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Faut-il se méfier de la fellation, du cunnilingus, voire même du "french Kiss"? C'est en tout cas ce que suggère l’augmentation brutale des cancers bucco-pharyngés liés aux virus HPV comprise comme une conséquence de la libération sexuelle des années 70... C’est la question que pose le Dr Jacques Buvat suite à la publication d’un article du Dr Z Chisteck dans la revue Medscape Medical News du 3 avril 2010. En effet, on assiste à une forte augmentation de ces cancers dus au papilloma virus humain.. La progression est impressionnante. Dans les années 70, le virus était trouvé dans 23% des biopsies, 29% dans les années 80, 57% dans la décennie suivante pour atteindre 68% entre 2000 et 2002, 77% entre 2003 et2005, et jusqu’à 93% en 2006 et 2007. En majorité, les chercheurs établissent une relation de cause à effet entre cette pathologie et la libération sexuelle qui a commencé dans les années 60, ils mettent en cause le «french kissing». Le Dr Buvat en réfère à une analyse regroupant huit études multinationales conduites par l’International Head and Neck Cancer Epidemiology Consortium, publiée en 2010 dans l’International Journal of Epidemiology, et ayant comparé 5642 patients avec cancer de la tête ou du cou à 6069 sujets témoins, a trouvé que le risque de présenter un cancer bucco-pharyngé était corrélé significativement avec le fait d’avoir eu au moins six partenaires sexuels dans sa vie, au moins quatre partenaires sexuels avec lesquels les sujets ont eu des relations sexuelles orales, et, pour les hommes, avec des rapports sexuels à un âge plus précoce. Le Dr Gillison a déclaré « Il est clair que le comportement le plus fortement à risque pour le cancer bucco-pharyngé lié aux HPV est le nombre de partenaires sexuels « oraux » qu’a eu un homme dans sa vie ». La maladie avance sournoisement puisqu’il faut de 15 à 30 ans entre l’infection initiale par le virus HPV et l’apparition d’un cancer bucco-pharyngé. Actuellement, ce type de cancer est diagnostiqué chez des cinquantenaires ce qui tend à montrer qu’il est dû à l’augmentation de l’activité sexuelle et surtout du nombre de partenaires. Faut-il vacciner les garçons? La question se pose, en effet, on sait que la vaccination contre ce virus peut prévenir le développement de cancers du col de l’utérus. Les autorités médicales tendent à préconiser aussi cette vaccination pour les garçons, bien qu’aujourd’hui il n’y a pas de preuve de son efficacité contre les cancers bucco-pharyngés. Pourtant, le Dr Gillison, spécialiste en ce domaine, explique que le vaccin protège du virus HPV de type 16, celui-là même qui est responsable des cancers bucco -pharyngés. Hélas, se basant sur des statistiques obsolètes, les sponsors du British Medical Journal ont conclu que des études approfondies ne seraient pas rentables, la recherche est donc actuellement à l’arrêt. La prochaine publication de données épidémiologiques actualisées devrait toutefois relancer la reprise des recherches. Cette nouvelle n’est pas très rassurante car, pour être certain de ne pas être contaminé, il va sans doute falloir réunir un dossier médical complet avant de tout rapport sexuel fut-il bucco-génital... De quoi renforcer les arguments des défenseurs de la chasteté, voire de l’abstinence. |
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actualisé le 21-jui-10