processus
est alors perturbé. De même, le père intervient pour
orienter et guider l’individuation féminine. L’intervention
paternelle dans la symbiose mère-enfant est à la source
du noyau de l’identité de genre. Le petit garçon,
tenu par trop d’intimité et trop peu de frustrations dans
cette symbiose, peinera à développer sa masculinité,
et plus encore si le père n’est pas suffisamment présent
pour le protéger de l’influence maternelle. A contrario,
une symbiose mère-fille perturbée peut conduire à
une masculinisation de la petite fille, ce risque s’accroissant
d’autant plus que le père intervient et se montre intrusivement
présent. A partir de ces concepts, le sexologue québécois
Crépault (1997) développera une approche thérapeutique
spécifique des troubles sexuels.
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Le modèle cognitiviste :
Ce modèle comprend plusieurs stades dans la mise en des comportements
et l’acquisition de l’identité sexuelle, le passage
d’un stade à un autre s’accomplit au fur et à
mesure que l’enfant acquiert davantage des connaissances relatives
à l’identité sexuelle et aux rôles:
Le stade de « l’identité de genre »:
l’enfant identifie correctement sa propre identité sexuelle
ainsi que celle des autres, vers la fin de la deuxième année.
Le stade de la « stabilité de genre »
lorsque l’identité sexuelle est considérée
comme stable par l’enfant,
Le stade de la « constance de genre »
lorsque cette identité est considérée comme immuable.
Ce stade est atteint de manière définitive vers les 6/7
ans.
L’enfant s’implique donc dans la structuration de cette identité
grâce à ses activités cognitives qui lui permettent
de construire un « schéma de genre ». Le
schéma est un ensemble de référence qui régule
les conduites, classe et donne sens aux expériences. Il guide l’enfant
dans la compréhension du monde, dans la détection d’indices
et la mémorisation des informations. Il semblerait que dès
la fin de la deuxième année, l’enfant dispose d’un
tel système de référence interne relatif aux catégories
sociales et au sexe. Ce schéma oriente alors ses conduites de façon
différenciée. Le schéma de genre se subdivise alors
en deux applications:
- Appartenance ou non-appartenance
au groupe-sexe. Exemple : Les filles jouent à la poupée
et les garçons ne le font pas,
- Application à soi-même
d’un schéma de genre. Exemple : Les garçons
ne jouent pas à la poupée. Je suis un garçon, donc
je ne joue pas à la poupée.
Dans cette théorie, les cognitions sont au premier plan et l’élaboration
de l’identité sexuelle résulte d’une construction
interne, en étroite relation avec le développement intellectuel
et les activités de l’enfant. Il doit d’abord acquérir
la connaissance de son sexe, puis, par catégorisation spontanée
de l’environnement, il intègre les stéréotypes
liés aux rôles sexuels et enfin, il adhère au rôle
qui lui est attribué en fonction de son identité sexuelle.
Ce modèle n’accorde que peu de place à l’influence
de l’environnement social et on peut objecter que la construction
de cette identité sexuelle ne peut se réduire à une
élaboration purement cognitive, l’enfant n’évoluant
pas dans un environnement social neutre.
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Le modèle de l’apprentissage social :
Cette théorie reprend les principes comportementaux de l’apprentissage
et les applique à l’acquisition des rôles sexuels.
Ainsi, des renforcements positifs ou négatifs (gratification ou
punition) modèlent et déterminent les comportements. L’enfant
apprend également en imitant tous les modèles qui lui sont
proposés : parents, autres adultes, fratrie, pairs, média.
Ces multiples observations permettent à l’enfant de classer
certains comportements comme étant masculins ou féminins.
Progressivement, l’enfant prend conscience des attentes que son
entourage exerce à son égard et adopte les conduites qu’il
a préalablement codifiées comme celles appartenant à
son sexe.
Les premières recherches portant sur le rôle de l’environnement
social dans la construction de l’identité sexuelle ont été
réalisées sur des enfants de sexe ambigu. Le sexe d’assignation,
c'est-à-dire du sexe attribué à la naissance joue
un rôle crucial dans l’élaboration de la conscience
sexuée. Ainsi, lorsqu’une contradiction est révélée
entre sexe chromosomique et sexe d’assignation, les tentatives de
réassignation sont toutes vouées à l’échec
lorsqu’elles sont entreprises au-delà de deux ans. Depuis,
de nombreux travaux permettent de préciser par quels moyens l’entourage
social oriente le développement de l’identité sexuelle :
- Avant même la naissance,
les raisons qui motivent le souhait des parents pour un garçon
ou une fille montrent l’existence de représentations différenciées :
par exemple le choix d’une fille est-il motivé par le fait
qu’elle sera plus facile à élever.
- Après la naissance,
la perception de l’enfant présenté aux adultes dépend
du sexe annoncé par les expérimentateurs et non du comportement
de l’enfant. Les garçons sont perçus comme
robustes, forts et bien bâtis et les filles douces, fines et délicates
et cela même si le bébé présenté est
le même.
- Par la suite, on constate que
le sexe annoncé de l’enfant génère chez les
adultes des attitudes très différenciées : le sexe
indiqué détermine le choix des jeux proposés, et
ce d’autant plus que les différences entre les sexes sont
fortement vécues chez ces adultes.
- L’environnement physique
dans lequel les parents font évoluer leur jeune enfant, les vêtements,
les jouets dépendent également du sexe, et cela malgré
le discours actuel en faveur de l’égalité des sexes.
- Ces attitudes différenciées
marquent profondément les interactions parent-enfant. Les garçons
font l’objet de beaucoup plus de stimulations tactiles que les
filles à la naissance, ceci jusqu’aux 3 mois de l’enfant,
âge auquel la tendance s’inverse en faveur des filles. Les
garçons sont davantage portés dans la toute petite enfance,
en raison notamment du fait qu’ils pleurent davantage et dorment
moins que les filles de cet âge. Les différences comportementales
observées chez les parents sont donc indexées sur les
comportements du bébé.
- Les parents sollicitent davantage
les conduites prosociales chez les filles (vocalises, sourires,
entrées en interaction, échanges visuels et verbaux) et
l’activité physique ainsi que la résolution de problèmes
chez les garçons.
Le contenu du discours tenu à l’enfant est également
fonction de son sexe: avec le garçon, les parents évoquent
davantage l’environnement extérieur plutôt que l’interaction
en cours, ils lui donnent plus d’informations et d’explications
qu’à la fille quand ils lui racontent une histoire. D’un
point de vue cognitif, cela nécessite de la part de l’enfant
un niveau d’abstraction plus élevé, ce qui peut
expliquer à terme le développement de compétences
différentes chez le garçon et la fille.
Le rôle tenu par les parents dans l’apprentissage
des rôles sexués est donc clairement mis en évidence.
Il est à noter que les pères, plus que les mères,
semblent davantage différencier leurs sollicitations vis-à-vis
des garçons et des filles. Ils se montrent ainsi plus sévères
à l’égard des garçons et se montrent plus attachés
au respect des normes culturelles relatives aux rôles sexués.
Cela dit, l’existence de ces comportements différenciés
n’est pas linéaire tout au long du développement de
l’enfant. Il semble que ce soit au cours de la deuxième année
que les parents se montrent les plus différenciateurs et on peut
émettre l’hypothèse de l’existence d’une
période sensible dans la construction de l’identité
sexuelle. Lorsque l’enfant semble avoir appris son rôle, de
telles pressions deviennent moins nécessaires.
On peut cependant s’interroger sur l’origine de telles conduites
différenciatrices, certaines études ayant mis en évidence
le fait que c’est parfois le comportement spontané de l’enfant
qui génère les attitudes de l’adulte. Ainsi, certaines
manifestations comportementales paraissent-elles liées au sexe,
et cela dès les premières années : les garçons
sont reconnus comme étant plus agressifs et irritables, avec un
niveau d’activité physique plus élevé et les
filles comme ayant des capacités interactives ainsi que des aptitudes
verbales plus élevées et recherchant davantage la présence
et la proximité d’adultes. La constitution de cette identité
sexuelle se réaliserait donc dans une interaction constante entre
pressions éducatives et différences comportementales.
Pour devenir un individu sexué, il faudra intégrer l’action
conjuguée de facteurs biologiques, cognitifs et environnementaux
en un système complexe, en interaction constante entre ses différents
acteurs. Certes, féminité et masculinité sont le
produit d’élaborations différenciées, ne sauraient
être comprises les deux extrêmes d’une même échelle.
Enfin un individu n’est jamais totalement masculin ou féminin.
Cette vision dichotomique de l’identité sexuelle ne peut
en effet rendre compte des attitudes, sensations et préférences
sexuelles de chacun. Les troubles de l’identité sexuelle
sans substrat biologique comme le transsexualisme ou transgenre illustrent
parfaitement cette faille.
Patrice Cudicio
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