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Rien à voir avec la "nymphomanie", le syndrome d'excitation génitale persistante |
Un mal étrange et souvent mal compris: le syndrome d’excitation génitale persistante.
La société française de médecine sexuelle SFMS fait écho à l’article de Waldinger MD et al. JSM 2009;6:482-497 avec les commentaires du Dr Gilbert Bou Jaoudé, Lille France.
Ce trouble qui affecte certaines femmes a été pour la première décrit en 2001 par Leiblum et Nathan, avant que cinq critères de diagnostic soient précisés:
- sensations génitales et clitoridiennes persistantes pendant de longues périodes (plusieurs heures, jours, voire plusieurs mois)
- Sensations déconnectées du désir sexuel.
- Sensations vécues comme intrusives et non désirées.
- Un ou plusieurs orgasmes ne font pas disparaître ces sensations.
- Ces sensations causent une souffrance psychologique chez les patientes.
L'étude et ses résultats
Le Pr Waldinger a mené une étude de quatre ans (2004 à 2008) auprès de 18 femmes présentant ce syndrome, afin de mieux le connaître. Les résultats de cette étude ont montré que:
pour 58% des femmes l’EGP a débuté dans les quatre années suivant la ménopause.
78% des femmes étudiées ne présentait de troubles psychiatriques.
2 femmes seulement avaient eu recours à des anti dépresseurs avant l’apparition de l’EGP, et une seule avait remarqué le début des troubles à l’arrêt du traitement.
Il n’existait aucune anomalie particulière excepté la présence de varices pelviennes chez plus de la moitié des femmes.
En majorité les femmes interrogées avaient du mal à décrire leurs sensations gênantes, mais elles s’accordaient pour dire q’elles ressentaient une impression de pré-orgasme, ou d’orgasme imminent mais qui ne se produisait pas.
Chez 72% des femmes, les sensations étaient plus présentes en position assise.
Chez les femmes non ménopausées, il pouvait survenir une augmentation du trouble avant les règles.
Enfin, l’EGP était très souvent associé à deux autres syndromes: les jambes sans repos, et la vessie hyperactive.
À partir de ce constat, un traitement médicamenteux indiqué pour ces derniers troubles a été proposé. 16 des femmes ont accepté cette thérapeutique et ont vu pour 56 % d’entre elles les troubles nettement diminuer ( de 60 à 90 % de baisse d’intensité). Toutefois, l’efficacité n’a été que temporaire.
Vers une meilleure compréhension du trouble
Cette étude, bien que limitée, est la première à avoir réuni autant de femmes souffrant de ce trouble, et exploré différentes pistes pouvant apporter des connaissances utiles. Contrairement aux précédentes, cette étude n’a pas fait apparaître de façon significative l’association de l’EGP avec des troubles psychiatriques comme l’anxiété ou les TOC. Par contre, les chercheurs ont émis l’hypothèse que l’association de l’EGP avec le syndrome des jambes sans repos et de l’hyperactivité de la vessie pouvait représenter 3 aspects du même trouble et cela d’autant que les médicaments utilisés pour ceux-ci ont été efficaces sur l’EGP. Les chercheurs suggèrent de renommer le trouble en Restless Genital Syndrome (en relation avec Restless legs Syndrome).
Il reste encore bien des progrès à faire dans la connaissance de ce trouble bien gênant quel que soit le nom qu’on lui donne.
Pour en savoir plus consulter le site du Pr Waldinger
http://www.psas.nl/waldinger/default_en.htm
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